CHAPITRE 13 • Les variations du climat
■ Le Earth Simulator
(Japon), le supercalculateur le plus puissant
du début des années
2000.
dépassé aujourd hui par les supercalculateurs américains et chinois. Malgré les
prouesses réalisées en matière informatique depuis quelques décennies, il n'est pas
encore possible de simuler les processus à une résolution inférieure à 1 (X) km en utilisant
des modèles climatiques couplés. Cela implique que les processus tels que les orages,
pluies, tempêtes, tourbillons sont paramétrés dans les modèles. Le développement de
supercalculateurs demeure un enjeu majeur. Si les modèles permettent de donner des
prévisions fiables sur le siècle à venir (climat) ou sur quelques jours (météo) avec un
certain degré de certitude, les prévisions à l’échelle de plusieurs décennies du système
climatique demeurent également un enjeu majeur de la recherche en climatologie.
Pour conduire les simulations à partir des modèles climatiques, les scientifiques
ont élaboré des scénarios, qui constituent une représentation d’un futur possible
que l’on établit dans un but prospectif. Les quatre scénarios retenus par le GIEC et
utilisés pour le 5e rapport, nommés RCP (Représentative Concentration Pathways)
correspondent à de potentielles trajectoires d’évolution des concentrations de gaz à
effet de serre. Ils aboutissent à des modifications du bilan radiatif (voir chapitre 1 ),
équivalentes à des augmentations de 2,6 W • m-2 (RCP2,6), de 4,5 W • m 2 (RCP4,5),
de 6 W • m"2 (RCP6) et de 8,5 W • m’2 (RCP8,5) en 2 KM).
Selon les simulations du GIEC (figure 13.14), l’augmentation de température à
la surface du globe serait probablement supérieure à 1,5 °C par rapport à 18501900 pour tous les RCP (sauf le RCP2,6, considéré comme le moins probable).
La température augmenterait probablement de plus de 2 °C selon le RCP8,5. Le
réchauffement se poursuivrait après 2100, sauf pour le RCP2,6. Entre le début et
la fin du xxie siècle, le réchauffement n’affecterait pas toutes les zones du globe
de la même manière (figure 13.14) et serait plus marqué aux hautes latitudes, où
l’albédo (voir chapitre 1) est plus important du fait de la couverture de glace qui
accélère l’effet de serre.
De plus, le niveau marin devrait augmenter de 1 mètre en moyenne à l’échelle du
globe en un siècle (figure 13.15). Ce rythme est bien supérieur à celui identifié sur
les dernières décennies en raison du réchauffement accru de l’océan et de la fonte
des glaciers et calottes polaires. Depuis le dernier rapport de 2014, de nouveaux
articles scientifiques montrent que cette prévision serait sous-estimée par la fonte
non linéaire des calottes. Les calottes de glace telle l’Antarctique ou le Groenland
ne fondent pas de manière continue comme de la glace dans un cornet. Les calottes
fondent irrégulièrement par sauts.
L’élévation accrue du niveau marin affecterait les zones côtières, densément peuplées, ce qui devrait poser des problèmes grandissants de migration climatique telle
qu’aujourd’hui observés au Bangladesh. Les enjeux géopolitiques humanitaires des
migrations climatiques amènent d ailleurs la communauté internationale à s interroger sur l’établissement d un statut juridique des réfugiés climatiques.
Enfin, les prévisions relatives à la circulation océanique méridienne de l’Atlantique
tendraient à montrer un affaiblissement de celle-ci à I horizon 2100. Le ralentissement serait mineur, -11 % selon le scénario RCP2.6 et important, -34 % selon le
RCP8,5 (rapport spécial Global Warming ofl,5 °C GIEC, 2018).
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■ Le Earth Simulator
(Japon), le supercalculateur le plus puissant
du début des années
2000.
dépassé aujourd hui par les supercalculateurs américains et chinois. Malgré les
prouesses réalisées en matière informatique depuis quelques décennies, il n'est pas
encore possible de simuler les processus à une résolution inférieure à 1 (X) km en utilisant
des modèles climatiques couplés. Cela implique que les processus tels que les orages,
pluies, tempêtes, tourbillons sont paramétrés dans les modèles. Le développement de
supercalculateurs demeure un enjeu majeur. Si les modèles permettent de donner des
prévisions fiables sur le siècle à venir (climat) ou sur quelques jours (météo) avec un
certain degré de certitude, les prévisions à l’échelle de plusieurs décennies du système
climatique demeurent également un enjeu majeur de la recherche en climatologie.
Pour conduire les simulations à partir des modèles climatiques, les scientifiques
ont élaboré des scénarios, qui constituent une représentation d’un futur possible
que l’on établit dans un but prospectif. Les quatre scénarios retenus par le GIEC et
utilisés pour le 5e rapport, nommés RCP (Représentative Concentration Pathways)
correspondent à de potentielles trajectoires d’évolution des concentrations de gaz à
effet de serre. Ils aboutissent à des modifications du bilan radiatif (voir chapitre 1 ),
équivalentes à des augmentations de 2,6 W • m-2 (RCP2,6), de 4,5 W • m 2 (RCP4,5),
de 6 W • m"2 (RCP6) et de 8,5 W • m’2 (RCP8,5) en 2 KM).
Selon les simulations du GIEC (figure 13.14), l’augmentation de température à
la surface du globe serait probablement supérieure à 1,5 °C par rapport à 18501900 pour tous les RCP (sauf le RCP2,6, considéré comme le moins probable).
La température augmenterait probablement de plus de 2 °C selon le RCP8,5. Le
réchauffement se poursuivrait après 2100, sauf pour le RCP2,6. Entre le début et
la fin du xxie siècle, le réchauffement n’affecterait pas toutes les zones du globe
de la même manière (figure 13.14) et serait plus marqué aux hautes latitudes, où
l’albédo (voir chapitre 1) est plus important du fait de la couverture de glace qui
accélère l’effet de serre.
De plus, le niveau marin devrait augmenter de 1 mètre en moyenne à l’échelle du
globe en un siècle (figure 13.15). Ce rythme est bien supérieur à celui identifié sur
les dernières décennies en raison du réchauffement accru de l’océan et de la fonte
des glaciers et calottes polaires. Depuis le dernier rapport de 2014, de nouveaux
articles scientifiques montrent que cette prévision serait sous-estimée par la fonte
non linéaire des calottes. Les calottes de glace telle l’Antarctique ou le Groenland
ne fondent pas de manière continue comme de la glace dans un cornet. Les calottes
fondent irrégulièrement par sauts.
L’élévation accrue du niveau marin affecterait les zones côtières, densément peuplées, ce qui devrait poser des problèmes grandissants de migration climatique telle
qu’aujourd’hui observés au Bangladesh. Les enjeux géopolitiques humanitaires des
migrations climatiques amènent d ailleurs la communauté internationale à s interroger sur l’établissement d un statut juridique des réfugiés climatiques.
Enfin, les prévisions relatives à la circulation océanique méridienne de l’Atlantique
tendraient à montrer un affaiblissement de celle-ci à I horizon 2100. Le ralentissement serait mineur, -11 % selon le scénario RCP2.6 et important, -34 % selon le
RCP8,5 (rapport spécial Global Warming ofl,5 °C GIEC, 2018).
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