PARTIES | Ressources naturelles et impacts environnementaux
exemple les phosphates, voir focus ci-dessous. Des contaminants dits « nouveaux »
sont de plus en plus recherchés, par exemple les antibiotiques, les nanoparticules
ou les microplastiques.
Les pollutions agricoles entraînent la présence de pesticides chimiques et de nitrates
provenant de fertilisants chimiques. On parle de pollution diffuse. Ces composés
se dégradent difficilement dans le milieu naturel. Les nitrates sont une source
potentielle d’eutrophisation. On retrouve des pesticides dans plus de 90 % des rivières en France (92 % des 2950 points de contrôle en 2013, source : Ministère de
l’environnement). Or de nombreux pesticides sont classés comme potentiellement
cancérigènes, et certains pourraient être des perturbateurs endocriniens ou avoir
des conséquences négatives, entre autres, sur la fertilité.
Définition
Eutrophisation : déséquilibre écologique associé à un excès d’azote ou de phosphore, entraînant une prolifération de quelques espèces d’algues, dont la décomposition consomme
beaucoup d’oxygène, rendant un lac ou une rivière partiellement anoxique, au détriment des
autres formes de vie. Elle est provoquée par un excès en nitrates et/ou en phosphates.
■ Station d'épuration.
FOCUS
Enfin un certain nombre d’activités industrielles peuvent rejeter dans l’environnement
des molécules toxiques. Par exemple l’usine chimique de Saint-Auban (Arkema,
groupe Total), construite en 1917, a rejeté dans la Durance jusqu’en 2009 au moins
des solvants chlorés (dont des PCB) et du mercure. On parle alors de pollution ponctuelle, par opposition aux pollutions diffuses. L’industrie c’est aussi le nucléaire, civil
comme militaire, qui peut rejeter des éléments radioactifs dans l’environnement, et
notamment le milieu aquatique, lors de son fonctionnement habituel et lors d’accidents.
Les eaux usées sont traitées en stations d’épuration avant d’être rejetées en milieu naturel afin de réduire la contamination de celui-ci. Une station d’épuration
recueille les eaux usées domestiques et les eaux de ruissellement urbaines. Ces eaux
passent par différents bassins : un prétraitement de dégrillage et déshuilage, puis
des bassins alternant décantation physique et oxygénation pour favoriser l’activité
de bactéries qui dégradent notamment les produits carbonatés et azotés. Les boues
sont évacuées et traitées de façon spécifique, avant d’être brûlées ou recyclées.
Les eaux clarifiées sont rejetées dans le milieu naturel. De nombreux composés
chimiques complexes ne peuvent être éliminés par ces techniques classiques. De
plus lors d'évènements pluvieux intenses, la capacité d’une station peut être dépassée, et les eaux sont alors relâchées sans avoir transité suffisamment longtemps
dans les différents bassins. Les stations de petite taille optent parfois pour des
techniques de lagunage naturel, utilisant notamment des roseaux.
Le lac Léman, une lutte contre l’eutrophisation réussie
Des années 1950 à 1970, les concentrations de phosphore ont été multipliées par neuf dans
les eaux du lac Léman, notamment à cause de la formulation de nombreuses lessives. Ces
concentrations ont atteint presque 90 pg/L, conduisant à une eutrophisation rapide du
lac, avec toutes ses conséquences négatives : asphyxie du fond, difficultés pour la pêche
et la production d’eau potable, baignade peu attrayante, etc.
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