6 - Les déterminants du recrutement
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prédation le déterminant majeur de la régulation des populations ou, tout au moins, le
facteur qui, avec le manque de nourriture, affecterait nettement le recrutement. Ces
dernières années, plusieurs chercheurs ont décrit la prédation exercée sur les larves de
poissons par les invertébrés : copépodes (Lillelund and Lasker 1971); euphausiâcés
(Theilacker and Lasker 1974); coelentérés et salpes (Purcell 1981, Bailey 1984) ; ainsi
que vertébrés, avec l'exemple du cannibalisme par les anchois adultes (Hunter and
Kimbrell 1980). Toutefois, les évaluations quantitatives manquent : la raison majeure
tient au fait que les larves sont rapidement broyées et se désintègrent dans le tube
digestif des prédateurs, rendant ainsi leur identification impossible par observation des
contenus stomacaux.
L'évaluation, à partir de campagnes de prospection des oeufs et des larves
d'anchois, des taux de survie sur de courts intervalles de temps, montre que la prédation
subie par les oeufs et les larves à vitellus modifie très sensiblement l'effectif des larves
atteignant le stade auquel elles doivent s'alimenter dans leur environnement. Des
observations effectuées au large de la Californie et portant sur 31 années (Lo 1985) ont
montré que le taux instantané journalier de mortalité due à la prédation des oeufs
d'anchois a varié entre 0,07 en 1955 et 0,59 en 1978. A l'heure actuelle, on ignore le rôle
joué par la prédation dans la mortalité des jeunes larves, ainsi que dans celle des plus
âgées. Cependant, les travaux de Lo (1985) et de Picquelle et Hewitt (1984) montrent
clairement que le taux de mortalité larvaire diminue très rapidement à mesure que les
larves grandissent et deviennent plus aptes à trouver leur nourriture et à éviter les
prédateurs.
Dans son hypothèse, Hjort ne considère pas comme critiques les conditions
alimentaires dont jouissent les larves plus âgées et les juvéniles, mais nombreux sont les
chercheurs qui pensent que le succès du recrutement est déterminé par le taux de
mortalité sur l'ensemble de la période larvaire, et non pas, par les seules mortalités en
début de vie larvaire. Il n'est pas facile de déterminer quel(s) stade(s) de
développement sont particulièrement critique(s), car il n'a pas encore été possible
d'établir la courbe de mortalité au cours de la première année. Ces courbes sont
habituellement tirées d'évaluations de densités d'oeufs et de larves effectuées à partir de
centaines de traits de plancton distribués sur des milliers de kilomètres carrés, au cours
d'une même saison de ponte. Dans ces évaluations, des corrections sont bien apportées
pour tenir compte du passage forcé des oeufs et des larves à travers les mailles des
filets, et de l'évitement par les larves les plus grandes. Des ajustements sont également
faits pour tenir compte de l'influence de la température sur le taux de croissance ; et des
modèles empiriques sont appliqués pour décrire les taux instantanés de mortalité,
indépendants de l'âge pour les oeufs, et dépendants de l'âge pour les larves (Lo 1986).
Une courbe typique de mortalité relative à l'anchois de Californie est donnée sur la
figure 6.7. La courbe est précise pour les oeufs et les jeunes larves ; elle ne l'est plus
pour les larves plus âgées.
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prédation le déterminant majeur de la régulation des populations ou, tout au moins, le
facteur qui, avec le manque de nourriture, affecterait nettement le recrutement. Ces
dernières années, plusieurs chercheurs ont décrit la prédation exercée sur les larves de
poissons par les invertébrés : copépodes (Lillelund and Lasker 1971); euphausiâcés
(Theilacker and Lasker 1974); coelentérés et salpes (Purcell 1981, Bailey 1984) ; ainsi
que vertébrés, avec l'exemple du cannibalisme par les anchois adultes (Hunter and
Kimbrell 1980). Toutefois, les évaluations quantitatives manquent : la raison majeure
tient au fait que les larves sont rapidement broyées et se désintègrent dans le tube
digestif des prédateurs, rendant ainsi leur identification impossible par observation des
contenus stomacaux.
L'évaluation, à partir de campagnes de prospection des oeufs et des larves
d'anchois, des taux de survie sur de courts intervalles de temps, montre que la prédation
subie par les oeufs et les larves à vitellus modifie très sensiblement l'effectif des larves
atteignant le stade auquel elles doivent s'alimenter dans leur environnement. Des
observations effectuées au large de la Californie et portant sur 31 années (Lo 1985) ont
montré que le taux instantané journalier de mortalité due à la prédation des oeufs
d'anchois a varié entre 0,07 en 1955 et 0,59 en 1978. A l'heure actuelle, on ignore le rôle
joué par la prédation dans la mortalité des jeunes larves, ainsi que dans celle des plus
âgées. Cependant, les travaux de Lo (1985) et de Picquelle et Hewitt (1984) montrent
clairement que le taux de mortalité larvaire diminue très rapidement à mesure que les
larves grandissent et deviennent plus aptes à trouver leur nourriture et à éviter les
prédateurs.
Dans son hypothèse, Hjort ne considère pas comme critiques les conditions
alimentaires dont jouissent les larves plus âgées et les juvéniles, mais nombreux sont les
chercheurs qui pensent que le succès du recrutement est déterminé par le taux de
mortalité sur l'ensemble de la période larvaire, et non pas, par les seules mortalités en
début de vie larvaire. Il n'est pas facile de déterminer quel(s) stade(s) de
développement sont particulièrement critique(s), car il n'a pas encore été possible
d'établir la courbe de mortalité au cours de la première année. Ces courbes sont
habituellement tirées d'évaluations de densités d'oeufs et de larves effectuées à partir de
centaines de traits de plancton distribués sur des milliers de kilomètres carrés, au cours
d'une même saison de ponte. Dans ces évaluations, des corrections sont bien apportées
pour tenir compte du passage forcé des oeufs et des larves à travers les mailles des
filets, et de l'évitement par les larves les plus grandes. Des ajustements sont également
faits pour tenir compte de l'influence de la température sur le taux de croissance ; et des
modèles empiriques sont appliqués pour décrire les taux instantanés de mortalité,
indépendants de l'âge pour les oeufs, et dépendants de l'âge pour les larves (Lo 1986).
Une courbe typique de mortalité relative à l'anchois de Californie est donnée sur la
figure 6.7. La courbe est précise pour les oeufs et les jeunes larves ; elle ne l'est plus
pour les larves plus âgées.
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