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Efflorescences toxiques des eaux côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
Sénescence du « bloom »
et enkystement
Sur ce phénomène, la littérature est plus restreinte,
les observations ont essentiellement porté sur les
conditions météorologiques et sur l' appauvrissement en sels nutritifs.
Cependant une étude menée dans l'Aber Wrac' h
(Probert et al., 1996) après un bloom estival à plus
de 55 millions de cellules au litre d' Aiexandrium
minutum a permis de définir trois processus
essentiels régulant le déclin d' un bloom :
- la d ispersion physique liée aux conditions
météorologiques et l' amplitude des marées ;
-le broutage par les ci liés;
-la modification des facteurs nutritifs qui indiquent
le passage à une stratégie de survie, le kyste.
Cela se traduit par l'apparition d' une phase sexuée
(ou gamétogénèse) dans le cycle biologique de
l'espèce représentant la perte potentielle de la division cel lu laire de la population. L' induction de la
reproduction sexuée est liée à l' augmentation du
rapport glutam ine/gl utamate qui indique un changement métabo lique intracel lulaire dû à une
carence nutritive, notamment en azote.
Conclusion
Bien qu'il soit impossible à ce jour de ret racer
l' histoire de l' apparition et du développement de
cette algue le long des côtes françaises, on peut
d' ores et déjà dégager certaines constatations :
• Alexandrium minutum, espèce dangereuse
puisque toxique et paralysante, est présente sur
les côtes fra nça ises, atlantiques et méditerranéennes;
• Alexandrium minutum croît relativement vite,
il lui faut au minimum deux jours dans les
meilleures conditions pour se diviser ou pour se
désenkyster;
• Alexandrium minutum maintient sa présence
sous forme de kystes dans les sédiments.
Ces kystes peu vent être entraînés vers de nouvelles eaux et germer quand les conditions du
mi lieu sont de nouveau favorables . Cet épisode
est important puisqu' il permet que cette algue
contami ne d' autres eaux ou bien sédimente en
partie dans une zone qui par la suite est considérée comme zone à risque. Tel est le cas de la baie
de Morlaix où les apparitions fréquentes d' eaux
colorées ont pu être reliées à la concentration des
kystes dans le sédiment.
Le piégeage des kystes par le sédiment semble
donc jouer un rôle important, rôle encore amplifié quand on sait que des kystes peuvent être présents dans les boues transportées dans les cuves
de navires. Hal legraeff & Bolch (199 1 et 1992),
ont prélevé j usqu' à 300 millions de kystes de
dinoflagellés dans les eaux de ballasts de certains
navires. En outre, ces auteurs ont égalemen t
démontré que l'apparition dans les eaux tasmaniennes d' un dinoflagellé toxique, au cours de ces
dern ières années, a correspondu au développement de l' industrie du bois sur l'î le : le trafic des
navires en provenance de sites vraisembl ablement contaminés a con tribué à la libération de
kystes autour de l'île à partir des eaux de bal lasts.
L'enrichissement des eaux en espèces toxiques
peut non seulement être aggravé par l' intensification des communications mais également par le
transfert de coquill ages (Scarratt, 1993), qu i est
certainement un des facteurs d' augmentation des
événements toxiques. En effet les coquillages peuvent stocker in situ, dans leur cavité intervalvaire,
dans leurs écailles extéri eures (huîtres) ou bien
dans l'enchevêtrement de leurs byssus (mou les),
des cellules ou des kystes revivifiables.
Devant la complexité des contam in ations suspectées, une attention accrue devra être accordée à cette algue. En effet la tendance est à l'extension des apparitions. Endémique depuis
quelques années dans la région de Morlaix, cette
espèce prolifère depuis l'été 1996 dans les eaux
de la Rance. Ces sites étant des aires conchyl icoles, il serait judicieux d'élucider le rôle du tran -
sit des coq uillages dans la propagation de la
contamination, bien que le transfert par les eaux
de ballasts puisse être également envisagé.
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