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(1993b), les dates probables d'installation sont généralement antérieures, de 1 à 3 ans,
aux dates de première observation.
La surface occupée par Caulerpa taxifolia était de l'ordre de 1 m2 en 1984. Elle
a été évaluée à 3 ha en 1990, 30 ha en 1991 et 100 à 430 ha en 1992 (MEINESZ et al.,
1993a). A la fin de 1993, la surface atteinte par C. taxifolia se situe entre 1000 et 2000
ha. L’imprécision est due au fait qu'il devient difficile de séparer les surfaces presque
complètement colonisées par l'algue et les surfaces où son installation est plus
récente et où elle constitue des mosaïques avec les peuplements indigènes. De 1984 à
1993, la raison de la progression annuelle de la surface couverte totale a été de
l'ordre de 6. Aucun ralentissement n'est pour le moment perceptible ; aucune
régression naturelle, même localisée, n'a été signalée (MEINESZ et al., 1993b), à
l'exception de la lagune du Brusc (Var), où une petite tache, observée en 1992, n'a
pas survécu aux très basses températures hivernales (Nardo VICENTE, comm.
verb.). Par ailleurs, une toute petite tache (1 m2) située aux Lecques (Saint-Cyr,
Bouches-du-Rhône, France) a été éradiquée avec succès en Janvier 1992
(BOUDOURESQUE et GOMEZ-GARRETA, 1992).
Les nouvelles colonies de Caulerpa taxifolia ont toujours été observées entre
2 et 6 m de profondeur. Dans un premier temps, elles s'étendent le long de la côte.
Puis se produit l'extention vers de plus grandes profondeurs (MEINESZ et al.,
1993b). La dissémination sur de courtes distances se fait principalement par des
boutures transportées par l'hydrodynamisme ; la reproduction sexuée n'a pour le
moment pas été observée de façon certaine (MEINESZ, 1992). Sur de plus grandes
distances, il semble que l'algue soit disséminée par des fragments qui restent attachés
aux filets des pêcheurs ou aux ancres des bateaux (MEINESZ, 1992). De nombreux
sites nouvellement colonisés sont en effet des mouillages forains.
B) Ecologie et phénologie
La souche de Caulerpa taxifolia qui colonise la Méditerranée présente des
caractéristiques morphologiques et physiologiques inhabituelles dans ses régions
d'origine (Fig. 32). Par exemple, la longeur moyenne des feuilles (= "frondes") n'est
que de 2 à 15 (25) cm dans les mers tropicales, alors que ces feuilles peuvent dépasser
60 cm de longueur dans les Alpes-Maritimes (MEINESZ et HESSE, 1991) ; des feuilles
de 80 cm de longueur ont été observées à l'automne 1993. En Méditerranée, les
prairies peuvent présenter une densité exceptionnelle (jusqu'à 350 m de stolons et
14 000 feuilles / m2), alors qu'elles sont relativement clairsemées dans les mers
tropicales, où l'algue se développe le plus souvent sous forme de stolons isolés
(MEINESZ et HESSE, 1991 ; MEINESZ et al., 1994)
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