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Enfin, le très grave problème des chalutages sur l'herbier profond n'a reçu
pour le moment aucune solution ; on commence à peine à mesurer l'ampleur des
dégâts ; le long des côtes orientales de- Corse, ce sont des surfaces immenses qui
apparaissent fauchées, comme par des moissonneuses-batteuses ; dans le golfe de
Giens, les traces des chaluts sont également nombreuses. En principe, ces herbiers se
situant souvent à moins de trois milles de la côte, le chalutage y est interdit en
France. En Espagne, le chalutage est interdit à moins de 50 m de profondeur (R. D.
679 du 25 juin 1988), et donc tous les herbiers à P. oceanica sont en principe
inaccessibles au chalutage ; en réalité, 40 à 50 % de la surface des herbiers du Sud-est
de l'Espagne sont soumis au chalutage (Alfonso RAMOS-ESPLA, comm. verb.).
Une solution consiste à mettre en place des récifs anti-chaluts ; de tels récifs (cubes
de 6-8 tonnes, remplis de hourdis anfractueux, traversés par 3 barres métalliques
disposées en croix et faisant saillie sur plus de un mètre) ont été mis en place autour
de la Réserve marine de Nueva Tabarca, près d'Alicante, en Espagne (MARTINEZPEREZ et al., 1990 ; RAMOS, 1990).
Malgré les efforts qui ont été consentis, la protection des herbiers à Posidonia
oceanica reste donc un problème d'actualité. On sait que leur régénération naturelle
est exceptionnellement lente (MEINESZ et LEFEVRE, 1984), et nécessite plusieurs
siècles : la destruction d'un herbier doit donc être considérée comme irréversible à
l'échelle humaine (BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982). Des techniques de
réimplantation à partir de boutures sont en cours d'expérimentation dans le Var,
les Alpes Maritimes et en Corse (JEUDY DE GRISSAC, 1980 ; COOPER, 1982 ;
MOLENAAR et al., 1989 ; MEINESZ et al., 1990 ; MOLENAAR, 1990) ainsi qu'en
Italie (CINELLI, 1980) ; mais il est clair qu'elles seront relativement coûteuses, et
qu'il sera donc difficile de les étendre à de très vastes surfaces ; en outre, la
croissance de P. oceanica est très lente (CAYE, 1982), et la reconstitution d'un
herbier demandera de toutes façons plusieurs décennies. Il convient enfin de ne pas
sous-estimer le risque que ces techniques soient détournées de leur objectif (la
reconquête des zones d'herbier perdues) et servent d'alibi à de nouvelles
destructions (BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982).
Le récif-barrière du Brusc (Var) continue à se dégrader. La lagune du Brusc et
son récif-barrière devraient être inclus dans une Réserve Naturelle, avec
interdiction de la navigation sur et autour du récif-barrière. Par ailleurs,
BOUDOURESQUE et al. (1985) ont proposé que le plateau récifal décrit à San
Fiurenzu (Saint-Florent, Haute Corse) soit protégé (interdiction de la navigation sur
et autour de la formation).
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