Introduction
La présence de quantités importantes de cadmium dans l’estuaire de la
Gironde est connue depuis 1989 grâce aux travaux réalisés dans le cadre
du Réseau national d’observation mis en place par l’Ifremer (Anon.,
1995).
cadmium pro\ r ient de rejets de traitements miniers effectués
pendant des décennies par l’usine « Vieille Montagne » de Decazeville
(Aveyron) dans un affluent du Lot. La pollution de l’estuaire de la Gironde se produit par apport de particules contaminées provenant de
l’érosion des fonds. Au contact des eaux salées, le cadmium fixé sur les
particules se désorbe et passe à l’état dissous.
Les flux semblent en diminution et sont actuellement estimés entre cinq à
septtonnes par an (Michel et al, 2001). Jusqu’à récemment, les études
concemant le devenir biologique de ce cadmium ont surtout porté sur les
espèces susceptibles d’être consommées par l’homme, et notamment les
huîtres (Boutier et al., 1989). Dans le cadre du Programme national
d’océanographie côtière (PNOC, chantier golfe de Gascogne), un programme de recherche a été initié pour calculer les flux et étudier plus en
détail le devenir des contaminants métalliques, notamment du cadmium,
d’origine girondine sur le plateau continental du golfe de Gascogne et les
zones adjacentes, particulièrement le bassin de Marennes-Olérctn. Dans ce
cadre, nous nous sommes intéressés à l’ensemble des compartiments biologiques de l’écosystème englobant les espèces benthiques et planctoniques. Nous présentons ici les résultats concernant les concentrations en
cadmium mesurées dans les principales espèces planctoniques et suprabenthiques prélevées dans l’estuaire et le panache de la Gironde. Bien que
le comportement du cadmium sur le plateau continental soit globalement
conservatif (Boutier et al., 2001), ces résultats, couplés aux données de la
biologie (nature et productivité de l’écosystème planctonique), permettront d’évaluer la part du cadmium susceptible d’être enlevée par les espèces biologiques au cours de son transit sur le plateau entre l’embouchure
de la Gironde et l’entrée dans les pertuis Charentais.
Matériels et méthodes
I es échantillons de plancton ont été collectés en hiver 1998 et au printemps 1999 au cours de trois croisières (ftg. 1) à l’aide d’un filet WP2 de
vide de rnaille de 200 micromètres. Des traits horizontaux en subsurface
(2’ à 15’) ont été faits contre le courant à une vitesse maximale de deux
nteuds. Pendant toutes les opérations résumées sur la figure 1, des précautions ont été prises afin d’éviter toute contamination métallique des
éehantillons selon le protocole défini prccédemment (Miramand et al,
1993). lus espèces planctoniques et suprabenthiques de taille supérieure
à 500 ,um ou 1 mm (œufs et alevins de poissons, mysidacés, isopodes,
cténaires, méduses, chaetognathes, crevettes et poissons suprabenthiques)
sont immédiatement collectées à la pince, rincées et congelées (—20 °C).
Ius cttpépodes sont le plus souvent mélangés a\-ec des débris et d’autres
290
Précédent

- 287/368

Suivant