DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Les densités bactériennes observées sur les trois supports après une heure d’immersion
varient de 2.10
3 cellules cm' 2 (aluminium en septembre) à 8.10 4 cellules cm -2 (acier
inoxydable en mars). Le plus souvent, les densités initiales sont voisines de 10 4 cellules
cm -2 quel que soit le matériau considéré. Ces résultats sont en accord avec ceux de Stanley
( 1983) qui observe que l’attachement de Pseudomonas aeruginosa sur de l’acier inoxydable atteint en moins d’une minute des valeurs comparables, et augmente ensuite linéairement en fonction du temps. Cet auteur estime en outre qu’il s’agit déjà de la phase
irréversible du processus d’adhésion (Marshall et al., 1971). Après 24 heures d’immersion,
les densités bactériennes sont faiblement supérieures aux valeurs initiales et les variations
notées aux temps d’immersion intermédiaires correspondant vraisemblablement à l’incertitude de ces mesures. Il en est de même pour les faibles différences parfois notées d’un
support à l’autre. Marszalek et al. (1979) observent des densités de colonisation semblables pour divers matériaux (acier inoxydable, verre) à condition qu’ils ne soient pas
toxiques, comme par exemple le cuivre. Les densités maximales observées sont supérieures à 10
7 cellules cm' 2 et ont été notées pour les trois matériaux, en période printanière
et estivale. En hiver, les plus fortes valeurs sont voisines de 10 6 cellules cm' 2 . Les densités
dénombrées par Sechler et Gundersen (1972), sur des échantillons d’aluminium et d’acier
inoxydable immergés en mer ne dépassent pas ces valeurs malgré une immersion prolongée jusqu’à 120 jours. Ces résultats sont par contre supérieurs à ceux de Gerchakov et
al.( 1976) ou Marszalek et al., qui dénombrent au maximum 10 4 cellules cm" 2 sur de l’acier
inoxydable, en utilisant respectivement des techniques de dénombrement sur milieu de
culture et en épifluorescence. Cependant, la comparaison de ces divers travaux est difficile
en raison des conditions expérimentales, parfois en eau de mer, stagnante et dans le cas
présent en eau de mer circulante. Selon Mac Coy et al. (1981), Bott et Miller (1983), une
vitesse de circulation de 1 m s -1 permet une colonisation maximale. A des vitesses
supérieures, selon ces mêmes auteurs, les densités bactériennes sont plus faibles en raison
vraisemblablement d’un décrochage d’une partie du biofilm. Par contre, à des vitesses
lentes, de 0,5 à 15 cm s -1 , une augmentation de la colonisation bactérienne est observée
par Pedersen (1982). Par rapport à un fluide stagnant ou peu mobile (eau de mer
naturelle), un fluide circulant conduit à un renouvellement constant de la couche d’eau en
contact avec la surface immergée, et donc des microorganismes susceptibles d’y adhérer.
De plus, la turbulence de l’eau augmente la probabilité de contact entre les bactéries et la
surface immergée (Daniels, 1972). La représentation synthétique des résultats des sept
séries expérimentales (fig. 7A et fig. 7B) montre de nettes variations selon la période de
l’expérimentation. Ces différences se traduisent davantage par l’allure des courbes de
colonisation que par les niveaux de densités bactériennes atteints aux diverses périodes.
