CONCLUSION
79
- les nombreuses guerres du XVII
e et du XVIII
e siècle ont chaque fois, donné un coup d'arrêt à la
pêche à cause de la destruction de navires, du blocage des ports, du pillage des havres puis de la perte de nombreux
lieux de pêche tels Terre-Neuve, le Canada, la Nouvelle-Ecosse, la Nouvelle-Angleterre (tab. 10),
- le "petit âge glaciaire" a sévi pendant deux siècles, de 1650 à 1850. Il n'a pas été possible d'aller
pêcher en Islande, aux Féroé ou autour de Terre-Neuve pendant de nombreuses saisons à cause des icebergs, des
ouragans et de la longue présence des glaces.
- le manque de connaissances hydrologiques et les contraintes climatiques ont fait que les
campagnes de pêche se sont déroulées en été. Ceci permettait aux morutiers de traverser l'Atlantique à la fin du
printemps, de pêcher pendant la belle saison en évitant les risques des glaces et des icebergs et de revenir dès fin août
en France. Malheureusement, la période optimale climatique ne correspondait pas à la meilleure époque de pêche de la
morue qui se situe à la fin de l'hiver et au début du printemps,
- la méconnaissance du comportement de la morue et de sa physiologie, qui lui fait préférer une
eau de 3° à 5°, "l'eau de morue", et fuir les eaux plus froides ou plus chaudes, n'a pu qu'induire des "constatations" de
bonnes ou de mauvaises pêches.
Par contre, d'autres facteurs ont eu une action positive sur le rendement des pêches de morue :
- l'amélioration de la construction navale par la diversification des navires pour chaque type de
pêche : morue sèche ou morue verte et la construction de bateaux plus maniables et rapides ont permis de meilleures
captures,
- les encouragements des gouvernements successifs de l'Ancien Régime par des primes,
l'abaissement de taxes sur le sel, les encouragements à l'armement après 1750 en vue d'avoir une marine
expérimentée indispensable en cas de guerre, les taxes frappant les morues de pêche étrangère sont autant d'actions
positives,
- la politique commerciale très active de nombreux ports qui vont décharger leur cargaison en Italie,
Espagne, Portugal, Antilles,
- le refroidissement général du "petit âge glaciaire" de 1550 à 1800 environ, qui a
vraisemblablement engendré des conditions hydrologiques favorables à la reproduction, la croissance et l'abondance
des morues autour de Terre-Neuve, à la limite de la banquise.
Tous ces facteurs négatifs et positifs sont interdépendants, se sont superposés ou suivis, et selon les
époques, certains ont eu un rôle plus dominant que d'autres. Il est cependant certain que les périodes de guerre ont eu
une action majeure négative et que le climat, vis-à-vis des actions humaines a eu lui aussi un rôle négatif. Cependant,
son impact est nettement reconnu dans la pêcherie du Groenland, productive de 1929 à 1950, issue d'une migration
des morues de la pêcherie d'Islande vers des eaux qui leur étaient devenues favorables à ce moment là.
En dehors de ia pêcherie du Groenland, il est difficile d'estimer le rôle du climat seul. En effet, des données
hydrologiques inexistantes et des données climatiques assez peu précises concernant la zone de Terre-Neuve au cours
des siècles anciens, ne permettent pas d'attribuer un rôle majeur du climat dans les fluctuations historiques de la pêche
à la morue.
79
- les nombreuses guerres du XVII
e et du XVIII
e siècle ont chaque fois, donné un coup d'arrêt à la
pêche à cause de la destruction de navires, du blocage des ports, du pillage des havres puis de la perte de nombreux
lieux de pêche tels Terre-Neuve, le Canada, la Nouvelle-Ecosse, la Nouvelle-Angleterre (tab. 10),
- le "petit âge glaciaire" a sévi pendant deux siècles, de 1650 à 1850. Il n'a pas été possible d'aller
pêcher en Islande, aux Féroé ou autour de Terre-Neuve pendant de nombreuses saisons à cause des icebergs, des
ouragans et de la longue présence des glaces.
- le manque de connaissances hydrologiques et les contraintes climatiques ont fait que les
campagnes de pêche se sont déroulées en été. Ceci permettait aux morutiers de traverser l'Atlantique à la fin du
printemps, de pêcher pendant la belle saison en évitant les risques des glaces et des icebergs et de revenir dès fin août
en France. Malheureusement, la période optimale climatique ne correspondait pas à la meilleure époque de pêche de la
morue qui se situe à la fin de l'hiver et au début du printemps,
- la méconnaissance du comportement de la morue et de sa physiologie, qui lui fait préférer une
eau de 3° à 5°, "l'eau de morue", et fuir les eaux plus froides ou plus chaudes, n'a pu qu'induire des "constatations" de
bonnes ou de mauvaises pêches.
Par contre, d'autres facteurs ont eu une action positive sur le rendement des pêches de morue :
- l'amélioration de la construction navale par la diversification des navires pour chaque type de
pêche : morue sèche ou morue verte et la construction de bateaux plus maniables et rapides ont permis de meilleures
captures,
- les encouragements des gouvernements successifs de l'Ancien Régime par des primes,
l'abaissement de taxes sur le sel, les encouragements à l'armement après 1750 en vue d'avoir une marine
expérimentée indispensable en cas de guerre, les taxes frappant les morues de pêche étrangère sont autant d'actions
positives,
- la politique commerciale très active de nombreux ports qui vont décharger leur cargaison en Italie,
Espagne, Portugal, Antilles,
- le refroidissement général du "petit âge glaciaire" de 1550 à 1800 environ, qui a
vraisemblablement engendré des conditions hydrologiques favorables à la reproduction, la croissance et l'abondance
des morues autour de Terre-Neuve, à la limite de la banquise.
Tous ces facteurs négatifs et positifs sont interdépendants, se sont superposés ou suivis, et selon les
époques, certains ont eu un rôle plus dominant que d'autres. Il est cependant certain que les périodes de guerre ont eu
une action majeure négative et que le climat, vis-à-vis des actions humaines a eu lui aussi un rôle négatif. Cependant,
son impact est nettement reconnu dans la pêcherie du Groenland, productive de 1929 à 1950, issue d'une migration
des morues de la pêcherie d'Islande vers des eaux qui leur étaient devenues favorables à ce moment là.
En dehors de ia pêcherie du Groenland, il est difficile d'estimer le rôle du climat seul. En effet, des données
hydrologiques inexistantes et des données climatiques assez peu précises concernant la zone de Terre-Neuve au cours
des siècles anciens, ne permettent pas d'attribuer un rôle majeur du climat dans les fluctuations historiques de la pêche
à la morue.
