Tête de Scolie à front jaune (”Scolia flavifrons”) ; on peut considérer cet Insecte
comme le géant des Hyménoptères d’Europe, compte tenu de sa taille qui atteint,
chez les femelles, environ 4 cm. de long. Ci-dessous: Détail d’un aiguillon de Frelon. La piqûre de ce gros Hyménoptère est extrêmement douloureuse.
rance, car elles émettent, à travers leur tégument,
une sécrétion douceâtre. La nuit, elles sont même
conduites à l’endroit où elles peuvent se nourrir,
sous l’oeil vigilant des ouvrières.
Il semble d’ailleurs que le séjour dans la fourmilière soit nécessaire au développement de ces
Lépidoptères.
Certains Coléoptères des genres Atemeles et
Lomechusa sont aussi la cause, directe ou indirecte, de bien des ravages. Leurs larves sont
revêtues d’une épaisse toison imbibée d’éthers
aromatiques douceâtres provenant de glandes particulières. Sur les Fourmis, qui n’arrêtent pas
de s’en gorger, ces éthers ont un effet comparable
à une intoxication causée par les barbituriques;
les individus intoxiqués deviennent maladroits,
paresseux, et abandonnent bientôt leurs travaux.
De plus, si les Coléoptères adultes se contentent
de la nourriture des Fourmis, leurs larves sont
carnivores et se nourrissent aux dépens de la
nichée. Si bien que les fourmilières infestées de
Lomechusa et d’Atemeles sont promptement condamnées à dépérir.
Dans les pays tropicaux, les Fourmis comptent
de nombreux ennemis, à commencer par certains
Mammifères, comme les Fourmiliers, les Oryctéropes et les Pangolins, qui se nourrissent exclusivement de ces Hyménoptères.
En Europe au contraire, elles n’ont pas d’ennemis plus redoutables que les Fourmis des autres
espèces. Les animaux insectivores eux-mêmes,
comme les Courtilières, les Taupes, les petits
Amphibiens, les Reptiles et les Oiseaux n’en
détruisent pas de grandes quantités; les plus voraces mangeurs de Fourmis, c’est-à-dire les larves
de Névroptères du genre Myrmeleon et des genres
voisins, plus connus sous le nom de ”Fourmilions”, ne représentent pas davantage un sérieux
danger.
Il faut néanmoins signaler que des ectoparasites, comme certains Diptères (Phoridés), certains Acariens, s’attaquent aux larves et provoquent chez celles-ci des malformations; en outre,
certains endoparasites, essentiellement des Vers,
s’installent dans les viscères des adultes et provoquent l’enflure de l’abdomen.
Pour terminer, on pourrait essayer de classer
les Fourmis dans l’une des trois catégories suivantes: animaux inoffensifs, utiles, nuisibles; mais
c’est bien difficile. Cependant, étant donné leur
vaste distribution géographique et leur nombre,
il est absolument certain qu’elles jouent un grand
rôle dans l’équilibre biologique.
Beaucoup les accusent de détruire les bourgeons, les fleurs ou les fruits, mais, en réalité,
elles se contentent de lécher les blessures infligées
aux plantes par les autres Insectes ou par la
grêle. De plus, elles contribuent, aux côtés des
Abeilles, à la pollinisation indispensable à la reproduction des plantes, en visitant les fleurs pour y
puiser du nectar.
Les conséquences de leur travail dans le bois
sont très discutées; mais la majorité des entomologistes pense que les dommages sont largement compensés par les services rendus aux arbres.
Il ne faut pas oublier en effet que les Fourmis
détruisent un grand nombre d’insectes nuisibles.
Les Fourmis qui s’établissent dans les champs
et dans les prés, en détruisent aussi beaucoup, ce
qui atténue les dégâts qu’elles commettent en
creusant leurs nids.
Par contre, certaines espèces sont nettement
nuisibles. Ainsi, les Fourmis moissonneuses volent
198
Précédent

- 197/557

Suivant