RÔLE DU CLIMAT
RÔLE DU CLIMAT
Les historiens et les pêcheurs savent depuis longtemps que les bonnes saisons de pêche apparaissent et
disparaissent au cours des temps. Ces événements sont sporadiques et ont souvent été attribués à des migrations de
poissons, ils appartiennent cependant à trois groupes de phénomènes, selon Cushing (1982) :
- abondance puis disparition de poissons : la possibilité de périodicité à long terme a été envisagée dès la fin
du siècle dernier,
- événements climatiques : les évolutions récentes, bien observées, ont permis d'expliquer certaines
mortalités dues à des arrivées d'eau anormalement froide,
- les tentatives pour établir des corrélations entre les captures de certains poissons et les facteurs de
l'environnement se sont souvent avérées peu satisfaisantes, car beaucoup d'informations n'étaient pas fiables.
Ces trois groupes de phénomènes peuvent être interprétés comme des conséquences des modifications du
climat à long terme.
LE CLIMAT AU COURS DES SIÈCLES
Le climat évolue et l'étude de carottes glaciaires permet une connaissance des temps géologiques. Un cycle
climatique a une durée variant de plusieurs siècles à deux millénaires, passant brusquement de phases tièdes à des
phases froides avant de glisser graduellement vers un froid glacial. Les modifications climatiques des derniers 150 000
ans sont dues à la fois aux caractéristiques périodiques du mouvement de la terre autour du soleil et aux concentrations
plus ou moins élevées des gaz à effet de serre dans l'air (Lorius, 1991).
Il y a 20 000 ans la terre subissait le dernier âge glaciaire. La période froide, appelée le Younger Dryas, fut
marquée en Europe par l'apparition d'une fleur polaire : Dryas octopetala, fut la dernière avancée glaciaire. A sa fin le
réchauffement commença (Kerr, 1993). Actuellement nous sommes dans une période interglaciaire.
Le climat de la terre est dominé par d'importants vents d'ouest ou Westerlies situés à 16-17 kms en altitude
qui sont générés par la forte différence de température entre l'equateur et le pôle. De plus, l'air déplacé tend à retourner
à sa latitude d'origine. Chaque retour de cet air vers l'equateur forme une dépression froide et chaque incursion de l'air
vers les pôles constitue une zone tiède (Cushing, 1982).
Il y a 1 000 ans, au Moyen Age, le climat de l'Europe était tiède, autant qu'aujourd'hui. Puis, une période
fraîche s'installa il y a quelques centaines d'années et l'Europe grelotta sous le "petit âge glaciaire". Enfin, de nos jours,
on estime que le climat de la Terre se réchauffe. Certains chercheurs expliquent ces modifications à l'échelle humaine
par la circulation des courants dans l'Atlantique Nord. D'autres l'expliquent par l'effondrement massif d'icebergs
déclenchant des périodes froides (Kerr, 1993).
Plus près de nous, les recherches sur le climat des siècles passés au nôtre sont nombreuses mais les
sources autorisant une connaissance scientifique varient selon les époques. De 1205 à 1756, on ne dispose guère que
d'informations indirectes telles que la culture de la vigne (Le Roy Ladurie, 1983), les anneaux de croissance des arbres,
l'abondance des récoltes ou les cultures disparues, ou encore des renseignements anecdotiques sur des paroxysmes
(destruction de l'Invincible Armada en 1588). De 1757 à 1851, les données qui nous sont parvenues sont des
observations thermométriques anciennes. Enfin, de 1852 à 1916, on a des observations thermométriques plus précises
(Easton, 1928). A partir de ces connaissances, Lamb (1977) distingue quatre périodes aux limites approximatives :
- le "petit optimum" de 1150 à 1300,
- un climat plus frais à régime variable de 1300 à 1550,
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