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Organes sensoriels. — Les organes des sens sont représentes par des statocystes,
désignés autrefois sous le nom de rhopalies. D origine endodermique, ils ont un axe
intérieur constitué par une seule rangée de cellules endodermiques, empilees les unes
sur les autres ; la cellule terminale contient une concretion ou statohthe. Ils ont
l’aspect de courts tentacules, et on les désigné souvent sous le nom de statorhabdes.
Ils sont implantés sur le bord ombrellaire, le plus souvent, entre les tentacules, plus
rarement près des bases de ces derniers. Chez de nombreuses Trachymeduses les statocystes pendent librement au bord ombrellaire comme des pendeloques; chez d’autres
ils sont, au contraire, noyés dans la mésoglée du bord ombrellaire et sont ainsi fermés
ou clos. Les cellules endodermiques basales des statocystes, ainsi que les cellules voisines
sont pourvues de longues soies sensitives raides, formant une sorte de coussinet (PL 71,
fig. 3, A). En cas d’oscillation du corps de la Trachyméduse, l’extrémité du statocyste
vient buter contre les soies et transmet ainsi l’excitation aux cellules nerveuses et musculaires voisines. Les statocystes des Trachyméduses sont ainsi des organes d’équilibre.
Gonades. — Elles sont au nombre de 2, de 4 ou de 8, et leur emplacement est variable.
Elles se développent normalement sur les canaux radiaires et peuvent être situées tantôt
près du bord ombrellaire, tantôt sur la partie moyenne des canaux, tantôt tout près
de la paroi de l’estomac (PI. 71, fig. 1, 2). Très souvent elles sont logées dans les expansions foliacées en fer de lance des canaux radiaires (PI. 71, fig. 6, 7).
DÉVELOPPEMENT
Le développement des Trachyméduses est hypogénétique, direct, et leurs larves, issues
de l’œuf fécondé, se transforment directement en méduses sans passer par le stade de
polype asexué. Il peut présenter 2 modalités.
La première se rencontre chez la majorité des Trachyméduses et notamment chez
celles de la famille des Geryonides. Dans ce cas la gastrule cœloblastique se transforme
en une sorte de ballon ectodermique, rempli de mésoglée, avec une petite vésicule endodermique centrale, qui finit par s’accoler à un des pôles du ballon. Ce pôle deviendra
oral, car le disque endodermique ne tarde pas à se percer d’une bouche. Aux dépens
de l’ectoderme se formeront ensuite les ébauches du manubrium, du velum et des tentacules larvaires. Ces derniers disparaissent ensuite et sont remplacés par les tentacules définitifs pleins, avec axe endodermique central. En dernier lieu s’individualisent
les statocystes, et la larve, en nageant, prend l’aspect d’une Trachyméduse définitive.
La deuxième modalité est connue chez Aglaura hemistoma Per. et Les. Son développement comporte une sorte de métamorphose, car son œuf fécondé évolue en une larve
nageuse entièrement ciliée du type planule, mais de structure particulière. En effet,
dans son intérieur les cellules endodermiques, très grosses, sont empilées les unes sur les
autres en hauteur. L’endoderme se délamine ensuite, la cavité de l’archentéron s’organise dans son intérieur et s’ouvre à l’extérieur à un pôle par l’orifice buccal.’Dans la
région buccale apparaissent ensuite 2 gros et massifs tentacules, avec les axes endodermiques, disposés symétriquement. Plus tard se forment 2 autres tentacules et se différencient les statocystes, tandis que toute la région orale s’allonge en un hypostome. A
ce stade la larve a l’apparence d’une actinule et ne tardera pas, après un temps plus
ou moins long, à se transformer directement en une Méduse adulte. Il existe ainsi chez
Aglaura une sorte de métamorphose, mais qui n’altère nullement le caractère hypogénétique de son développement.
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