Ces branchies communiquent avec l’extérieur
par une ouverture branchiale placée en avant de
la nageoire pectorale. En outre, elles sont en partie externes pendant la vie larvaire, et le demeurent chez les Protoptères adultes. Mais les Dipneustes possèdent encore une extroflexion en forme de sac, comparable à une vessie gazeuse, occupant une position dorsale par rapport à l’intestin
et ventrale par rapport à la corde, et dont la structure alvéolée rappelle celle d’un poumon; bilobée
ou non, elle communique par une glotte avec l’oesophage. Cette vessie fonctionne comme un poumon; elle reçoit les artères pulmonaires issues de
la dernière paire d’arcs aortiques, et renvoie le
sang chargé d’oxygène dans les veines pulmonaires. Comme les Amphibiens, les Dipneustes ont
une double circulation: l’oreillette est partiellement divisée en deux parties, et il en est de
même pour le ventricule, tout au moins jusqu’à
un certain point. Le tronc artériel, qui présente
lui aussi une division partielle, est parfois muni
de valvules. Le sang artériel est chassé par le
coeur dans les arcs aortiques, puis dans l’aorte
dorsale qui le distribue à toutes les parties du
corps; le sang veineux est ramené dans la moitié
droite du coeur qui le renvoie dans les branchies
où il renouvelle son oxygène, ou bien dans le poumon où il se purifie. Quant à l’encéphale, muni de
deux lobes olfactifs bien développés, il rappelle
davantage celui des Amphibiens que celui des Actinoptérygiens. L’appareil rénal est composé de
deux formations allongées du type «mésonéphros».
Enfin, les Dipneustes pondent des oeufs dont la
fécondation est externe.
Nous étudierons deux familles: les Lépidosirénidés et les Cératodidés. Elles comportent des
formes fossiles et des espèces encore vivantes.
Les formes africaines et américaines constituent
la première famille et les formes australiennes,
la seconde.
Chez les représentants des Lépidosirénidés, le
corps, élancé, est recouvert de petites écailles cycloïdes (Lepidosiren signifie: sirène pourvue d’écailles), les nageoires impaires sont réunies à la
nageoire caudale, celle-ci est géphyrocerque; les
nageoires paires ont la forme de longs filaments.
Ajoutons que ces Poissons, même adultes, peuvent
s’enfouir dans la vase, ce que ne font pas les
représentants des Cératodidés.
Le Protoptère d’Éthiopie (Protopterus aethiopicus) est largement répandu en Afrique. Il peut
atteindre parfois 2 m. de long, mais il mesure
généralement de 80 à 90 cm. Son corps, robuste,
à peu près cylindrique dans sa partie antérieure,
et comprimé dans la région caudale, est d’un vert
foncé taché de jaunâtre, ou d’un vert jaunâtre
taché de sombre. La nageoire anale s’unit à la
dorsale qui se prolonge assez loin vers l’avant.
Les nageoires ventrales et pectorales ont la forme
de longs filaments flexibles.
Trois autres Protoptères: Protopterus annectens, propre à l’Afrique occidentale, Protopterus
dolloi qui vit dans les eaux du Congo, et Protopterus amphïbius, répandu en Afrique occidentale,
ressemblent beaucoup au Protopterus aethiopicus.
Les Protoptères habitent les fleuves, les lacs,
les marais et même les mares, séjournant dans les
eaux basses et riches en végétation. Comme tous
les Poissons munis de poumons ou de vessie gazeuse à fonction respiratoire, ils viennent de temps
en temps à la surface pour avaler l’air; mais leur
faculté de respirer hors de l’eau prend toute son
importance pendant la saison sèche. Dès que
s’approche celle-ci, les Protoptères commencent à
creuser dans la vase une fosse de 50 à 60 cm. de
profondeur; ils s’enroulent sur eux-mêmes au fond
de cette fosse et sécrètent un mucus qui les
enveloppe comme un sac. La communication avec
l’extérieur est assurée par un petit tube qui mesure
à peu près 1 cm. de diamètre. Au cours de la
période de sécheresse, la partie externe du sac
se solidifie, mais la partie interne reste toujours
visqueuse et humide. Les Protoptères sont alors
très faciles à découvrir, grâce à l’orifice de leur
canal de respiration, et les indigènes les ramassent en grandes quantités. Enveloppés dans leur
sac de mucus, les animaux peuvent parvenir en
bon état jusqu’en Europe, où, placés dans des conditions favorables, ils sortent de leur léthargie
pour reprendre une activité normale. Pendant
toute la période de léthargie qui dure aussi longtemps que la sécheresse, les Protoptères se nourrissent des réserves accumulées dans les muscles
de la région caudale.
