Contamination de l'étang de Thau par Alexandrium tamarense
Introduction :
rappel des objectifs
de cette synthèse
Fin octobre 1998, le laboratoire vétérinaire départemental
des Bouches-du-Rhône met en évidence la présence de
composés toxiques dans des moules provenant de l'étang de
Thau (littoral méditerranéen, côte du Languedoc) tandis
que le Réphy (réseau de surveillance du phytoplancton et
des phycotoxines) détecte des concentrations importantes
d'une espèce phytoplanctonique connue pour produire des
toxines paralysantes (PSP) : Alexandrium tamarense. Les analyses effectuées sur les coquillages montrent que les moules
contiennent des toxines PSP en quantité dangereuse pour
les consommateurs. Conformément à ce que prescrit la
réglementation dans un tel cas et compte tenu du fait qu'il
s'agit du premier épisode toxique à A. tamarense en France,
tous les coquillages de l'étang (moules, mais aussi huîtres et
palourdes) sont soumis à une interdiction de commercialisation et de ramassage.
La particularité de cet épisode, qui a duré deux mois et a
soulevé de nombreux problèmes, résulte de la conjonction
de plusieurs phénomènes nouveaux :
• Alexandrium tamarense n'avait jamais été observé à de
telles concentrations - près de 100 000 cellules par litre -
sur les côtes françaises. Or, la relation entre la concentration d'une espèce toxique dans l'eau et le niveau de toxicité résultant dans les coquillages n'est jamais simple, et
dépend de plusieurs facteurs : la toxicité d'une espèce
& Alexandrium peut être variable d'une souche à une autre
et les différentes espèces de coquillages ne se contaminent
pas toujours de la même façon ;
• le suivi des coquillages « mis sur le marché » a également
été effectué en parallèle par les services vétérinaires dès le
début du phénomène dans le cadre de leur plan de surveillance vis-à-vis des phycotoxines. L'utilisation de protocoles de surveillance différents dans l'un et l'autre organismes a conduit à des résultats différents, difficilement
acceptables par les exploitants conchylicoles concernés ;
• l'implication des professionnels conchylicoles dans une
tentative de gestion de l'événement a été particulièrement
importante, puisque de nombreuses analyses de toxines
ont été effectuées à leur initiative dans des laboratoires
privés. De la même façon, les informations relatives au
risque de contamination en cas de transfert des
coquillages vers d'autres régions françaises ou européennes ont largement circulé au sein de la profession,
même si les recommandations afférentes n'ont pas toujours été suivies.
L'ensemble de ces facteurs a contribué à une réflexion
générale sur les améliorations à envisager pour la surveillance de ces épisodes. En ce qui concerne le Réphy, la
stratégie générale a dû être renforcée, à savoir l'importance des observations d'espèces phytoplanctoniques dans le
milieu, qui déterminent la réalisation de tests de toxicité
dans les coquillages. Néanmoins, l'analyse fine de la succession des événements de Thau a montré que le nombre
de points de prélèvement et la fréquence des prélèvements sont particulièrement critiques dans un épisode de
ce type, à savoir le développement soudain d'une espèce
jusqu'alors minoritaire dans une zone qui n'était pas
considérée à risque jusqu'à maintenant.
L'objectif de cette synthèse consiste donc à tirer un premier bilan des événements toxiques de novembre et
décembre 1998, que ce soit sur les plans scientifiques
(première prolifération notable de ce dinoflagellé
toxique en France), appliqués (évolution de la contamination des coquillages, problèmes de transfert), opérationnels (gestion d'un épisode de crise, fonctionnement
du réseau de surveillance) ou réglementaires. L'analyse a
posteriori des difficultés rencontrées et des premiers résultats obtenus devrait permettre d'envisager des propositions d'action pour l'avenir, non seulement dans le cadre
de l'étang de Thau mais également pour toute zone du
littoral susceptible d'une contamination similaire.
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Introduction :
rappel des objectifs
de cette synthèse
Fin octobre 1998, le laboratoire vétérinaire départemental
des Bouches-du-Rhône met en évidence la présence de
composés toxiques dans des moules provenant de l'étang de
Thau (littoral méditerranéen, côte du Languedoc) tandis
que le Réphy (réseau de surveillance du phytoplancton et
des phycotoxines) détecte des concentrations importantes
d'une espèce phytoplanctonique connue pour produire des
toxines paralysantes (PSP) : Alexandrium tamarense. Les analyses effectuées sur les coquillages montrent que les moules
contiennent des toxines PSP en quantité dangereuse pour
les consommateurs. Conformément à ce que prescrit la
réglementation dans un tel cas et compte tenu du fait qu'il
s'agit du premier épisode toxique à A. tamarense en France,
tous les coquillages de l'étang (moules, mais aussi huîtres et
palourdes) sont soumis à une interdiction de commercialisation et de ramassage.
La particularité de cet épisode, qui a duré deux mois et a
soulevé de nombreux problèmes, résulte de la conjonction
de plusieurs phénomènes nouveaux :
• Alexandrium tamarense n'avait jamais été observé à de
telles concentrations - près de 100 000 cellules par litre -
sur les côtes françaises. Or, la relation entre la concentration d'une espèce toxique dans l'eau et le niveau de toxicité résultant dans les coquillages n'est jamais simple, et
dépend de plusieurs facteurs : la toxicité d'une espèce
& Alexandrium peut être variable d'une souche à une autre
et les différentes espèces de coquillages ne se contaminent
pas toujours de la même façon ;
• le suivi des coquillages « mis sur le marché » a également
été effectué en parallèle par les services vétérinaires dès le
début du phénomène dans le cadre de leur plan de surveillance vis-à-vis des phycotoxines. L'utilisation de protocoles de surveillance différents dans l'un et l'autre organismes a conduit à des résultats différents, difficilement
acceptables par les exploitants conchylicoles concernés ;
• l'implication des professionnels conchylicoles dans une
tentative de gestion de l'événement a été particulièrement
importante, puisque de nombreuses analyses de toxines
ont été effectuées à leur initiative dans des laboratoires
privés. De la même façon, les informations relatives au
risque de contamination en cas de transfert des
coquillages vers d'autres régions françaises ou européennes ont largement circulé au sein de la profession,
même si les recommandations afférentes n'ont pas toujours été suivies.
L'ensemble de ces facteurs a contribué à une réflexion
générale sur les améliorations à envisager pour la surveillance de ces épisodes. En ce qui concerne le Réphy, la
stratégie générale a dû être renforcée, à savoir l'importance des observations d'espèces phytoplanctoniques dans le
milieu, qui déterminent la réalisation de tests de toxicité
dans les coquillages. Néanmoins, l'analyse fine de la succession des événements de Thau a montré que le nombre
de points de prélèvement et la fréquence des prélèvements sont particulièrement critiques dans un épisode de
ce type, à savoir le développement soudain d'une espèce
jusqu'alors minoritaire dans une zone qui n'était pas
considérée à risque jusqu'à maintenant.
L'objectif de cette synthèse consiste donc à tirer un premier bilan des événements toxiques de novembre et
décembre 1998, que ce soit sur les plans scientifiques
(première prolifération notable de ce dinoflagellé
toxique en France), appliqués (évolution de la contamination des coquillages, problèmes de transfert), opérationnels (gestion d'un épisode de crise, fonctionnement
du réseau de surveillance) ou réglementaires. L'analyse a
posteriori des difficultés rencontrées et des premiers résultats obtenus devrait permettre d'envisager des propositions d'action pour l'avenir, non seulement dans le cadre
de l'étang de Thau mais également pour toute zone du
littoral susceptible d'une contamination similaire.
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