Ci-dessus: ”Meloe proscarabaeus” pondant ses œufs. Ci-dessous: ”Meloe brevicollis”.
Comme tous leurs congénères, ces deux Méloïdés ont une biologie beaucoup plus complexe que celle des autres Coléoptères.
cette larve prend un autre aspect et se trouve
munie de courtes et robustes pattes. Ensuite
vient un état de pseudo-chrysalide ou "hypothèque” au cours duquel la larve est immobile
et ne présente pas d’appendices visibles. Pendant
le dernier stade larvaire, l’animal prend une forme prénymphale d’où sort la véritable nymphe,
puis devient adulte. Les Méloïdés changent donc
d’aspect au cours de leurs différents états larvaires, et présentent en outre un état de pseudochrysalide immobile qui n’existe pas chez les
autres Coléoptères.
Quant aux adultes, ils présentent une grande
variété de formes: les Meloe ont des élytres courts
et superposés dans la région médiane, laissant à
découvert une partie de l’abdomen qui, chez les
femelles, est très volumineux; les Mylabriinés
ont un corps étroit et allongé, avec des élytres
normalement développés; chez les Sitaris, les
élytres se terminent en pointe, et chez les Cerocoma les antennes sont courtes et monstrueuses.
Les Méloïdés peuvent êtres divisés en trois
groupes. Dans le premier, la femelle prend bien
soin de déposer ses oeufs dans l’entrée du terrier
de quelque Apidé solitaire. Au nombre de plusieurs milliers, réunis en un ou plusieurs tas,
ils sont généralement pondus en automne. Les
triongulins qui en sortent restent tout l’hiver
amassés le long de la galerie souterraine où ils
sont nés. Ils reprennent vigueur au printemps,
à l’éclosion des Apidés adultes; et, au fur et à
mesure que ces Hyménoptères se présentent pour
sortir, ils s’accrochent à leur corps velu, fixant
la touffe de poils dont leur propre tête est munie
dans l’une des articulations de leur "monture ’.
Presque tous les triongulins se font transporter
par les Apidés mâles, puisque ce sont les mâles
qui sortent les premiers, mais au cours des accouplements, ils passent sur les femelles. Ils ne
quitteront celles-ci que lorsqu’elles auront construit les petites cellules remplies de miel destinées à la progéniture. Chaque triongulin se
laisse alors tomber dans l’une des cellules, et
s’y fait enfermer en même temps que l’oeuf qu’il
s’empresse de dévorer à moins qu’il ne tombe
directement dans le miel, auquel cas il s’y noie.
Ensuite apparaît la première mue donnant naissance à une larve secondaire, capable, elle, de
flotter sur le miel dont elle se nourrit.
Dans les deux autres groupes de Méloïdés,
les larves sont moins favorisées, car la mère ne
prend pas la peine de choisir un lieu favorable,
et pond ses oeufs dans l’herbe où elle se trouve.
Les triongulins du second groupe ressemblent
à ceux du premier, mais ils 'doivent chercher
seuls l’Hyménoptère qui les hébergera. Aussitôt
nés, par conséquent, ils se dispersent et grimpent
sur les plantes pour rejoindre les fleurs où ils
attendront l’arrivée d’un Insecte quelconque. Leur
"choix” est bien entendu l’effet du hasard; beaucoup se fixeront sur des Diptères, ou sur des
Coléoptères, et seront condamnés à succomber.
Seuls pourront se développer ceux qui auront
rencontré un Hyménoptère mellifère. Mais l’énorme quantité d’oeufs que pond une femelle compense en quelque sorte ce handicap.
