ciel n’est plus particulièrement orientée vers l’ammonification simple des acides aminés,
alors que les populations capables de réaliser la précipitation simple du carbonate sont
favorisées (000/130). Dans le cas de la microflore de l’eau (6AE), les mêmes conditions,
c’est-à-dire l’évolution en aérobiose pendant 6 mois, favorisent fortement l’ammonification (194/027). L’apport proteique en anaérobiose (SAN) défavorise très fortement la
précipitation pour privilégier l’ammonification simple des acides aminés. Cette orientation est très forte dans l’eau et les trois niveaux sédimentaires, et en particulier l’ammonification masque totalement la précipitation dans les sédiments intermédiaire (185/000) et
“profond” (222/017). De même, en aérobiose (SAE) l’eutrophisation oriente les microflores des trois niveaux sédimentaires vers l’ammonification (097/000, 407/000 et
311/000), et d’une manière opposée la microflore de l’eau où la précipitation masque
totalement l’ammonification (000/187).
CONCLUSION
Les conditions de culture favorisent fortement l’apparition de souches bactériennes
réalisant l’un des deux processus étudiés, défavorisent la prolifération de celles capables
d’effectuer l’autre processus. Seule, l’incubation prolongée pendant 6 mois en anaérobiose sans enrichissement protéique (6AN) ne semble pas différencier les deux processus.
Cette diminution des effectifs peut être attribuée à l’épuisement de la réserve organique
limitant le processus d’ammonification des acides aminés et à l’épuisement de la réserve
minérale pour l’activité de la microflore précipitante qui suit un développement rapide au
cours des premiers stades de cette longue période d’incubation. Dans ce cas, les deux
premiers stades de cette longue période d’incubation. Dans ce cas, les deux microflores
sont également peu abondantes. Cette forte anti-corrélation indique l’absence de lien
entre ces deux processus. Il est donc possible d’affirmer qu’il existe une activité bactérienne provoquant la précipitation du carbonate qui n’est pas un phénomène passif en
relation avec l’ammonification des acides aminés. Les interrelations existant entre les
deux populations bactériennes (tab. 1), l’une ammonifiant les acides aminés sans précipiter le carbonate et l’autre précipitant le carbonate sans ammonifier les acides aminés sont
différentes selon les écosystèmes. Dans l’eau, ce sont les incubations de un mois en
aérobiose ( 1AE), de un mois en anaérobiose ( 1 AN) et l’apport protéique en aérobiose (SAE)
qui favorisent le plus la précipitation simple du carbonate. Dans le sédiment, ce sont les
incubations en anaérobiose pendant un mois ( 1 AN) et trois mois (3 AN) qui favorisent les
bactéries précipitant le carbonate. Ce type d’incubation en milieu non renouvelé, provoque l’épuisement rapide de la réserve organique défavorisant les bactéries ammonifiantes
au profit des bactéries précipitant le carbonate. Il semblerait que la précipitation du
carbonate soit due à l’activité de deux types au moins de populations bactériennes. En
effet, les souches réalisant l’ammonification des acides aminés induisent en présence de ce
substrat, l’apparition de conditions physico-chimiques favorables à la précipitation chimique du carbonate. En cas de carence en acides aminés leur contribution est nulle.
L’autre population qui réalise la précipitation du carbonate en absence d’acides aminés
constituerait la fraction active du phénomène. L’analyse factorielle montre qu’il n’y a pas
de lien entre les deux processus au sein de la dynamique globale des communautés
bactériennes de chaque écosystème, cependant l’évolution de ces deux populations est
favorisée par des conditions environnementales différentes. De ce fait, les deux processus
et les deux populations bactériennes assurent des possibilités d’évolution complémentaires à la réserve carbonatée d’un sédiment.*
Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une convention de recherche passée avec la C.F.P.
156
Précédent

- 145/628

Suivant