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S. Garcia
lorsque leur utilisation devient intensive, la gestion des systèmes naturels de production
requiert la contribution coordonnée de toutes ces disciplines. Cette intensification ne
peut qu'entraîner une demande accrue de la part des professions et des administrations
pour la recherche finalisée, à court terme et le diagnostic. En même temps, une
autonomie suffisante devra être laissée aux organismes de recherche finalisée si l'on ne
veut pas voir apparaître une fracture dangereuse entre une recherche fondamentale qui
ne débouche pas sur des méthodes susceptibles d'applications immédiates et une
recherche appliquée qui doive se cantonner à des appuis banaux.
Le risque est déjà présent. La tendance au surinvestissement dans la bande
côtière est forte. En l'absence de dispositions adéquates régissant l'accès aux ressources,
l'investissement constitue de facto, un mécanisme d'appropriation des ressources du
littoral qui peut jouer au détriment des usagers traditionnels. Ainsi, la multiplication des
projets de récifs artificiels obéit à une dynamique en partie politique. La recherche est
requise pour réaliser des évaluations de leur impact bioéconomique, alors qu'elle n'a pu
acquérir les connaissances indispensables pour évaluer leur validité en termes d'effets
sur la productivité et la disponibilité des ressources halieutiques.
Un changement des mentalités est également opportun. L'halieute est raremenl
un rêveur préoccupé uniquement par ses chères études et par la protection à outrance
du poisson. Le pêcheur n'est pas, non plus, intrinsèquement un opportuniste, voire un
braconnier, peu soucieux de conserver la ressource qui le fait vivre (chapitres 1 et 17).
Ces présupposés reflètent une appréciation imparfaite des contraintes sous lesquelles
l'autre opère. On ne peut prétendre que "lorsque le pêcheur aura appris à dépenser ses
gains pour autre chose que l'achat d'un bateau supplémentaire, il acceptera les
nouvelles réglementations" (Cushing 1983). Ces observations reflètent une tendance,
malheureusement fréquente dans les sphères responsables de la promotion du
développement comme de l'aménagement, à considérer que le décalage observé entre
une stratégie ou un schéma d'action et la réalité, découle d'une attitude inadéquate des
groupes auxquels le modèle est destiné et non de l'irréalisme de la stratégie ou du
modèle
1 .
Une série de questions fondamentales sont d'ores et déjà posées : comment
survivra l'exploitation des ressources sauvages ? Pourra-t-on éviter une simplification
des écosystèmes côtiers, par la réduction de l'information spécifique et génétique qu'ils
contiennent, au profil d'une productivité et d'une efficacité économique à première vue
plus élevées ou plus sélectives comme en agriculture avec les conséquences négatives
que l'on sait ? Fera-t-on l'effort de comprendre les mécanismes de production et leurs
limites par une démarche analytique pour les contourner écologiquement et se les
"ménager", ou sera-t-on tenté de briser ces contraintes par la technique, quitte à
s'apercevoir trop tard des conséquences graves, et peut-être irréversibles, de ces
I "Une logique déduction peut être trompeuse, si les prémisses sont incomplètes" F. Nietasche).
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S. Garcia
lorsque leur utilisation devient intensive, la gestion des systèmes naturels de production
requiert la contribution coordonnée de toutes ces disciplines. Cette intensification ne
peut qu'entraîner une demande accrue de la part des professions et des administrations
pour la recherche finalisée, à court terme et le diagnostic. En même temps, une
autonomie suffisante devra être laissée aux organismes de recherche finalisée si l'on ne
veut pas voir apparaître une fracture dangereuse entre une recherche fondamentale qui
ne débouche pas sur des méthodes susceptibles d'applications immédiates et une
recherche appliquée qui doive se cantonner à des appuis banaux.
Le risque est déjà présent. La tendance au surinvestissement dans la bande
côtière est forte. En l'absence de dispositions adéquates régissant l'accès aux ressources,
l'investissement constitue de facto, un mécanisme d'appropriation des ressources du
littoral qui peut jouer au détriment des usagers traditionnels. Ainsi, la multiplication des
projets de récifs artificiels obéit à une dynamique en partie politique. La recherche est
requise pour réaliser des évaluations de leur impact bioéconomique, alors qu'elle n'a pu
acquérir les connaissances indispensables pour évaluer leur validité en termes d'effets
sur la productivité et la disponibilité des ressources halieutiques.
Un changement des mentalités est également opportun. L'halieute est raremenl
un rêveur préoccupé uniquement par ses chères études et par la protection à outrance
du poisson. Le pêcheur n'est pas, non plus, intrinsèquement un opportuniste, voire un
braconnier, peu soucieux de conserver la ressource qui le fait vivre (chapitres 1 et 17).
Ces présupposés reflètent une appréciation imparfaite des contraintes sous lesquelles
l'autre opère. On ne peut prétendre que "lorsque le pêcheur aura appris à dépenser ses
gains pour autre chose que l'achat d'un bateau supplémentaire, il acceptera les
nouvelles réglementations" (Cushing 1983). Ces observations reflètent une tendance,
malheureusement fréquente dans les sphères responsables de la promotion du
développement comme de l'aménagement, à considérer que le décalage observé entre
une stratégie ou un schéma d'action et la réalité, découle d'une attitude inadéquate des
groupes auxquels le modèle est destiné et non de l'irréalisme de la stratégie ou du
modèle
1 .
Une série de questions fondamentales sont d'ores et déjà posées : comment
survivra l'exploitation des ressources sauvages ? Pourra-t-on éviter une simplification
des écosystèmes côtiers, par la réduction de l'information spécifique et génétique qu'ils
contiennent, au profil d'une productivité et d'une efficacité économique à première vue
plus élevées ou plus sélectives comme en agriculture avec les conséquences négatives
que l'on sait ? Fera-t-on l'effort de comprendre les mécanismes de production et leurs
limites par une démarche analytique pour les contourner écologiquement et se les
"ménager", ou sera-t-on tenté de briser ces contraintes par la technique, quitte à
s'apercevoir trop tard des conséquences graves, et peut-être irréversibles, de ces
I "Une logique déduction peut être trompeuse, si les prémisses sont incomplètes" F. Nietasche).
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