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ILE LES SUBSTRATS DURS : Denise BELLAN-SANTINI
A) Caractéristiques des substrats durs
A propos des phytocénoses terrestres du littoral, GÉHU (1991) insiste sur le
fait que géomorphologiquement, les côtes de France sont très variées. Sur la carte
qui accompagne son article, on constate que pour plus de la moitié, le littoral marin
français est constitué de falaises. Dans la plupart des cas, ces falaises côtières
correspondent dans la partie immergée à des substrats rocheux. La côte est alors le
plus souvent indentée, prolongée en récifs, ilôts, écueils. Si on peut considérer que
la moitié au moins du liseré côtier français correspond à des subtrats durs, les
connaissances accumulées sur ces milieux sont loin d'être en proportion. C'est sur
la côte métropolitaine de la Méditerranée que l'on possède les données les plus
nombreuses et les plus approfondies tant en terme de connaissance de la structure et
du fonctionnement des biocénoses, qu'en terme de dégradation et de protection. Les
caractéristiques géologiques déterminent fondamentalement l'existence et la
structure des substrats solides suivant que ceux-ci seront durs et compacts, friables
ou tendres ; l'action des vagues et des organismes modèlera un tracé général puis
des microstructures dans lesquelles les autres facteurs ambiants tels que
l'humectation pour les niveaux superficiels, la lumière ou l'hydrodynamisme pour
les niveaux sublittoraux se conjugueront pour créer de multiples micromilieux aux
caractéristiques souvent très tranchées. L'action anthropique n'agira pas de manière
uniforme sur ces micromilieux, leur fragilité sera de niveaux différents et la
complexité des interactions rendra la compréhension des processus de dégradation
longue et complexe, donc la protection difficile. En plus de la corrosion physique des
différents types de substrat naturel qui donne des côtes rectilignes ou découpées, à
pente douce ou abrupte, à surface dure ou tendre, lisse ou cavitaire, se superposent
ou s'associent divers phénomènes biologiques participant à la structure même du
substrat tels que la bioconstruction et/ou la biocorrosion.
La biocorrosion concerne essentiellement les substrats carbonatés, elle est
l'oeuvre de divers organismes : algues cyanophycées, champignons, spongiaires,
polychètes, mollusques, échinodermes,...
Si la bioconstruction et la biocorrosion participent au modelé général du
littoral rocheux (corniches, récifs), elles modèlent surtout sa structure et son état de
surface, puisque la plupart des substrats bioconstruits ou biocorrodés présentent une
surface lapiazée ou franchement cavitaire avec des grottes et des tunnels qui sont
parfois de grand volume.
L'ensemble de ces cavités métriques ou millimétriques développe non
seulement les surfaces disponibles à l'installation de la flore et de la faune sessile
mais fournit des abris à la faune vagile et constitue ainsi un important facteur
d'enrichissement biologique des substrats durs.
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