Microalgues marines : les enjeux de la recherche
la chlorophycée halophile Dunaliella salina est
assurée principalement par deux grandes compagnies australiennes (Betatene et Western Biotechnology) - qui détiennent environ 60 % du marché,
deux compagnies des Etats-Unis (Nutralite et Cyanotech), et une compagnie israélienne (Nature
Beta Technologies). Résistant bien aux fortes salinités où elle ne craint aucune compétition, cette
microalgue est produite dans des étendues lagunaires à ciel ouvert. Elle est vendue comme nutraceutique à un prix compris entre 800 à 1 800 $
US/kg, selon la formulation, soit environ le double
de celui des produits de synthèse.
Un autre caroténoïde important produit par les
microalgues est l'astaxanthine. Avec la canthaxanthine, ce pigment rose est le seul qui soit
fixé par le muscle des salmonidés d'élevage, dont
la coloration représente un marché de 100 millions de $ US par an (1994), en rapide expansion.
Il est détenu majoritairement par le suisse F. Hoffmann-La Roche, qui produit cet additif de l'alimentation animale par synthèse, et le propose au
prix de 3 000 $ US/kg. Les produits naturels font
l'objet d'une demande croissante, avec une augmentation de 20 % par an. Actuellement, la seule fourniture est assurée par le Hollandais Gist
Brocades avec sa levure Phaffia rhodozyma, malgré des teneurs faibles (0,4 %). La chlorophycée
d'eau douce Haematococcus pluvialis produit de
l'astaxanthine à des teneurs pouvant atteindre
Environnement
Epuration du C0 2
La pollution atmosphérique a pris un caractère
planétaire avec, en particulier, l'augmentation des
rejets de gaz carbonique faisant suite à l'utilisation intensive de combustibles fossiles. Le cycle
du carbone comprend une partie océanique
encore mal connue dans laquelle l'activité biologique de surface joue un rôle important.
Des programmes internationaux ont été mis en
place pour étudier, au niveau de l'océan planétaire, les phénomènes de mobilisation de CO2
sous forme de calcaire par les organismes marins
phytoplanctoniques dont la contribution apparaît
essentielle. Dans ces travaux, les microalgues
5 % du poids sec, mais les coûts de production
sont encore trop élevés. En réduisant sensiblement ces coûts, notamment par les progrès de la
technologie des photobioréacteurs, certaines
compagnies (Algatec-Suède, Norbio-Norvège,
Biotechna-GB, Thai I ia Pharmaceuticals-France,
Aquasearch, Maricultura, Danisco Biotechnology, Oceancolor - États-Unis...) espèrent entrer
dans la compétition.
Marquage moléculaire aux isotopes
stables
Des composés biochimiques marqués à l'aide
d'isotopes stables (BIS) peuvent être obtenus par
métabolisation de ces isotopes (D,
13 C,
15 N) lors de
la réaction de photosynthèse dans des réacteurs
parfaitement contrôlés à l'égard des fluides entrant
et sortant. Ces BIS sont utilisés dans la recherche
sur la structure moléculaire et dans l'ingénierie des
médicaments rationnels, c'est à dire exploitant la
connaissance des relations structure-fonction. Les
BIS aident les chercheurs à développer plus efficacement de nouvelles molécules en leur permettant de déterminer la structure tridimensionnelle
de certaines protéines en solution et d'étudier les
caractéristiques de ces structures, comme ce fut le
cas pour la gonadotropine chorionique humaine
(Gch), par exemple. La société Martek (Etats-Unis)
a réalisé un chiffre d'affaire supérieur à 1 million
de $ US (1993) grâce à la vente de ses BIS.
sont étudiées pour permettre de caler des modèles
destinés à prévoir les tendances à long terme.
L'emploi des microalgues est également envisagé
comme agent d'épuration pour réduire les rejets
de CO2 dans l'atmosphère et produire des substances chimiques à haute valeur ajoutée, essentiellement au Japon.
L'organisme de référence est le coccolithophoride Emiliania huxleyi, pour sa production de fines
particules de calcite (coccolithes) dont l'utilisation peut être envisagée dans de nombreuses
applications industrielles (électronique) et dans
le domaine de la médecine (Ca et ostéoporose).
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