CoastGIS’99: geomatics and coastal environment
organisations internationales se sont engagées à promouvoir les principes de précaution et de développement durable qui sous-tendent cet
engagement.
Si des progrès importants ont été faits sur le plan de l’approche théorique de la gestion des zones côtières, avec en particulier la publication
de manuels méthodologiques (Clark, 1995; IOC, 1997), il apparaît
cependant que sa mise en pratique se heurte à des difficultés majeures.
Peter Burbridge (1998), lors de la troisième conférence européenne sur
les sciences et les technologies marines de Lisbonne, en mai 1998,
évoque deux obstacles principaux :
- le développement trop timide de l’action politique pour la gestion des
relations complexes entre écologie, économie et société sur le milieu
littoral ;
- le manque d’informations scientifiques adaptées - ou plutôt la difficulté de diffusion et de vulgarisation des informations - concernant le
fonctionnement des écosystèmes côtiers et les relations écologiques
complexes entre les systèmes marins et terrestres.
Sur le plan de la recherche, c’est à partir du début des années soixantedix que quelques centres, comme le Coastal Resource Center (University of Rhode Island, États-Unis) ou l’International Institute for Infrastructural, Hydraulic and Environmental Engineering (Delft University,
Pays-Bas), se sont spécialisés dans l’étude des milieux littoraux et de leur
gestion, mais l’intérêt de la communauté scientifique pour les zones
côtières ne s’est véritablement développé qu’à partir du milieu des années
quatre-vingt. En France, un effort important a été consenti avec la
création du programme national d’océanographie côtière (PNOC) et
des programmes nationaux qui complètent son action. Le relais a été
établi avec le programme ELOISE (European Land-Ocean Interactions
Studies), contribution au programme international LOICZ (Land-Ocean
Interactions in the Coastal Zone).
Malgré les résultats scientifiques obtenus au cours de ces dernières
années, on constate après dix ans de recherche une difficulté à développer
l’ouverture pluridisciplinaire nécessaire, en particulier en ce qui concerne
le lien entre sciences du milieu et sciences humaines, ainsi que le constataient récemment Barnouin & Chardy (1998).
Si l’on se réfère à l’expérience internationale dans ce domaine (Bartlett,
1993 ; Canessa, 1998 ; Cuq, 1993 ; Furness, 1995 ; Jordão et al., 1996;
Klemas et al., 1995 ; Staljanssens, 1998), il apparaît que les principales
avancées concernant la prise en compte simultanée des conditions écologiques et humaines se sont fortement appuyées sur les SIG), outils
scientifiques et techniques fédérateurs qui ont permis d’établir un lien
tangible entre les différents compartiments des systèmes étudiés. Il est
cependant intéressant d’analyser leurs capacités réelles à prendre en
compte le contexte scientifique global du fonctionnement des systèmes
littoraux, en le traduisant sous une forme directement exploitable pour
mettre en place des systèmes d’aide à la décision en matière de gestion
des zones côtières.
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