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Y. Harache et P. Prouzel
franchissement des obstacles et la restauration de l'habitat, les lâchers de "chinook" sont
passés de 10 millions de juvéniles en 1949 (6 écloseries), à 99 millions en 1976 (22
écloseries). Alors qu'avant 1960, peu d'éléments objectifs permettaient d'apprécier les
taux de survie, un programme de marquage, exécuté de 1962 à 1969, a permis d'évaluer
l'impact des lâchers sur les populations de retour. En dépit de taux de recapture
médiocres (de l'ordre de 1 à 2 %), le bilan économique de la filière est apparu très
positif, le rapport valeur des adultes recapturés/investissement pour la production de
smolts se situant respectivement à 4,1 et 6,2 pour les deux espèces (Wahle et al. 1974,
1978).
4.2.2. Pacage privé en Oregon et en Alaska (Etats-Unis)
Parallèlement aux programmes nationaux et régionaux, des projets ont vu le jour
au début des années 70. Dans l'Orégon, des firmes privées ont obtenu des concessions
pour produire, principalement du "chinook" et du "coho" par pacage marin. Comme la
rentabilité de l'exploitation dépend largement, outre du taux de survie océanique, des
captures en mer ouverte, de tels projets ne peuvent se concevoir que dans le cas d'une
réglementation stricte et respectée de la pêche en mer. Me Neil (1980) estime que, pour
deux poissons capturés par l'exploitant privé, un saumon est pris en mer dans les
pêcheries commerciales ou récréatives (fig. 8.5). Les diverses entreprises établies sur la
côte de l'Orégon (13 sites de lâchers) connaissent des fortunes diverses et rencontrent
généralement des difficultés financières liées à la forte variabilité des taux de retour (de
1 à 6 %).
En Alaska, pour remédier à la baisse des stocks, principalement de "pink" et
"chum", et régénérer des populations détruites par le raz de marée consécutif au
tremblement de terre de 1964, un important programme de restauration a été entrepris
en 1972 (Fisheries Rehabilitation Enhancement and Development Program). Il porte
sur la création d'écloseries publiques et la contribution d'écloseries privées bénéficiant
de prêts à taux bonifié. Des coopératives de pêche ou des sociétés d'aquaculture ont été
autorisées à lâcher des alevins et à exploiter les adultes échappant à la pêcherie côtière
(strictement réglementée par secteurs), dans la zone terminale de migration des adultes
concédée comme zone de pêche exclusive. Cependant, ces organismes ne peuvent
réaliser de profits : elles doivent limiter leurs captures au minimum nécessaire pour
assurer leur rentabilité. Les surplus éventuels sont partagés entre les titulaires de
licences de pêche du district concerné ; ceux-ci sont alors autorisés à pêcher dans les
zones exclusives. La courte période d'élevage des juvéniles avant le lâcher et leur coût
modique permettent des lâchers massifs, dont le nombre a considérablement augmenté
ces dernières années. Entre 1982 et 1988, le nombre d'alevins et de smolts libérés est
passé de près de 300 millions à 1,41.0 milliards, les apports des écloseries privées
évoluant de 40 à 71 %. Pendant la même période, les retours d'adultes aux écloseries
passaient de 5,3 millions en 1982 à 19,4 millions en 1988 (Anon. 1982, Allée comm. pers.
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