CHAPITRE XXXVIII
CLASSE DES ASCIDIACÉS BLAINVILLE
par
G. TRÉGOUBOFF
Les Ascidiacés ou Ascidies, Tuniciers Urocordés Caducicordes, sont uniquement
marines, répandues dans toutes les mers, et vivent fixées sur le sol aux différentes
profondeurs, même dans la zone abyssale. Elles ne sont représentées dans le plancton
que par leurs larves méroplanctoniques, dont l’intérêt planctonologique est très faible,
étant donné que la durée de leur vie libre est extrêmement réduite, de quelques minutes
à quelques heures seulement, et qu’à peine écloses, elles ne tardent pas à se fixer sur
un substratum et à se métamorphoser en animaux adultes.
Abstraction faite des Octacnémidés, formes abyssales aberrantes, les Ascidies sont
divisées en Ascidies simples ou Monascidies, comprenant les Phlébobranches et les
Stolidobranches, et en Ascidies composées ou Synascidies, Aplousobranches. Les Ascidies
simples sont, en général, ovipares, et leurs œufs sont fécondés et se développent dans la
mer. Par contre, les Ascidies composées sont vivipares et possèdent divers dispositifs
d’incubation, dans lesquels les œufs évoluent soit en liberté, soit fixés sur des placenta.
Leurs larves ne deviennent libres dans la mer que déjà fortement différenciées, pour
ainsi dire prêtes à subir la métamorphose finale, et on ne les rencontre dans le plancton
que très rarement.
ŒUFS ET LEUR DEVELOPPEMENT
œufs. — Les œufs des Monascidies, petits et oligolécithiques, fréquents dans le
plancton de surface, sont facilement reconnaissables à leur aspect. Ils sont, en effet,
entourés par des enveloppes multiples (PI. 206, fig. 1 et 2) : à la périphérie du cytoplasme
de l’œuf sont, pour ainsi dire, incrustées les cellules périvitellines du test (cp), entourées
par une membrane vitelline anhiste, appelée le chorion (ch), à laquelle adhèrent extérieurement, en une couche continue, les cellules folliculaires, cubiques ou coniques,
très gonflée et vacuolaires (cfs) ; ces dernières constituent l’enveloppe externe, dite
spumeuse, destinée à faciliter la flottaison des œufs dans la mer. Les contours superficiels
de la zone spumeuse sont souvent irréguliers, mamelonnés ou vallonnés, et donnent ainsi
un aspect caractéristique aux œufs de nombreuses Ascidies (PI. 206, fig. 2).
Développement. — Les détails du développement de l’œuf, décrits d’une manière
très détaillée par Brien (1948) dans le Traité de Zoologie de Grasse, ne sauront être
exposés dans le cadre de ce Manuel. On devra tenir compte seulement de quelques
stades, propres aux Tuniciers, fréquents dans les pêches planctoniques, et notamment
de celui de la « neurula » (PI. 206, fig. 3), pendant lequel l’embryon, encore entouré
de sa membrane folliculaire, a la forme d’une cornue, dont le corps serait représenté
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