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J. Boucher el J.-C. Dao
Les biologistes étaient conscients de l'existence de la variabilité naturelle, même
s'ils pouvaient en sous-estimer l'amplitude et, dans le cas présent, le caractère
chaotique. Chez la coquille Saint-Jacques, cette variabilité ne peut être traitée comme
un bruit aléatoire autour d'une abondance moyenne du stock que l'on pourrait moduler
par le régime d'exploitation (fig. 9.1). Avec une dynamique caractérisée par des
explosions intermittentes, l'abondance n'est pas la règle, pas plus que les effondrements
ne sont nécessairement dus à la surpêche, ou à une mauvaise gestion du stock !
Si l'on veut éviter que les explosions temporaires ne suscitent des
surinvestissements qui accentuent encore les déséquilibres néfastes pour la rentabilité
des entreprises en périodes de recrutements faibles, une exploitation plurispécifique
avec des capacités de capture ajustées à la production des stocks plus stables (chapitre
17) paraît offrir une stratégie intéressante. La production du stock briochin est avant
tout déterminée par les recrutements annuels successifs. Les cohortes qui en résultent
doivent être exploitées comme elles viennent. Ceci ne réduit en rien l'intérêt de
l'optimisation de la production de chaque recrutement successif, en termes d'effort de
pêche et de taille de première capture. Mais la stabilité doit être plus recherchée sur
d'autres stocks, que dans la stabilisation de la biomasse de reproducteurs.
Si, auparavant, les recrutements annuels étaient estimés, on réalise maintenant
en quoi la variance peut être plus importante que la moyenne, pour la stratégie
démographique du stock, comme pour la pêche. L'hétérogénéité des processus enjeu et
l'amplitude de leur impact ôtent à la moyenne une grande partie de sa signification et
de son intérêt pratique pour l'aménagement de stocks instables. Une meilleure
appréciation de la structure de la distribution de l'erreur, qui passe par la connaissance
des processus naturels déterminant le recrutement, devrait permettre de définir des
scénarios d'aménagement mieux adaptés à la variabilité intrinsèque de la ressource.
Doit-on alors exploiter les cohortes annuelles individuellement, en recherchant la
stabilité économique des armements dans l'organisation de calendriers de pêche portant
sur l'exploitation d'un ensemble de stocks accessibles aux mêmes flottilles ?
Récemment, Walters et Collie (sous presse) ont prôné un aménagement des stocks de
saumon qui module le taux annuel d'exploitation en fonction d'estimations précoces des
recrutements annuels successifs. Une telle stratégie se démarque des pratiques
classiques qui tendaient à traiter la variabilité naturelle comme un bruit. Elle conduit
aussi à nuancer le concept de ressources renouvelables dans son application aux stocks
instables (chapitre 19). A cet égard, les travaux sur le recrutement permettent
d'envisager deux types d'amélioration.
Le délai de prévision peut être augmenté par des campagnes d'estimation du
prérecrutement. Avec des prévisions du recrutement établies au cours de la saison de
ponte, le gain est de deux ans par rapport aux estimations actuelles de la classe d'âge
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J. Boucher el J.-C. Dao
Les biologistes étaient conscients de l'existence de la variabilité naturelle, même
s'ils pouvaient en sous-estimer l'amplitude et, dans le cas présent, le caractère
chaotique. Chez la coquille Saint-Jacques, cette variabilité ne peut être traitée comme
un bruit aléatoire autour d'une abondance moyenne du stock que l'on pourrait moduler
par le régime d'exploitation (fig. 9.1). Avec une dynamique caractérisée par des
explosions intermittentes, l'abondance n'est pas la règle, pas plus que les effondrements
ne sont nécessairement dus à la surpêche, ou à une mauvaise gestion du stock !
Si l'on veut éviter que les explosions temporaires ne suscitent des
surinvestissements qui accentuent encore les déséquilibres néfastes pour la rentabilité
des entreprises en périodes de recrutements faibles, une exploitation plurispécifique
avec des capacités de capture ajustées à la production des stocks plus stables (chapitre
17) paraît offrir une stratégie intéressante. La production du stock briochin est avant
tout déterminée par les recrutements annuels successifs. Les cohortes qui en résultent
doivent être exploitées comme elles viennent. Ceci ne réduit en rien l'intérêt de
l'optimisation de la production de chaque recrutement successif, en termes d'effort de
pêche et de taille de première capture. Mais la stabilité doit être plus recherchée sur
d'autres stocks, que dans la stabilisation de la biomasse de reproducteurs.
Si, auparavant, les recrutements annuels étaient estimés, on réalise maintenant
en quoi la variance peut être plus importante que la moyenne, pour la stratégie
démographique du stock, comme pour la pêche. L'hétérogénéité des processus enjeu et
l'amplitude de leur impact ôtent à la moyenne une grande partie de sa signification et
de son intérêt pratique pour l'aménagement de stocks instables. Une meilleure
appréciation de la structure de la distribution de l'erreur, qui passe par la connaissance
des processus naturels déterminant le recrutement, devrait permettre de définir des
scénarios d'aménagement mieux adaptés à la variabilité intrinsèque de la ressource.
Doit-on alors exploiter les cohortes annuelles individuellement, en recherchant la
stabilité économique des armements dans l'organisation de calendriers de pêche portant
sur l'exploitation d'un ensemble de stocks accessibles aux mêmes flottilles ?
Récemment, Walters et Collie (sous presse) ont prôné un aménagement des stocks de
saumon qui module le taux annuel d'exploitation en fonction d'estimations précoces des
recrutements annuels successifs. Une telle stratégie se démarque des pratiques
classiques qui tendaient à traiter la variabilité naturelle comme un bruit. Elle conduit
aussi à nuancer le concept de ressources renouvelables dans son application aux stocks
instables (chapitre 19). A cet égard, les travaux sur le recrutement permettent
d'envisager deux types d'amélioration.
Le délai de prévision peut être augmenté par des campagnes d'estimation du
prérecrutement. Avec des prévisions du recrutement établies au cours de la saison de
ponte, le gain est de deux ans par rapport aux estimations actuelles de la classe d'âge
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