CHAPITRE XXXVII
SOUS-CLASSE DES DOLIOLIDES OU DES CYCLOMYAIRES
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
La dernière sous-classe des Thaliacés, celle des Doliolides, comprend un groupe
restreint de Tuniciers holoplanctoniques de petite taille, ayant, comme l’indique leur
nom, la forme d’un tonnelet, et qui sont seuls parmi les Thaliacés ayant conservé dans
leur cycle évolutif le stade larvaire libre, pourvu d’une queue cordée, rappelant la larve
têtard des Ascidies.
Les Doliolides sont métagénétiques, et l’alternance de leurs 2 générations peut être
résumée de la manière suivante : l’oozoïde, issu de l’œuf fécondé, asexué et pourvu
d’un stolon blastogénétique et d’un appendice dorsal, produit par strobilisation de
son stolon plusieurs sortes d’éléments, en majorité stériles, qui s’agencent en une sorte
de colonie le long de l’appendice dorsal; une seule catégorie de ces éléments, formés
en dernier lieu, sont capables de devenir sexués et ils naissent par bourgeonnement sur
les pédicules d’autres bourgeons particuliers, déjà fixés sur l’appendice dorsal: ces
derniers se détachent de l’appendice et flottent dans la mer en portant ainsi toute une
colonie de futurs bourgeons sexués; à leurs maturités ils deviennent libres à leur tour et
disséminent leurs produits génitaux dans la mer; les œufs fécondés évoluent en larves
nageuses cordées, qui se transforment finalement en oozoïdes asexués.
OOZOIDE
MORPHOLOGIE EXTERNE
L’oozoïde asexué (PI. 203, fig. 1), de 0,5 à 5 cm de longueur en moyenne, a la forme
d’un tonnelet ouvert aux 2 extrémités par les siphons buccal (sb) et cloacal (sel). Le
siphon buccal, sans tentacules, est muni de 10 lobes ou festons, et le cloacal de 12.
L’oozoïde possède un appendice dorsal postéro-latéral (apd), qui s’allonge au cours
de la croissance et peut atteindre de 20 à 40 cent, de long, sur lequel s’établiront en
plusieurs rangées longitudinales les divers éléments produits par la strobilisation distalc
du stolon ventral (st).
Le corps de l’oozoïde est recouvert d’une mince tunique transparente, anhiste et
non cellulosique, contre laquelle sont appliquées intérieurement 9 bandes musculaires
(I-IX), circulaires et complètes, parallèles entre elles comme les cerceaux d’un tonneau,
disposition qui a valu aux Doliolides leur deuxième nom de Cyclomyaires. 7 de ces
bandes appartiennent au corps proprement dit et les 2 autres, agissant comme des
sphincters, sont localisés dans les 2 siphons.
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