Dès qu’ils sortent de leur vie latente, ils se
mettent en devoir d’assurer leur descendance. En
se servant de leur queue, les mâles creusent dans
la végétation une galerie qui rase le fond. Les
femelles pondent dans cette galerie, et abandonnent immédiatement les oeufs que les mâles surveillent jusqu’à l’éclosion. Les larves sont différentes des adultes; elles rappellent plutôt les
têtards des Amphibiens Urodèles, et possèdent
quatre longues branchies externes et frangées, et
un organe adhésif situé sous la tête. Deux mois
après leur naissance environ, elles peuvent respirer au moyen de poumons; leurs branchies
commencent alors à s’atrophier, et retournent
définitivement à l’état rudimentaire. Très voraces,
les Protoptères se nourrissent surtout d’Amphibiens, de Vers, de Crustacés et de Poissons.
Les représentants du genre Lepidosiren sont
très voisins des Protoptères. Lepidosiren paradoxa est la seule espèce du genre. Cet animal vit
dans les eaux du bassin de l’Amazone.
La famille des Cératodidés comprend des formes fossiles (comme les Ceratodus, par exemple)
et une seule forme vivante.
Les Ceratodus fossiles, très peu différents des
Neoceratodus actuels, descendaient de formes
archaïques; ils peuplaient les eaux du Trias, et
donnèrent naissance à d’autres lignées. Celles-ci,
comme en témoignent leurs restes fossiles, connurent une grande diffusion, alors que, de nos
jours, quelques représentants seulement se cantonnent dans les eaux situées au sud de l’Équateur.
L’actuel Neoceratodus forsteri ne se trouve
que dans les eaux d’une région de l’Australie,
le Queensland, où les indigènes l’appellent
« Barramunda ». Ce Poisson qui peut atteindre 2 m.
de long, a une chair très savoureuse; il est actuellement protégé par des lois. Il ne s’enfouit pas
dans la vase, mais tombe néanmoins en léthargie
pendant la période de sécheresse.
Le dernier ordre des Crossoptérygiens, celui
des Ostéolépiformes, n’est représenté que par des
formes fossiles; on le considère comme le plus
primitif, et, d’après certains auteurs, il aurait
donné naissance, non seulement aux deux ordres
précédents, mais encore aux ancêtres des Amphibiens.
L’Osteolepis est probablement l’un des représentants les plus archaïques de ce groupe de
Poissons apparus depuis plus de 280 millions
d’années: son nom signifie: « écaille osseuse ».
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par une ouverture branchiale placée en avant de
la nageoire pectorale. En outre, elles sont en partie externes pendant la vie larvaire, et le demeurent chez les Protoptères adultes. Mais les Dipneustes possèdent encore une extroflexion en forme de sac, comparable à une vessie gazeuse, occupant une position dorsale par rapport à l’intestin
et ventrale par rapport à la corde, et dont la structure alvéolée rappelle celle d’un poumon; bilobée
ou non, elle communique par une glotte avec l’oesophage. Cette vessie fonctionne comme un poumon; elle reçoit les artères pulmonaires issues de
la dernière paire d’arcs aortiques, et renvoie le
sang chargé d’oxygène dans les veines pulmonaires. Comme les Amphibiens, les Dipneustes ont
une double circulation: l’oreillette est partiellement divisée en deux parties, et il en est de
même pour le ventricule, tout au moins jusqu’à
un certain point. Le tronc artériel, qui présente
lui aussi une division partielle, est parfois muni
de valvules. Le sang artériel est chassé par le
coeur dans les arcs aortiques, puis dans l’aorte
dorsale qui le distribue à toutes les parties du
corps; le sang veineux est ramené dans la moitié
droite du coeur qui le renvoie dans les branchies
où il renouvelle son oxygène, ou bien dans le poumon où il se purifie. Quant à l’encéphale, muni de
deux lobes olfactifs bien développés, il rappelle
davantage celui des Amphibiens que celui des Actinoptérygiens. L’appareil rénal est composé de
deux formations allongées du type «mésonéphros».
Enfin, les Dipneustes pondent des oeufs dont la
fécondation est externe.
Nous étudierons deux familles: les Lépidosirénidés et les Cératodidés. Elles comportent des
formes fossiles et des espèces encore vivantes.
Les formes africaines et américaines constituent
la première famille et les formes australiennes,
la seconde.
Chez les représentants des Lépidosirénidés, le
corps, élancé, est recouvert de petites écailles cycloïdes (Lepidosiren signifie: sirène pourvue d’écailles), les nageoires impaires sont réunies à la
nageoire caudale, celle-ci est géphyrocerque; les
nageoires paires ont la forme de longs filaments.
Ajoutons que ces Poissons, même adultes, peuvent
s’enfouir dans la vase, ce que ne font pas les
représentants des Cératodidés.
