CONCLUSION
11
CONCLUSION
Depuis le XVI
e siècle, la pêche de la morue a été, selon les époques, une activité économique pionnière puis
une activité de premier ordre au XVII
e et surtout XVIII
e siècle ; elle reste encore importante au XIX
e siècle, mais décline
de plus en plus au XX
e siècle.
Entre l'apogée de l'Ancien Régime et la période récente se sont écoulés des siècles où l'évolution de la flotte
morutière a permis de passer de la pêche à la ligne depuis le navire au chalutage des chalutiers modernes.
Sous l'Ancien Régime, pour une pêche totale évaluée à 56 000 tonnes métriques, il fallait 350 navires et
10 000 hommes. De nos jours on parvient à cette même quantité avec 29 navires et 1 600 hommes (La Morandière,
1966). Ces simples chiffres montrent qu'un monde sépare ces deux époques, mais aussi que la pêche morutière a été
une réalité économique majeure en France. Elle a influé sur 3 points.
- Sur les types de navires, qui sont passés des navires de charge à des navires plus rapides en
liaison avec les possibilités des sècheries sur Terre-Neuve et en raison des deux types de pêche : morue sèche et
morue verte. Ainsi, les premiers morutiers lourds : heux, hourques, dogres, roberges, utilisés pour la pêche sédentaire
se sont améliorés pour devenir les flutes, les galistes, les senaux. Les bateaux plus rapides, tels que caravelles,
pinasses, frégates et brigantins utilisés en pêche à la morue verte se sont tranformés en goélettes du siècle dernier.
Elles-mêmes cédant le pas aux chalutiers à vapeur et aux chalutiers à propulsion mécanique,
- Sur le recrutement des marins pour la marine de guerre des XVII
e et XVIII
e siècles. Les pêcheurs
de morue de Terre-Neuve étaient la principale source de recrutement de marins expérimentés en cas de guerre. Les
hommes étaient donc fortement incités à partir sur les morutiers d'une part, pour rapporter du poisson, d'autre part pour
servir sur les navires du Roi et de l'Etat.
- Sur le développement des ports, certains devant leur richesse essentiellement à leur activité
morutière tels que Saint-Malo, Dunkerque, Fécamp, Bordeaux, mais aussi, périclitant lorsque celle-ci s'est arrêtée, tels
que les Sables d'Olonne, Saint-Brieuc/Binic, Granville, Gravelines, Paimpol. D'autres ports sont restés actifs grâce à la
reprise d'une autre forme de pêche ou de commerce comme à Nantes, le trafic avec les Antilles et le commerce
triangulaire.
Ainsi, de la cinquantaine de ports morutiers du XVI
e siècle d'importance variable, il ne reste, en 1950, que
quatre ports d'activité morutière : Saint-Malo qui a la plus longue tradition terreneuvienne, Fécamp, Bordeaux port de
décharge et La Rochelle avec deux morutiers (tab. 11).
Au cours des siècles, ces pêches ont été liées à de nombreux facteurs humains ou naturels influençant plus
ou moins leur rendement. Certains facteurs ont joué un rôle négatif :
- l'inadaptation primitive des navires du XVI
e et XVII
e siècle, ceux-ci ayant, par la suite évolué vers
des navires mieux armés pour cette pêche,
- le rôle des taxes plus ou moins élevées sur les débarquements de morue dans les ports, a été
assez important à certaines époques. Les fortes taxes, notamment à Nantes et à l'entrée de Paris au XVIII
e siècle, ont
eu un rôle dissuasif sur les départs à Terre-Neuve,
- le commerce avec les Antilles, attractif et plus lucratif que celui de la morue, a provoqué le déclin,
la décadence et la mort de l'activité morutière de ports tels que le Havre, Nantes et Bordeaux,
11
CONCLUSION
Depuis le XVI
e siècle, la pêche de la morue a été, selon les époques, une activité économique pionnière puis
une activité de premier ordre au XVII
e et surtout XVIII
e siècle ; elle reste encore importante au XIX
e siècle, mais décline
de plus en plus au XX
e siècle.
Entre l'apogée de l'Ancien Régime et la période récente se sont écoulés des siècles où l'évolution de la flotte
morutière a permis de passer de la pêche à la ligne depuis le navire au chalutage des chalutiers modernes.
Sous l'Ancien Régime, pour une pêche totale évaluée à 56 000 tonnes métriques, il fallait 350 navires et
10 000 hommes. De nos jours on parvient à cette même quantité avec 29 navires et 1 600 hommes (La Morandière,
1966). Ces simples chiffres montrent qu'un monde sépare ces deux époques, mais aussi que la pêche morutière a été
une réalité économique majeure en France. Elle a influé sur 3 points.
- Sur les types de navires, qui sont passés des navires de charge à des navires plus rapides en
liaison avec les possibilités des sècheries sur Terre-Neuve et en raison des deux types de pêche : morue sèche et
morue verte. Ainsi, les premiers morutiers lourds : heux, hourques, dogres, roberges, utilisés pour la pêche sédentaire
se sont améliorés pour devenir les flutes, les galistes, les senaux. Les bateaux plus rapides, tels que caravelles,
pinasses, frégates et brigantins utilisés en pêche à la morue verte se sont tranformés en goélettes du siècle dernier.
Elles-mêmes cédant le pas aux chalutiers à vapeur et aux chalutiers à propulsion mécanique,
- Sur le recrutement des marins pour la marine de guerre des XVII
e et XVIII
e siècles. Les pêcheurs
de morue de Terre-Neuve étaient la principale source de recrutement de marins expérimentés en cas de guerre. Les
hommes étaient donc fortement incités à partir sur les morutiers d'une part, pour rapporter du poisson, d'autre part pour
servir sur les navires du Roi et de l'Etat.
- Sur le développement des ports, certains devant leur richesse essentiellement à leur activité
morutière tels que Saint-Malo, Dunkerque, Fécamp, Bordeaux, mais aussi, périclitant lorsque celle-ci s'est arrêtée, tels
que les Sables d'Olonne, Saint-Brieuc/Binic, Granville, Gravelines, Paimpol. D'autres ports sont restés actifs grâce à la
reprise d'une autre forme de pêche ou de commerce comme à Nantes, le trafic avec les Antilles et le commerce
triangulaire.
Ainsi, de la cinquantaine de ports morutiers du XVI
e siècle d'importance variable, il ne reste, en 1950, que
quatre ports d'activité morutière : Saint-Malo qui a la plus longue tradition terreneuvienne, Fécamp, Bordeaux port de
décharge et La Rochelle avec deux morutiers (tab. 11).
Au cours des siècles, ces pêches ont été liées à de nombreux facteurs humains ou naturels influençant plus
ou moins leur rendement. Certains facteurs ont joué un rôle négatif :
- l'inadaptation primitive des navires du XVI
e et XVII
e siècle, ceux-ci ayant, par la suite évolué vers
des navires mieux armés pour cette pêche,
- le rôle des taxes plus ou moins élevées sur les débarquements de morue dans les ports, a été
assez important à certaines époques. Les fortes taxes, notamment à Nantes et à l'entrée de Paris au XVIII
e siècle, ont
eu un rôle dissuasif sur les départs à Terre-Neuve,
- le commerce avec les Antilles, attractif et plus lucratif que celui de la morue, a provoqué le déclin,
la décadence et la mort de l'activité morutière de ports tels que le Havre, Nantes et Bordeaux,