Enfin, les triongulins du troisième groupe ont
une vie encore plus difficile: leur tête n’est pas
munie d’une touffe de poils et, ne pouvant se
faire transporter, ils doivent chercher sur le sol
la nourriture qui leur convient. S’ils la trouvent,
il leur faut encore ouvrir un passage dans les
robustes cellules des Hyménoptères, ce qu’ils
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Comme tous leurs congénères, ces deux Méloïdés ont une biologie beaucoup plus complexe que celle des autres Coléoptères.
cette larve prend un autre aspect et se trouve
munie de courtes et robustes pattes. Ensuite
vient un état de pseudo-chrysalide ou "hypothèque” au cours duquel la larve est immobile
et ne présente pas d’appendices visibles. Pendant
le dernier stade larvaire, l’animal prend une forme prénymphale d’où sort la véritable nymphe,
puis devient adulte. Les Méloïdés changent donc
d’aspect au cours de leurs différents états larvaires, et présentent en outre un état de pseudochrysalide immobile qui n’existe pas chez les
autres Coléoptères.
Quant aux adultes, ils présentent une grande
variété de formes: les Meloe ont des élytres courts
et superposés dans la région médiane, laissant à
découvert une partie de l’abdomen qui, chez les
femelles, est très volumineux; les Mylabriinés
ont un corps étroit et allongé, avec des élytres
normalement développés; chez les Sitaris, les
élytres se terminent en pointe, et chez les Cerocoma les antennes sont courtes et monstrueuses.
Les Méloïdés peuvent êtres divisés en trois
groupes. Dans le premier, la femelle prend bien
soin de déposer ses oeufs dans l’entrée du terrier
de quelque Apidé solitaire. Au nombre de plusieurs milliers, réunis en un ou plusieurs tas,
ils sont généralement pondus en automne. Les
triongulins qui en sortent restent tout l’hiver
amassés le long de la galerie souterraine où ils
sont nés. Ils reprennent vigueur au printemps,
à l’éclosion des Apidés adultes; et, au fur et à
mesure que ces Hyménoptères se présentent pour
sortir, ils s’accrochent à leur corps velu, fixant
la touffe de poils dont leur propre tête est munie
dans l’une des articulations de leur "monture ’.
Presque tous les triongulins se font transporter
par les Apidés mâles, puisque ce sont les mâles
qui sortent les premiers, mais au cours des accouplements, ils passent sur les femelles. Ils ne
quitteront celles-ci que lorsqu’elles auront construit les petites cellules remplies de miel destinées à la progéniture. Chaque triongulin se
laisse alors tomber dans l’une des cellules, et
s’y fait enfermer en même temps que l’oeuf qu’il
s’empresse de dévorer à moins qu’il ne tombe
directement dans le miel, auquel cas il s’y noie.
Ensuite apparaît la première mue donnant naissance à une larve secondaire, capable, elle, de
flotter sur le miel dont elle se nourrit.
Dans les deux autres groupes de Méloïdés,
les larves sont moins favorisées, car la mère ne
prend pas la peine de choisir un lieu favorable,
et pond ses oeufs dans l’herbe où elle se trouve.
Les triongulins du second groupe ressemblent
à ceux du premier, mais ils 'doivent chercher
seuls l’Hyménoptère qui les hébergera. Aussitôt
nés, par conséquent, ils se dispersent et grimpent
sur les plantes pour rejoindre les fleurs où ils
attendront l’arrivée d’un Insecte quelconque. Leur
"choix” est bien entendu l’effet du hasard; beaucoup se fixeront sur des Diptères, ou sur des
Coléoptères, et seront condamnés à succomber.
Seuls pourront se développer ceux qui auront
rencontré un Hyménoptère mellifère. Mais l’énorme quantité d’oeufs que pond une femelle compense en quelque sorte ce handicap.
Enfin, les triongulins du troisième groupe ont
une vie encore plus difficile: leur tête n’est pas
munie d’une touffe de poils et, ne pouvant se
faire transporter, ils doivent chercher sur le sol
la nourriture qui leur convient. S’ils la trouvent,
il leur faut encore ouvrir un passage dans les
robustes cellules des Hyménoptères, ce qu’ils
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