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beaucoup plus rarement, ces herbiers se rencontrent en profondeur, entre
30 et 40 m de profondeur (VERLAQUE, 1987b).
(ii) Des herbiers où il est associé à la Phanérogame Zostera noltii ou à
l'Ulvophyceae Caulerpa proliféra (Forsskal) Lamouroux (une dizaine
d'hectares par exemple, dans le golfe Juan (Alpes Maritimes) (Fig. 29).
(iii) Des peuplements épars dans les intermattes de l’herbier à Posidonia
oceanica ou sur matte morte (par exemple en baie de Port-Man à PortCros : AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970b).
Les rhizomes plagiotropes de C. nodosa peuvent croître de 2 m par an ; leur
vitesse de croissance peut être aisément mesurée par l’observation des entrenoeuds, très courts l'hiver et longs pour les autres saisons (CAYE et MEINESZ,
1985a, ). Un tronçon de rhizome peut vivre une dizaine d’années (CAYE et
MEINESZ, 1985a, ) ; après leur mort les rhizomes sont beaucoup plus rapidement
décomposés que ceux de Posidonia oceanica, de telle sorte qu’il n’y a pas édification
d’une véritable matte. Des mattes de 50 cm d’épaisseur ont toutefois été observées,
et il n’est pas rare que des plaques de lacis de rhizomes, en cours d’érosion,
apparaissent surélevées au dessus du substrat.
c) Ecologie :
D’une façon générale, Cymodocea nodosa se rencontre de préférence en
mode calme et semble supporter, mieux que Posidonia oceanica, de légères
dessalures. Les plus vastes herbiers sont localisés dans des lagunes littorales
(GUELORGET et al., 1982 ; RAMOS-ESPLA et PEREZ-RUZAFA, 1985). La répartition
de C. nodosa serait moins due à des exigences écologiques qu’à l’action des
brouteurs : très apprécié en particulier par le poisson Sarpa salpa (L., 1758)
(VERLAQUE, 1987b) et par l’oursin Paracentrotus lividus (Lamarck, 1816) (TRAER,
1984), l’herbier est en effet cantonné à des "biotopes refuges" peu accessibles à ces
derniers (VERLAQUE, 1987b).
La reproduction de C. nodosa se fait rarement par voie sexuée, bien que les
fleurs soient régulièrement observées à la fin du printemps, et les fruits dès la fin de
l’été (CAYE et MEINESZ, 1985a). En effet, les graines ne germent, sur nos côtes, que
sous l’action d’une forte dessalure (CAYE et MEINESZ, 1985a) ; par ailleurs, le taux
et la durée de cette dessalure sont rarement atteints dans les peuplements les plus
étendus en mer ouverte. Ces populations seraient donc constituées de clones très
proches ne se reproduisant de facto que par voie végétative (fragmentation des
rhizomes, bouturage naturel).
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