PARTIES | Les grands ensembles géologiques
2.3.3 Le radar
Une autre technique prometteuse est l’InSAR (Jnterferometric Synthetic-Aperture
Radar). Elle permet, à l’aide de deux images radar prises à des temps différents,
d’évaluer la déformation qui a eu lieu. L’InSAR a été utilisée dès 1992 pour mesurer la déformation après un tremblement de terre, et se montre efficace lors de
grandes déformations dans les régions tectoniquement et volcaniquement actives.
Mais l’amélioration des satellites et des techniques d’analyses et de corrections
d’images va certainement permettre de mesurer des déplacements à l’échelle des
plaques dans les années à venir.
Il reste encore beaucoup à découvrir pour pouvoir faire le lien entre les mesures
instantanées et les mesures géologiques des vitesses de plaques. Le temps de
mesure est très court en regard des centaines de milliers d’années nécessaires à
la formation des structures géologiques. Les mesures GPS restent pour l’instant
cantonnées aux vitesses instantanées.
FOCUS
Le pont Rion-Antiron, un grand ouvrage entre deux plaques tectoniques
Depuis 2004, un pont de plus de deux kilomètres de long relie la Grèce au Péloponnèse,
et par la même occasion la plaque eurasienne à la plaque égéenne, qui s’éloignent de
8 millimètres par an. La construction de l’ouvrage fut un véritable défi technique, devant
prendre en compte les aspects tectoniques de la région : il doit pouvoir s’allonger au
rythme de l’activité terrestre, et doit pouvoir résister en cas de séisme de magnitude?,
car la sismicité de la limite de plaque est importante. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, les fondations du pont sont très superficielles bien que le sol soit meuble.
Cela permet d’amortir les effets sismiques. Le tablier (structure porteuse du trafic) peut
accommoder un déplacement différentiel de 2 m dans n’importe quelle direction. Il
s’allonge progressivement avec les mouvements tectoniques.
3 Plaque et lithosphère
Le chapitre dans lequel cette section s’intégre se concentre sur la théorie de la tectonique des plaques, et donc sur le concept même de plaque, qui serait une pièce
rigide d’un puzzle formant la surface de la Terre. Une plaque est un morceau de
ce qu’on appelle la lithosphère, un concept qui date du xixe siècle (chapitre 4).
Depuis, les scientifiques ont essayé de passer du concept à l’observation, donnant
de multiples nuances au terme « lithosphère ».
3,11 L’origine du concept
Au cours du xixe siècle, de nombreux scientifiques s’attellent à comprendre comment se forment les bassins sédimentaires où s’accumulent parfois des kilomètres
d épaisseur de dépôts. Pour aborder cette question, certains scientifiques se focalisent
sur les effets de la gravité, et déclinent les principes de l’isostasie (voir chapitre4).
L idée consiste à dire que lorsque des kilomètres de sédiments s’accumulent, ils
pèsent et seraient capables de déformer, en les faisant céder, les roches sous-jacentes.
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