Entre les résultats de janvier et juillet, la densité maximale passe de 10 5 cellules cm" 2 à plus
de 10
7 cellules cm' 2 , en ce qui concerne par exemple les filtres de polycarbonate. En
janvier, la colonisation est progressive entre 1 et 15 jours. Par contre, en juillet, la densité
maximale est atteinte entre 1 et 6 jours. La colonisation estivale se produit donc en
3 étapes : une étape de 24 heures marquée par un faible accroissement de la densité, une
étape de cinq jours caractérisée par un accroissement intense, puis une étape finale
pendant laquelle la densité bactérienne évolue peu. Les autres périodes de prélèvement
donnent des résultats intermédiaires, les différences apparaissant au niveau de la phase 2,
courte en été, et longue en hiver. Les conditions expérimentales n’ayant pas varié de mai
1983 à mai 1984, il faut chercher dans le milieu extérieur des facteurs susceptibles d’influer
sur le phénomène étudié. Selon Fletcher (1977), Bryers et Characklis (1981), la charge du
fluide en bactéries influe sur l’intensité de la colonisation. Les dénombrements de bactéries effectués, tant dans l’eau de surface que dans l’eau des conduites, n’indiquent pas de
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Les densités bactériennes observées sur les trois supports après une heure d’immersion
varient de 2.10
3 cellules cm' 2 (aluminium en septembre) à 8.10 4 cellules cm -2 (acier
inoxydable en mars). Le plus souvent, les densités initiales sont voisines de 10 4 cellules
cm -2 quel que soit le matériau considéré. Ces résultats sont en accord avec ceux de Stanley
( 1983) qui observe que l’attachement de Pseudomonas aeruginosa sur de l’acier inoxydable atteint en moins d’une minute des valeurs comparables, et augmente ensuite linéairement en fonction du temps. Cet auteur estime en outre qu’il s’agit déjà de la phase
irréversible du processus d’adhésion (Marshall et al., 1971). Après 24 heures d’immersion,
les densités bactériennes sont faiblement supérieures aux valeurs initiales et les variations
notées aux temps d’immersion intermédiaires correspondant vraisemblablement à l’incertitude de ces mesures. Il en est de même pour les faibles différences parfois notées d’un
support à l’autre. Marszalek et al. (1979) observent des densités de colonisation semblables pour divers matériaux (acier inoxydable, verre) à condition qu’ils ne soient pas
toxiques, comme par exemple le cuivre. Les densités maximales observées sont supérieures à 10
7 cellules cm' 2 et ont été notées pour les trois matériaux, en période printanière
et estivale. En hiver, les plus fortes valeurs sont voisines de 10 6 cellules cm' 2 . Les densités
dénombrées par Sechler et Gundersen (1972), sur des échantillons d’aluminium et d’acier
inoxydable immergés en mer ne dépassent pas ces valeurs malgré une immersion prolongée jusqu’à 120 jours. Ces résultats sont par contre supérieurs à ceux de Gerchakov et
al.( 1976) ou Marszalek et al., qui dénombrent au maximum 10 4 cellules cm" 2 sur de l’acier
inoxydable, en utilisant respectivement des techniques de dénombrement sur milieu de
culture et en épifluorescence. Cependant, la comparaison de ces divers travaux est difficile
en raison des conditions expérimentales, parfois en eau de mer, stagnante et dans le cas
présent en eau de mer circulante. Selon Mac Coy et al. (1981), Bott et Miller (1983), une
vitesse de circulation de 1 m s -1 permet une colonisation maximale. A des vitesses
supérieures, selon ces mêmes auteurs, les densités bactériennes sont plus faibles en raison
vraisemblablement d’un décrochage d’une partie du biofilm. Par contre, à des vitesses
lentes, de 0,5 à 15 cm s -1 , une augmentation de la colonisation bactérienne est observée
par Pedersen (1982). Par rapport à un fluide stagnant ou peu mobile (eau de mer
naturelle), un fluide circulant conduit à un renouvellement constant de la couche d’eau en
contact avec la surface immergée, et donc des microorganismes susceptibles d’y adhérer.
De plus, la turbulence de l’eau augmente la probabilité de contact entre les bactéries et la
surface immergée (Daniels, 1972). La représentation synthétique des résultats des sept
séries expérimentales (fig. 7A et fig. 7B) montre de nettes variations selon la période de
l’expérimentation. Ces différences se traduisent davantage par l’allure des courbes de
colonisation que par les niveaux de densités bactériennes atteints aux diverses périodes.
Entre les résultats de janvier et juillet, la densité maximale passe de 10 5 cellules cm" 2 à plus
de 10
7 cellules cm' 2 , en ce qui concerne par exemple les filtres de polycarbonate. En
janvier, la colonisation est progressive entre 1 et 15 jours. Par contre, en juillet, la densité
maximale est atteinte entre 1 et 6 jours. La colonisation estivale se produit donc en
3 étapes : une étape de 24 heures marquée par un faible accroissement de la densité, une
étape de cinq jours caractérisée par un accroissement intense, puis une étape finale
pendant laquelle la densité bactérienne évolue peu. Les autres périodes de prélèvement
donnent des résultats intermédiaires, les différences apparaissant au niveau de la phase 2,
courte en été, et longue en hiver. Les conditions expérimentales n’ayant pas varié de mai
1983 à mai 1984, il faut chercher dans le milieu extérieur des facteurs susceptibles d’influer
sur le phénomène étudié. Selon Fletcher (1977), Bryers et Characklis (1981), la charge du
fluide en bactéries influe sur l’intensité de la colonisation. Les dénombrements de bactéries effectués, tant dans l’eau de surface que dans l’eau des conduites, n’indiquent pas de
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