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J.-P. Troadec
La pleine exploitation des stocks sauvages ne modifie pas seulement les
perspectives de la pêche, elle bouleverse également les termes d'optimisation du
secteur. Quelles que soient les opinions que la profession, l'administration ou la
recherche peuvent se faire de l'avenir du secteur, celui-ci ne pourra en aucun cas être
réalisé en s'en tenant aux seules doctrines et pratiques courantes. Deux conclusions
majeures émergent en effet des chapitres qui composent cet ouvrage. Aujourd'hui, le
progrès des pêches et des cultures marines dépend avant tout :
- d'une réforme des institutions régissant l'accès aux ressources ;
- d'un élargissement des connaissances et des méthodes d'évaluation à la
dynamique des phases prérecrutées des espèces exploitées.
Ce constat ne réduit pas l'intérêt des méthodes classiques d'évaluation de la
phase exploitée, ni d'analyse de l'état économique et social des pêcheries. Mais si cellesci permettent bien de mesurer l'état de surexploitation des ressources, la dissipation de
rentes économiques ou le niveau de pauvreté de certaines collectivités de pêcheurs
artisans, le régime de liberté d'accès interdit de tirer profit de ces bilans. La question
qui se pose aujourd'hui n'est pas : "quels objectifs retenir pour optimiser l'état des
pêcheries ?", mais bien : "comment atteindre les équilibres que l'on pouira se fixer ?" La
condition première d'un aménagement effectif des pêches et des cultures marines n'est,
ni d'ordre analytique, ni de nature technique. Elle est, par essence, institutionnelle : les
institutions actuelles ne permettent en effet plus de prendre en routine les décisions
d'allocation des ressources devenues indispensables par suite de la pleine exploitation
de ces dernières. Les ressources étant finies, les pêcheries sont destinées à porter sur
davantage d'espèces, les stocks à être plus variables et les sources de variation plus
diverses, tant que l'accès ne pourra pas être effectivement régulé. La tendance à la
sédentarisation de la pêche accentue encore l'importance prise par la variabilité dans
l'exploitation et la conservation des ressources halieutiques.
Par ailleurs, observations empiriques et analyses théoriques s'accordent pour
indiquer que les écosystèmes marins pourraient vraisemblablement supporter
trophiquement une production significativement accrue. C'est là une hypothèse d'une
portée économique considérable. Encore faut-il s'assurer objectivement de son
fondement et établir les lois qui conditionnent sa réalisation. Ceci ne pourra être sans la
conduite d'investigations spécialement conçues pour répondre à ces questions. La
réalisation éventuelle de ces perspectives ne dépend pas seulement du progrès dans
l'écologie et la biologie des espèces. Une législation qui prévoie la réservation de droits
de recapture est également indispensable aux investissements. La première condition
ramène au besoin d'un élargissement des connaissances aux stratégies de reproduction
des populations exploitées. La seconde, à la réforme des institutions régissant l'octroi de
droits d'usage.
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J.-P. Troadec
La pleine exploitation des stocks sauvages ne modifie pas seulement les
perspectives de la pêche, elle bouleverse également les termes d'optimisation du
secteur. Quelles que soient les opinions que la profession, l'administration ou la
recherche peuvent se faire de l'avenir du secteur, celui-ci ne pourra en aucun cas être
réalisé en s'en tenant aux seules doctrines et pratiques courantes. Deux conclusions
majeures émergent en effet des chapitres qui composent cet ouvrage. Aujourd'hui, le
progrès des pêches et des cultures marines dépend avant tout :
- d'une réforme des institutions régissant l'accès aux ressources ;
- d'un élargissement des connaissances et des méthodes d'évaluation à la
dynamique des phases prérecrutées des espèces exploitées.
Ce constat ne réduit pas l'intérêt des méthodes classiques d'évaluation de la
phase exploitée, ni d'analyse de l'état économique et social des pêcheries. Mais si cellesci permettent bien de mesurer l'état de surexploitation des ressources, la dissipation de
rentes économiques ou le niveau de pauvreté de certaines collectivités de pêcheurs
artisans, le régime de liberté d'accès interdit de tirer profit de ces bilans. La question
qui se pose aujourd'hui n'est pas : "quels objectifs retenir pour optimiser l'état des
pêcheries ?", mais bien : "comment atteindre les équilibres que l'on pouira se fixer ?" La
condition première d'un aménagement effectif des pêches et des cultures marines n'est,
ni d'ordre analytique, ni de nature technique. Elle est, par essence, institutionnelle : les
institutions actuelles ne permettent en effet plus de prendre en routine les décisions
d'allocation des ressources devenues indispensables par suite de la pleine exploitation
de ces dernières. Les ressources étant finies, les pêcheries sont destinées à porter sur
davantage d'espèces, les stocks à être plus variables et les sources de variation plus
diverses, tant que l'accès ne pourra pas être effectivement régulé. La tendance à la
sédentarisation de la pêche accentue encore l'importance prise par la variabilité dans
l'exploitation et la conservation des ressources halieutiques.
Par ailleurs, observations empiriques et analyses théoriques s'accordent pour
indiquer que les écosystèmes marins pourraient vraisemblablement supporter
trophiquement une production significativement accrue. C'est là une hypothèse d'une
portée économique considérable. Encore faut-il s'assurer objectivement de son
fondement et établir les lois qui conditionnent sa réalisation. Ceci ne pourra être sans la
conduite d'investigations spécialement conçues pour répondre à ces questions. La
réalisation éventuelle de ces perspectives ne dépend pas seulement du progrès dans
l'écologie et la biologie des espèces. Une législation qui prévoie la réservation de droits
de recapture est également indispensable aux investissements. La première condition
ramène au besoin d'un élargissement des connaissances aux stratégies de reproduction
des populations exploitées. La seconde, à la réforme des institutions régissant l'octroi de
droits d'usage.
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