En haut: toile circulaire à spirale interrompue de ”Zygiella”; au centre: toile à trois secteurs d”’Hyptiotes
paradoxus”; en bas: toile-hamac de ”Linyphia”.
son venin; pour y parvenir, il projette sa ”queue”
en avant, par saccades. Pour les Insectes et les
autres Invertébrés, la piqûre est presque toujours mortelle.
Le Scorpion se comporte de la même façon
quand il est attaqué, et il lui arrive, bien entendu,
de piquer l’Homme. Sur celui-ci, les effets du venin
sont variables; ils dépendent de l’espèce à laquelle
appartient le Scorpion et de la sensibilité du
sujet atteint.
Les espèces qui fréquentent nos régions peuvent être considérées comme inofïensives; mais
certaines formes des régions tropicales de l’Afrique
et de l’Amérique provoquent des accidents qui
peuvent être graves, et parfois mortels.
Les Scorpions sont ovovivipares; les œufs restent dans le corps de la mère jusqu’à ce que les
petits soient complètement développés. Dès leur
naissance, les jeunes grimpent sur le dos de leur
mère qui les porte pendant plusieurs jours; mais
au bout de deux semaines à peu près, celle-ci
perd tout instinct maternel et dévore les petits
qui ne fuient pas assez vite.
Bien que l’ordre présente une grande unité
morphologique, il peut être divisé en différentes
familles auxquelles appartiennent plusieurs genres
et plusieurs espèces.
Citons, par exemple: le Scorpion italien (Euscorpius italicus) qui peut atteindre 50 mm. de long,
le Scorpion des Carpathes (Euscorpius carpathicus)
qui mesure de 35 à 45 mm., le Grand Scorpion
jaune, ou Scorpion languedocien (Buthus occitanus) qui atteint 8 cm., et le Scorpion méridional
(Buthus australis) encore plus grand que le précédent, qui est répandu en Afrique du nord. Quant
à Pandinus imperator, d’Afrique équatoriale, qui
avec ses 18 cm. paraît gigantesque, il est à peu
près inoffensif.
On connaît actuellement plusieurs milliers
d’espèces d’Araignées répandues dans le monde
entier. Etant donné leur grande faculté d’adaptation, ces Arachnides habitent les milieux les
plus différents, des régions torrides aux régions
glaciales, du niveau de la mer à la limite des
neiges éternelles. Certaines vivent dans l’ombre
des bois, d’autres préfèrent les terrains arides et
ensoleillés; certaines se réfugient dans l’obscurité
des cavernes, et d’autres passent toute leur vie
dans l’élément liquide.
Bien qu’elles soient extrêmement variées, aussi
bien par la taille que par la coloration, les Araignées se distinguent très facilement de tous les
autres petits animaux qui peuplent les campagnes:
elles ont le corps nettement divisé en deux parties
et sont munies de quatre paires de pattes. Ces
dernières s’insèrent sur la région antérieure du
corps, formée par la fusion de la tête et du thorax,
et appelée, pour cette raison, "céphalothorax”. La
région postérieure du corps, ou "abdomen”, est
plus ou moins arrondie; elle est reliée au céphalothorax par un pédoncule.
Le tégument chitineux qui recouvre le corps,
est rigide, lisse et brillant, ou revêtu de pcils,
ou encore, épineux. Dans la plupart des cas, la
coloration est unie et foncée, parfois éclairée de
taches et de dessins caractéristiques; mais il existe
de nombreuses espèces ornées de teintes vives et
voyantes.
Les yeux simples, comparables à de petites
perles de verre noir ou opalin, sont parfaitement
visibles dans la région supérieure du céphalothorax: leur nombre, leur forme, leur taille et
leur disposition varient d’une espèce à l’autre, et
constituent de précieux éléments de classification;
précisons cependant que la plupart des espèces
en possèdent huit.
L’appareil buccal est essentiellement formé de
deux lobes dont le bord inférieur porte de nombreuses soies rigides, servant à retenir la nourriture, et de fines dentelures servant à la déchiqueter. En avant de cet appareil, deux appendices
particuliers s’insèrent sur le céphalothorax: ce sont
les chélicères, qui constituent l’appareil venimeux
des Araignées. Elles comprennent: un article basal,
gros et robuste, dont la face interne est creusée
d’un canal longitudinal, et une griffe mobile, canaliculée comme les crochets des Serpents venimeux; elles servent à injecter à la proie le liquide
toxique produit par les glandes à venin, situées à
la base des chélicères elles-mêmes, ou dans le
céphalothorax.
La composition chimique du venin est complexe, et varie, bien entendu, d’une espèce à l’autre.
La morsure des Araignées est plus ou moins dangereuse; ainsi, celle des Épeires, et surtout des
Ségestries peut provoquer chez l’Homme et chez
les animaux des infections locales, et parfois, des
L’ordre
des Aranéides
Les Araignées
375
Précédent

- 374/557

Suivant