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L'eutrophisation (en augmentant l'importance des blooms
phytoplanctoniques) et la turbidité diminuent la transparence de l'eau et
provoquent la remontée de la limite inférieure de l'herbier (Fig. 22). Dans la baie de
Cassis (Bouches du Rhône), la limite inférieure est ainsi passée de 35 m à 23-28 m
(BOURCIER, 1982) ; cette remontée est très générale dans les Alpes-Maritimes
(MEINESZ et LAURENT, 1978), où elle aurait fait perdre à l'herbier 10% de sa
surface (MEINESZ et al., 1986). L'eutrophisation entraîne également une surcharge
en épiphytes sur les feuilles, avec pour conséquence une diminution de la
photosynthèse et la chute accélérée des feuilles.
La pollution (rejet en mer d'effluents domestiques ou industriels non
épurés) est considérée comme responsable de la régression des herbiers aux
alentours des grands centres industriels et portuaires (BOUDOURESQUE et
MEINESZ, 1982 ; PÉRÈS, 1984).
Enfin, un déséquilibre dans le fonctionnement de l'écosystème peut
provoquer la prolifération des herbivores (oursin Paracentrotus lividus en
particulier) et aboutir à la destruction de l'herbier par surpâturage (VERLAQUE,
1987a).
Au total, de vastes zones de matte morte se rencontrent un peu partout le
long du littoral français (BLANC, 1975 ; BLANC et JEUDY DE GRISSAC, 1978) : dans
la baie du Prado (GRAVEZ et al., 1990) et dans le secteur de Cortiou (PERGENTMARTINI et PERGENT, 1990),(Fig. 23) à Marseille, dans la baie de La Ciotat (NIERI,
1991), dans les Pyrénées-Orientales (PERGENT et al., 1985), et même dans les eaux
du Parc National de Port-Cros (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970a, 1970b). Dans la
rade de Toulon, l'herbier a presque complètement disparu (BOURCIER et al., 1979).
Naturellement, cette situation concerne aussi les autres rivages méditerranéens.
Une mention toute particulière doit être accordée aux récifs-barrières de P.
oceanica. Ceux-ci ont en effet payé un lourd tribut à l'aménagement des ports, et
cela depuis les temps les plus anciens ; nous ne saurons sans doute jamais s'il en a
existé (ce qui est probable) dans le Lacydon (vieux port de Marseille), à Port-Vendres
ou à Calvi (BOUDOURESQUE et al., 1985). BOURCIER et al. (1979) émettent
1 hypothèse que des récifs-barrières ont existé autrefois dans les baies de La Seyne et
du Lazaret (rade de Toulon). Le récif-barrière le plus récemment disparu (PÉRÈS et
PICARD, 1963) est celui de Bandol (Fig. 24), qui avait été étudié par MOLINIER et
PICARD 1952 puis par LEDOYER 1962 : il se trouvait sous l'emplacement actuel du
terre-plein du Casino. Dans la rade de Toulon, le récif-barrière des Vignettes a été
partiellement détruit (ASTIER, 1975).
L'eutrophisation (en augmentant l'importance des blooms
phytoplanctoniques) et la turbidité diminuent la transparence de l'eau et
provoquent la remontée de la limite inférieure de l'herbier (Fig. 22). Dans la baie de
Cassis (Bouches du Rhône), la limite inférieure est ainsi passée de 35 m à 23-28 m
(BOURCIER, 1982) ; cette remontée est très générale dans les Alpes-Maritimes
(MEINESZ et LAURENT, 1978), où elle aurait fait perdre à l'herbier 10% de sa
surface (MEINESZ et al., 1986). L'eutrophisation entraîne également une surcharge
en épiphytes sur les feuilles, avec pour conséquence une diminution de la
photosynthèse et la chute accélérée des feuilles.
La pollution (rejet en mer d'effluents domestiques ou industriels non
épurés) est considérée comme responsable de la régression des herbiers aux
alentours des grands centres industriels et portuaires (BOUDOURESQUE et
MEINESZ, 1982 ; PÉRÈS, 1984).
Enfin, un déséquilibre dans le fonctionnement de l'écosystème peut
provoquer la prolifération des herbivores (oursin Paracentrotus lividus en
particulier) et aboutir à la destruction de l'herbier par surpâturage (VERLAQUE,
1987a).
Au total, de vastes zones de matte morte se rencontrent un peu partout le
long du littoral français (BLANC, 1975 ; BLANC et JEUDY DE GRISSAC, 1978) : dans
la baie du Prado (GRAVEZ et al., 1990) et dans le secteur de Cortiou (PERGENTMARTINI et PERGENT, 1990),(Fig. 23) à Marseille, dans la baie de La Ciotat (NIERI,
1991), dans les Pyrénées-Orientales (PERGENT et al., 1985), et même dans les eaux
du Parc National de Port-Cros (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970a, 1970b). Dans la
rade de Toulon, l'herbier a presque complètement disparu (BOURCIER et al., 1979).
Naturellement, cette situation concerne aussi les autres rivages méditerranéens.
Une mention toute particulière doit être accordée aux récifs-barrières de P.
oceanica. Ceux-ci ont en effet payé un lourd tribut à l'aménagement des ports, et
cela depuis les temps les plus anciens ; nous ne saurons sans doute jamais s'il en a
existé (ce qui est probable) dans le Lacydon (vieux port de Marseille), à Port-Vendres
ou à Calvi (BOUDOURESQUE et al., 1985). BOURCIER et al. (1979) émettent
1 hypothèse que des récifs-barrières ont existé autrefois dans les baies de La Seyne et
du Lazaret (rade de Toulon). Le récif-barrière le plus récemment disparu (PÉRÈS et
PICARD, 1963) est celui de Bandol (Fig. 24), qui avait été étudié par MOLINIER et
PICARD 1952 puis par LEDOYER 1962 : il se trouvait sous l'emplacement actuel du
terre-plein du Casino. Dans la rade de Toulon, le récif-barrière des Vignettes a été
partiellement détruit (ASTIER, 1975).
