CHAPITRE XXXVI
SOUS-CLASSE DES SALP1DES OU DES DESMOMYA1RES
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GENERAUX
Les Salpides sont holoplanctoniques, vivent surtout dans les mers chaudes, et sont
abondantes également dans la Méditerranée. Ils sont métagénétiques, et leurs deux
générations alternantes sont différentes au point de vue morphologique. La génération
asexuée est représentée par l’oozoïde, issu de l’œuf fécondé, vivant toujours solitaire
après sa libération, et pourvu d’un stolon prolifère, sur lequel naissent, par bourgeonnement, les blastozoïdes. Ces derniers, vivipares et sexués, agrégés en chaînes
temporaires de forme diverse, représentent la génération sexuée. Ils sont hermaphrodites,
et à l’intérieur de chacun d’eux l’œuf sera fécondé et évoluera sur place en un oozoïde
asexué, lequel, une fois mis en liberté, recommencera le cycle. Il n’existe pas ainsi chez
les Salpides aucun stade larvaire libre.
À cause de grandes différences morphologiques qui existent entre l’oozoïde et le
blastozoïde, ils doivent être décrits séparément.
OOZOÏDE
MORPHOLOGIE EXTERNE
Le corps de l’oozoïde (Pl. 198, fig. 1), revêtu d’une tunique de nature cellulosique,
transparente et plus ou moins résistante, est généralement cylindrique, prismatique ou,
parfois, fusiforme. Il est comprimé dorso-ventralement et montre la symétrie bilatérale
et la polarité antéro-postérieure très nettes. A son pôle antérieur est situé le siphon
buccal (sb), et à son pôle postérieur se trouve le siphon cloacal (sel), dont l’orifice est
souvent déporté légèrement du côté dorsal. Dans les parois du corps sont disposées
les bandes musculaires transversales (me), dont le nombre, la forme et la position
varient suivant les espèces, diffèrent chez les deux formes de la même espèce, et sont
pris en considération comme caractères taxonomiques essentiels.
ANATOMIE GÉNÉRALE
Le corps des Salpes est revêtu d’un épiderme plat, recouvert lui-même parla tunique,
qui forme souvent des prolongements latéraux ou caudaux sans relation avec les organes
internes. Dans l’épaisseur de la tunique sont disséminées les cellules de provenance
mésenchymateuse, parfois pigmentées.
L’orifice du siphon buccal, la bouche, est en fente transversale et se montre légèrement
déviée du côté dorsal; elle a deux lèvres, munies d’un velum (vel), dont l’inférieure est
mobile et généralement plus développée que la supérieure.
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