Structure de la population
1. Croissance des juvéniles
Les postlarves issues d'une même ponte forment une population assez
homogène puisque tous les individus ont pratiquement le même poids
et la même taille. L'histogramme de la population est alors une courbe
étroite et symétrique. Avec le temps, cette courbe va s'aplatir et s'étendre
vers les grandes tailles (figure 4.14).
En deux mois, certains animaux peuvent être d'un poids 10 fois supérieur
à celui d'autres individus du même âge. La croissance n'est plus la
même pour tous les individus de la population. Plus le temps passe et
plus l'écart entre petits et gros individus s'amplifie. Cette croissance
caractéristique de la chevrette est appelée croissance individuelle
hétérogène. La figure 4.14 met en évidence la dispersion des tailles
dans le temps mais aussi l'influence de la densité. Une forte densité
limite ou retarde la dispersion des tailles.
Les individus à croissance rapide ont été surnommés "jumpers" par les
israéliens. Ce sont des individus dominants puisque dès leur apparition,
la croissance du reste de la population est ralentie. Si l'on retire ces
"jumpers" de la population, les animaux dominés reprennent leur
croissance. Parmi ceux-ci, certains vont spontanément remplacer les
jumpers. Ce phénomène, qui est caractéristique des populations juvéniles
et adultes de chevrettes, est appelé croissance compensatoire.
Jusqu'à la maturation sexuelle, les mâles et les femelles ont une croissance
comparable. Ils sont ainsi représentés en égales proportions parmi les
dominés et parmi les "jumpers". A partir de la maturation, la croissance
des deux sexes est très différente. Pour les mâles, les différences de
taille et les phénomènes de dominance vont encore s'accentuer alors
que les femelles vont croître d'une manière beaucoup plus homogène.
2. Croissance des adultes
2.1. Femelles
Les grosses femelles issues des "jumpers" sont les premières à atteindre
la maturation sexuelle. Elles investissent alors de l'énergie dans les
phénomènes liés à la reproduction (ovogénèse, oxygénation des œufs,
etc.) et ceci au détriment de leur croissance (voir Physiologie). Grandissant
moins vite, elles sont alors rattrapées en taille par les autres femelles.
La courbe de répartition des tailles devient alors plus homogène et se
conserve ensuite pendant toute la durée de l'élevage.
Quelle que soit la densité, la croissance des femelles est plus lente et
plus régulière que celle des mâles. Sur un histogramme classique de
population adulte, elles apparaissent dans les classes de taille
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