Le Protoptère d’Éthiopie (Protopterus aethiopicus) est largement répandu en Afrique. Il peut
atteindre parfois 2 m. de long, mais il mesure
généralement de 80 à 90 cm. Son corps, robuste,
à peu près cylindrique dans sa partie antérieure,
et comprimé dans la région caudale, est d’un vert
foncé taché de jaunâtre, ou d’un vert jaunâtre
taché de sombre. La nageoire anale s’unit à la
dorsale qui se prolonge assez loin vers l’avant.
Les nageoires ventrales et pectorales ont la forme
de longs filaments flexibles.
Trois autres Protoptères: Protopterus annectens, propre à l’Afrique occidentale, Protopterus
dolloi qui vit dans les eaux du Congo, et Protopterus amphïbius, répandu en Afrique occidentale,
ressemblent beaucoup au Protopterus aethiopicus.
Les Protoptères habitent les fleuves, les lacs,
les marais et même les mares, séjournant dans les
eaux basses et riches en végétation. Comme tous
les Poissons munis de poumons ou de vessie gazeuse à fonction respiratoire, ils viennent de temps
en temps à la surface pour avaler l’air; mais leur
faculté de respirer hors de l’eau prend toute son
importance pendant la saison sèche. Dès que
s’approche celle-ci, les Protoptères commencent à
creuser dans la vase une fosse de 50 à 60 cm. de
profondeur; ils s’enroulent sur eux-mêmes au fond
de cette fosse et sécrètent un mucus qui les
enveloppe comme un sac. La communication avec
l’extérieur est assurée par un petit tube qui mesure
à peu près 1 cm. de diamètre. Au cours de la
période de sécheresse, la partie externe du sac
se solidifie, mais la partie interne reste toujours
visqueuse et humide. Les Protoptères sont alors
très faciles à découvrir, grâce à l’orifice de leur
canal de respiration, et les indigènes les ramassent en grandes quantités. Enveloppés dans leur
sac de mucus, les animaux peuvent parvenir en
bon état jusqu’en Europe, où, placés dans des conditions favorables, ils sortent de leur léthargie
pour reprendre une activité normale. Pendant
toute la période de léthargie qui dure aussi longtemps que la sécheresse, les Protoptères se nourrissent des réserves accumulées dans les muscles
de la région caudale.
Dès qu’ils sortent de leur vie latente, ils se
mettent en devoir d’assurer leur descendance. En
se servant de leur queue, les mâles creusent dans
la végétation une galerie qui rase le fond. Les
femelles pondent dans cette galerie, et abandonnent immédiatement les oeufs que les mâles surveillent jusqu’à l’éclosion. Les larves sont différentes des adultes; elles rappellent plutôt les
têtards des Amphibiens Urodèles, et possèdent
quatre longues branchies externes et frangées, et
un organe adhésif situé sous la tête. Deux mois
après leur naissance environ, elles peuvent respirer au moyen de poumons; leurs branchies
commencent alors à s’atrophier, et retournent
définitivement à l’état rudimentaire. Très voraces,
les Protoptères se nourrissent surtout d’Amphibiens, de Vers, de Crustacés et de Poissons.
Les représentants du genre Lepidosiren sont
très voisins des Protoptères. Lepidosiren paradoxa est la seule espèce du genre. Cet animal vit
dans les eaux du bassin de l’Amazone.
La famille des Cératodidés comprend des formes fossiles (comme les Ceratodus, par exemple)
et une seule forme vivante.
Les Ceratodus fossiles, très peu différents des
Neoceratodus actuels, descendaient de formes
archaïques; ils peuplaient les eaux du Trias, et
donnèrent naissance à d’autres lignées. Celles-ci,
comme en témoignent leurs restes fossiles, connurent une grande diffusion, alors que, de nos
jours, quelques représentants seulement se cantonnent dans les eaux situées au sud de l’Équateur.
L’actuel Neoceratodus forsteri ne se trouve
que dans les eaux d’une région de l’Australie,
le Queensland, où les indigènes l’appellent
« Barramunda ». Ce Poisson qui peut atteindre 2 m.
de long, a une chair très savoureuse; il est actuellement protégé par des lois. Il ne s’enfouit pas
dans la vase, mais tombe néanmoins en léthargie
pendant la période de sécheresse.
Le dernier ordre des Crossoptérygiens, celui
des Ostéolépiformes, n’est représenté que par des
formes fossiles; on le considère comme le plus
primitif, et, d’après certains auteurs, il aurait
donné naissance, non seulement aux deux ordres
précédents, mais encore aux ancêtres des Amphibiens.
L’Osteolepis est probablement l’un des représentants les plus archaïques de ce groupe de
Poissons apparus depuis plus de 280 millions
d’années: son nom signifie: « écaille osseuse ».
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