CHAPITRE 14 • La planète Terre et le vivant
phiques dérivant de roches sédimentaires peuvent également conserver des fossiles,
mais qui seront souvent très déformés (plus encore que dans les roches sédimentaires).
Enfin très exceptionnellement une roche volcanique peut contenir un fossile.
Outre les fossiles, la paléontologie s’intéresse également aux traces fossiles d’activité
biologique nommées ichnofossiles : des déplacements des Trilobites (Paléozoïque)
aux pas d Australopithèques (par exemple —3,6 Ma à Laetoli en Tanzanie), des
traces d habitation, de nutrition et de reproduction (lieux de nidification et œufs
de Dinosaures par exemple).
2.2 Processus et conditions propices
à la fossilisation
■ Dent de requin, un
type de fossile relativement fréquent.
Le taux d’organismes fossilisés est inférieur à 1 pour 1 000 : le phénomène de
fossilisation est rare. Par ailleurs, tous les fossiles existants ne sont pas accessibles
aux paléontologues.
La biocénose (ensemble des êtres vivants d’un milieu donné) n'est jamais retrouvée
dans la taphocénose (ensemble des êtres vivants fossilisés dans un même milieu).
Ainsi le registre fossile ne comprend qu’une fraction du peuplement d'une époque,
en nombre comme en diversité, et donc une absence de fossile ne signifie pas une
absence d’espèce à une époque donnée.
La première étape de la fossilisation d’un organisme, ou de traces d'activité, est le
recouvrement rapide par un sédiment, les préservant ainsi des agents de destruction
(figure 14.4). Puis, les processus les plus courants qui permettront la préservation
de l’organisme sont la modification de parties minérales, ou le moulage interne
ou externe d’une empreinte.
Les fossiles les plus fréquents correspondent aux parties dures et minéralisées des
organismes, telles que les coquilles, par exemple d'Ammonites (abondantes au Secondaire), carapaces ou tests (calcite), ou pour les Vertébrés les ossements (phosphate de calcium) et les dents (dents de requins dans les couches du Tertiaire). En
effet les parties déjà constituées de minéraux stables et plus résistants aux différents
phénomènes de dégradation se fossilisent plus facilement que les parties « molles »
des organismes. Les dents sont relativement fréquentes à I état fossile car I émail
est plus résistant que l’os, et donc de nombreux Mammifères fossiles sont connus
essentiellement à travers leurs dents. Différents mécanismes de fossilisation peuvent
intervenir : dissolution simple et totale de l’organisme au sein des sédiments, donnant
des moules externes (plus rarement internes) des organismes ou des traces, ou dissolution-substitution lorsque des minéraux (silice, calcite, oxydes métalliques, etc.)
apportés par des eaux d'infiltration cristallisent dans le vide laissé par 1 organisme.
Définitions
Moulage interne : le sédiment remplit l’intérieur d’une coquille par exemple ; si la coquille
est dissoute lors de la diagenèse de la roche, le moulage de la cavité est induré. Le relief est
l’empreinte de l’intérieur de la coquille.
Moulage externe : la coquille enfouie dans le sédiment y imprime son volume et son ornement,
y laissant une empreinte. La coquille elle-même peut soit recristalliser, soit être dissoute lors
de la diagenèse, le vide obtenu pouvant être comblé par des sédiments ou un autre minéral
(on obtient alors une réplique), ou (très rarement) être peu modifiée.
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