Contrôle des prédateurs
1. Poissons
Il faut distinguer les compétiteurs des prédateurs véritables.
- Les compétiteurs ne consomment pas directement la chevrette mais
le granulé. Leur présence entraîne une sous-alimentation de la population
de chevrettes et donc des problèmes de croissance et de cannibalisme.
Ils ont une influence indirecte mais parfois sensible sur la production.
Ce sont souvent des espèces omnivores ou herbivores, tel le Tilapia
fréquemment rencontré aux Antilles.
- Les prédateurs mangent des chevrettes et peuvent faire des ravages
chez les jeunes animaux, notamment lors des ensemencements de
postlarves. Les principaux prédateurs sont les anguilles, les poissonschats, les perches, les carpes et les silures (figure 3.49).
Autant la présence de quelques compétiteurs peut être tolérée, autant
celle des prédateurs doit être fermement combattue. Pour identifier les
espèces locales de poissons et connaître leurs habitudes alimentaires,
il est conseillé de se renseigner auprès des organismes de recherche
compétents en hydrobiologie (IFREMER, INRA, ORSTOM, etc).
1.1. Comment les éviter ?
Les poissons s'introduisent généralement dans le bassin par les arrivées
d'eau sous forme d'œufs, de larves ou d'alevins. L'utilisation de filtres
appelées couramment "chaussettes", de maille fine (500 microns), sur
ces arrivées d'eau permet d'éviter l'infestation du bassin par les poissons.
Ce système, simple et efficace, nécessite cependant un entretien régulier :
brossage du filtre en place pour éviter le colmatage (figure 3.50) et
nettoyage du filtre à l'extérieur du bassin après avoir coupé l'arrivée
d'eau. Une crépine au niveau de la prise d'eau limite déjà en amont
l'entrée des gros individus.
Un traitement chimique peut être pratiqué dans les flaques résiduelles
avant la mise en eau du bassin, afin de détruire œufs ou alevins
éventuels. Compte tenu de leur toxicité pour la chevrette, ces traitements
sont réservés aux bassins en assec.
Quand le traitement est fait sur un bassin en eau, il faut tenir compte
de la rémanence de ces produits (de 4 à 12 jours) avant l'ensemencement
des postlarves. Après le traitement, il faut surveiller l'évolution du bassin
(retirer les cadavres de poissons, stabiliser les paramètres physicochimiques, etc.)
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