nombre de vibrions dans l’Eyre et l’estuaire de la rivière. Aucune influence de la température ne se manifeste. Par contre, les prélèvements effectués dans la rivière 2 heures après la
pleine mer fournissent toujours des dénombrements supérieurs à ceux obtenus à partir
d’eaux récoltées 2 heures après la basse mer. On peut donc en conclure que cette catégorie
de micro-organismes ne se développe pas dans des eaux pratiquement douces mais qu’elle
est apportée par les eaux marines à l’occasion des marées. Dans toutes les autres stations
du bassin, la température agit fortement sur le développement des vibrions, la différence
entre périodes froide et chaude se concrétise sur le plan numération par un gain minimum
d’une puissance de 10, surtout pendant les mois d’août, septembre et octobre. Les valeurs
les plus fortes sont relevées à l’est (balises B1 et G8).
* Vibrio metschnikovii, anciennement dénommé V. proteus ou encore V. cholerae
biotype proteus est une bactérie bien inféodée au bassin d’Arcachon. Ce vibrion se
singularise par l’absence de cytochrome-oxydase, très généralement par la nonproduction d’indole et l’incapacité de réduire les nitrates. Pendant deux années de
recherches, 128 souches ont été extraites des eaux et 75 des sédiments. La fréquence des
isolements, fait surprenant car inhabituel, augmente d’une manière très sensible durant la
période froide : 65 % contre 35% pendant les mois de mai à octobre. Le maximum de
souches récoltées se situe à la fin de l’hiver et au début du printemps. C’est la première fois,
au cours de ce travail, que l’on assiste à un comportement semblable qui coïncide avec
l’observation, également pour la première fois, d’une espèce capable de se développer à
5°C. Ainsi, son caractère plus psychrophile que mésophile pourrait expliquer un meilleur
développement pendant les mois froids où la température moyenne du milieu aquatique
oscille entre 6 et 10°C. Pendant la saison froide, cette bactérie est présente dans la totalité
du bassin y compris la rivière. De mai à octobre, elle subsiste dans la rivière, au niveau de
l’estuaire et plus au Nord dans la région d’Andernos, zone de salinité variable, à teneur en
matière organique non négligeable. S’accommodant in vitro de salinité allant de 0 à 10 %
selon les biotypes, on conçoit qu’elle puisse exister dans des environnements très divers.
Ainsi la croissance de V. metschnikovii, que certains auteurs comme Rajashekaraiah
(1981) considèrent comme pathogène opportuniste, semble stimulée par les basses
températures.
* Enfin, sur une durée d’analyse de 16 mois, 46 souches de V. anguillarum ont été
récoltées. Elles se développent entre 0,5 et 7 % de NaCl ; les températures de 42°C et même
de 37°C dans près de la moitié des cas ne permettent pas la croissance qui, en revanche, se
déroule normalement à 5°C. Du point de vue numérique, on ne note pas de différences
entre les deux grandes périodes de prélèvement. Il en va tout autrement si l’on compare le
lieu d’origine. Pendant les mois froids, la fréquence de la distribution diminue fortement
dans les eaux : elle atteint 14 % en moyenne alors que les sédiments paraissent bien
pourvus. Lorsque la température du milieu aquatique s’élève au-delà de 15°C, on isole ce
vibrion aussi bien de l’élément liquide que solide. Ce comportement rappelle celui de V.
parahaemolyticus, le facteur température doit en être la cause. La localisation géographique ressemble également à celle de V. parahaemolyticus.
A côté du grand ensemble constitué par les 5 espèces qui viennent d’être décrites, V.
vulnificus et V. shigelloides furent isolés de façon très sporadique. Leur très faible
fréquence d’isolement tend à nous les faire considérer comme des micro-organismes en
transit plutôt que comme des habitants permanents du milieu aquatique.
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