9 - Repeuplement et forçage du recrutement de la coquille Saint-Jacques
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En réalité, les causes du déclin et son caractère artificiel ou naturel restaient
inconnus. Conformément aux mêmes principes d'aménagement, une nouvelle réduction
des captures fut proposée en 1985. A la même époque, on constata une reprise des
oscillations du recrutement, avec un fort recrutement en 1985 (80 millions d'individus,
soit deux fois plus que les recrutements observés depuis 1978) et un très faible en 1986
(moins de 20 millions d'individus, soit deux fois moins que les recrutements de la
période de 1978-1984), sans que la biomasse n'ait changé de façon marquée depuis 1979
(fig. 9.5).
Ainsi, la relation stock-recrutement paraît extrêmement lâche. Aucune variation
liée à la biomasse parentale n'est évidente. Sur l'intervalle de variation de biomasse
observé, les écarts dans le succès du recrutement ne peuvent être considérés comme un
bruit accessoire autour d'une relation moyenne. Ce constat amena à reconsidérer la
possibilité de négliger les effets du milieu et, au delà, la faisabilité du programme de
repeuplement, la stratégie d'aménagement de la pêcherie fondée sur le maintien du
stock à un certain niveau, et la possibilité d'en prévoir les fluctuations.
3.2.2. Conséquences pour le captage, régulation du recrutement
La réussite du captage paraît indépendante de la biomasse de géniteurs : pour
des biomasses élevées et comparables, le nombre moyen de coquilles par collecteur a
été de 80 en 1985, et de 20 en 1986.
Une certaine relation pourrait exister, globalement, entre le succès du captage et
celui du recrutement. De bons captages (respectivement 150, 300, 70, et 80 coquilles par
collecteur) ont été obtenus en 1975, 1976, 1982 et 1985, années où le recrutement a été
bon (respectivement 40,115, 40 et 80 millions de recrues) ; les années où le recrutement
a été faible (1977 et 1986), le captage l'a été également (respectivement 15 et 20
coquilles) (fig. 9.6). Plus important, le rendement du captage par rapport au
recrutement a décliné après 1978 : le rapport rendement du captage/recrutement a
baissé d'un tiers environ entre 1975-1976 et 1982-1985.
Faut-il admettre qu'il y ait eu une augmentation de l'effet compensatoire (entre
la biomasse de géniteurs et le taux de fixation) avec le déclin de la biomasse ? Ceci se
produirait, par exemple, si les larves se fixaient préférentiellement sur le substrat
naturel disponible. Ou alors, y aurait-il eu un changement dans l'efficacité des
collecteurs, ou de l'affinité des larves pour les collecteurs? Crisp (1965,1974) analyse de
façon détaillée les facteurs qui déterminent la fixation des larves planctoniques. La
texture, la couleur du support, les médiateurs chimiques, le comportement grégaire des
larves influencent le choix du substrat. Ces facteurs ont été testés au cours des
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