(O'Connell 1980), tandis que Theilacker (1986) a déterminé par des critères
histologiques et morphologiques la proportion de larves de chinchard {Trachunis
symmelricus) sous-alimentées dans les échantillons prélevés en pleine mer et près des
îles. Les travaux de Theilacker sont particulièrement intéressants pour l'étude du
recrutement. La figure 6.12 présente les résultats obtenus sur le chinchard : les larves
qui commencent à s'alimenter meurent plus fréquemment de faim en pleine mer que
près des îles, reflet de la plus grande abondance de nourriture dans cette dernière zone.
L'incidence de la mortlité par déficit alimentaire baisse rapidement à mesure que les
larves grandissent. Par une série d'expériences en laboratoire et in situ, Hewitt et al.
(1985) ont réussi à distinguer les mortalités naturelles des larves de chinchard
{Trachunis symmetricits), dues respectivement à la prédation et à la famine. L'évolution,
en fonction de l'âge, des taux de mortalité par sous-alimentation et totale, a été
mesurée. En admettant que la prédation soit responsable de la différence entre les deux
causes de mortalité, ils concluent que les larves à vitellus étaient plus vulnérables à la
prédation ; mais, aussitôt que le vitellus est résorbé et que les larves commencent à
s'alimenter, la famine devient la principale cause de mortalité ; en se développant, les
larves deviennent rapidement moins sensibles à la sous-alimentatioh et, de nouveau, la
prédation prédomine dans les causes de mortalité ; mais, globalement, la mortalité est
alors nettement moindre.
4.6. Nouvelles données sur la ponte fractionnée, la fécondité et les effets de la
densité
Les connaissances sur la reproduction des poissons ont beaucoup progressé avec
la découverte que plusieurs espèces, notamment pélagiques, pondaient plusieurs fois au
cours d'une même saison de ponte. Le phénomène est fréquent, et connu depuis
longtemps chez les poissons tropicaux. La viabilité des oeufs et des larves peut être
influencée par le nombre d'oeufs produits pendant des périodes spécifiques et, sans
doute, par la densité locale des reproducteurs. Chez certains mollusques (chapitre 9), la
compétence des oeufs et des larves à franchir les phases successives de l'ontogenèse
dépend également de la température durant la gamétogénèse.
Un excellent exemple de ponte fractionnée chez un poisson pélagique est donné
par Hunter et Goldberg (1980) : il se rapporte à l'anchois californien (Engrau/is
inordax). Au cours d'une première étude, ils ont estimé le taux de ponte à environ 16 %
- ce qui équivaut à une fréquence de ponte de six à huit jours - durant le pic de la saison
de reproduction. On peut comparer ces données relatives à l'année 1978 à celles du
tableau 6.1, relatives à la période 1980-86 (modifiées d'après Bindman (1986) et Fiedler
et al. (1986). Ces chiffres font apparaître une grande variabilité dans la fécondité et la
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histologiques et morphologiques la proportion de larves de chinchard {Trachunis
symmelricus) sous-alimentées dans les échantillons prélevés en pleine mer et près des
îles. Les travaux de Theilacker sont particulièrement intéressants pour l'étude du
recrutement. La figure 6.12 présente les résultats obtenus sur le chinchard : les larves
qui commencent à s'alimenter meurent plus fréquemment de faim en pleine mer que
près des îles, reflet de la plus grande abondance de nourriture dans cette dernière zone.
L'incidence de la mortlité par déficit alimentaire baisse rapidement à mesure que les
larves grandissent. Par une série d'expériences en laboratoire et in situ, Hewitt et al.
(1985) ont réussi à distinguer les mortalités naturelles des larves de chinchard
{Trachunis symmetricits), dues respectivement à la prédation et à la famine. L'évolution,
en fonction de l'âge, des taux de mortalité par sous-alimentation et totale, a été
mesurée. En admettant que la prédation soit responsable de la différence entre les deux
causes de mortalité, ils concluent que les larves à vitellus étaient plus vulnérables à la
prédation ; mais, aussitôt que le vitellus est résorbé et que les larves commencent à
s'alimenter, la famine devient la principale cause de mortalité ; en se développant, les
larves deviennent rapidement moins sensibles à la sous-alimentatioh et, de nouveau, la
prédation prédomine dans les causes de mortalité ; mais, globalement, la mortalité est
alors nettement moindre.
4.6. Nouvelles données sur la ponte fractionnée, la fécondité et les effets de la
densité
Les connaissances sur la reproduction des poissons ont beaucoup progressé avec
la découverte que plusieurs espèces, notamment pélagiques, pondaient plusieurs fois au
cours d'une même saison de ponte. Le phénomène est fréquent, et connu depuis
longtemps chez les poissons tropicaux. La viabilité des oeufs et des larves peut être
influencée par le nombre d'oeufs produits pendant des périodes spécifiques et, sans
doute, par la densité locale des reproducteurs. Chez certains mollusques (chapitre 9), la
compétence des oeufs et des larves à franchir les phases successives de l'ontogenèse
dépend également de la température durant la gamétogénèse.
Un excellent exemple de ponte fractionnée chez un poisson pélagique est donné
par Hunter et Goldberg (1980) : il se rapporte à l'anchois californien (Engrau/is
inordax). Au cours d'une première étude, ils ont estimé le taux de ponte à environ 16 %
- ce qui équivaut à une fréquence de ponte de six à huit jours - durant le pic de la saison
de reproduction. On peut comparer ces données relatives à l'année 1978 à celles du
tableau 6.1, relatives à la période 1980-86 (modifiées d'après Bindman (1986) et Fiedler
et al. (1986). Ces chiffres font apparaître une grande variabilité dans la fécondité et la
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