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Efflorescences toxiques des e.wx côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
Production toxinique
Toxine
L'espèce qui nous intéresse possède un potentiel
toxinogène. Des résultats positifs de tests biologiques (tests souris) et de dosages ch imiques par
chromatographie liquide (CLHP), conduits sur la
chair des coquillages prélevés dans des zones touchées, ont été confirmés en Australie (Hallegraeff
et al., 1988), et en France (Le Doux & Frém y,
1 988 ; Frémy et al., 1989 ; Nezan et Le Doux,
1989 ; Le Doux et al., 1990).
Les résultats d'analyse ont montré que la composi tion tox inique d'A. minutum est assez simple, et
que les toxines paralysa ntes bloquent le transfert
des influx nerveux et musculaires. En fait i l s'agit
d' une fami lle de toxines dont le noyau moléculaire est la saxitox ine et dont la composition diffère suivant les espèces et suivant les organismes
vecteurs : huîtres, coquilles Saint-Jacques,
moules. Elle comprend seulement quatre tox ines,
les gonyautox ines 1-4 (GT X 1-4), parmi les 18
tox ines P.S.P. connues.
En ce qui concerne l' espèce de Morlaix, la disponibi lité de la c ulture a permis de rechercher le
pouvoir toxinogène de cette espèce endém ique et
de le comparer à celui des cellules sauvages. Les
résultats d'analyse o nt montré que la composition
toxinique d' A. minutum de Morl aix comprend
essentiel lement deux gonyautoxi nes, la GTX2 et la
GTX3 (Le Doux et al.199 1 ). Ces toxines sont présen tes au ssi b ien dans le plancto n que da ns les
bivalves conta minés (fig. 2). La toxine GTX3,
connue pour son pouvoir létal élevé, contribue à
raison de 40 % à la toxicité des coquillages bretons. Les dosages effectués dans les huîtres lors de
blooms o nt montré des valeurs toxiniques parfois
supérieures à 1 000 j.Jg de STX (la saxitoxine est
l'équivalent standard de PSP) pour 100 g de chair.
Ces valeurs sont supérieures aux limites sanitaires,
qui sont de 80 j .Jg équivalent de saxitox ine. Souligno ns q ue, malgré l a présence avérée de ces
toxines, aucune intoxication humaine, et à plus
fo rte raison, aucun décès, n' ont été causés par
cette espèce, ni en France, ni dans le reste du
monde, même pour des va leurs d épassant
2 700 j.Jg de STX comme i l a été observé en Australie. L' interdi ct ion de la mise sur le m arché des
coquillages a permis d'éviter tout danger.
La souc he de Toulon ne p résente quant à elle
aucune phycotoxine paral ysante mais des analyses complémenta ires devront confirmer cette
observation.
Transfert de toxines du plancton vers les
coquillages
L' intoxication pa r les toxines paralysantes, après
consommation de coquillages, a été décrite pour
la première fois par Vancouver en 1793 (Halstead,
1965), mais ce n'est que récemment que la source
de ce phénomène a été reliée à la présence de
dinoflagel lés toxiques (Sommer & Meyer, 1937).
À présent ce problème est mondialement reconnu (Shumway, 1989) et son impact sur la conc hyliculture est évalué.
U ne expérimentation menée en milieu naturel
(Massel in et al., 1996) a permis de montrer que la
contamination des moules en estuaire de Morlaix
suit de près la présence dans l'eau d' Alexandrium
minutum et que la décontaminat ion des
coq uillages est progressive. Elle se fait en deux
temps, une première diminution, rapide après la
Cb oe col'Yne cc cele
Figure 2 - Compositions toxiniques d'Aiexandrium minutum
(rivière de Morlaix) dans les coquillages (trame pointillée), clans
le plancton (trame pleine) et dans la souche cultivée (trame
quadrillée) (ln : Le Doux et al., 1990).
Efflorescences toxiques des e.wx côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
Production toxinique
Toxine
L'espèce qui nous intéresse possède un potentiel
toxinogène. Des résultats positifs de tests biologiques (tests souris) et de dosages ch imiques par
chromatographie liquide (CLHP), conduits sur la
chair des coquillages prélevés dans des zones touchées, ont été confirmés en Australie (Hallegraeff
et al., 1988), et en France (Le Doux & Frém y,
1 988 ; Frémy et al., 1989 ; Nezan et Le Doux,
1989 ; Le Doux et al., 1990).
Les résultats d'analyse ont montré que la composi tion tox inique d'A. minutum est assez simple, et
que les toxines paralysa ntes bloquent le transfert
des influx nerveux et musculaires. En fait i l s'agit
d' une fami lle de toxines dont le noyau moléculaire est la saxitox ine et dont la composition diffère suivant les espèces et suivant les organismes
vecteurs : huîtres, coquilles Saint-Jacques,
moules. Elle comprend seulement quatre tox ines,
les gonyautox ines 1-4 (GT X 1-4), parmi les 18
tox ines P.S.P. connues.
En ce qui concerne l' espèce de Morlaix, la disponibi lité de la c ulture a permis de rechercher le
pouvoir toxinogène de cette espèce endém ique et
de le comparer à celui des cellules sauvages. Les
résultats d'analyse o nt montré que la composition
toxinique d' A. minutum de Morl aix comprend
essentiel lement deux gonyautoxi nes, la GTX2 et la
GTX3 (Le Doux et al.199 1 ). Ces toxines sont présen tes au ssi b ien dans le plancto n que da ns les
bivalves conta minés (fig. 2). La toxine GTX3,
connue pour son pouvoir létal élevé, contribue à
raison de 40 % à la toxicité des coquillages bretons. Les dosages effectués dans les huîtres lors de
blooms o nt montré des valeurs toxiniques parfois
supérieures à 1 000 j.Jg de STX (la saxitoxine est
l'équivalent standard de PSP) pour 100 g de chair.
Ces valeurs sont supérieures aux limites sanitaires,
qui sont de 80 j .Jg équivalent de saxitox ine. Souligno ns q ue, malgré l a présence avérée de ces
toxines, aucune intoxication humaine, et à plus
fo rte raison, aucun décès, n' ont été causés par
cette espèce, ni en France, ni dans le reste du
monde, même pour des va leurs d épassant
2 700 j.Jg de STX comme i l a été observé en Australie. L' interdi ct ion de la mise sur le m arché des
coquillages a permis d'éviter tout danger.
La souc he de Toulon ne p résente quant à elle
aucune phycotoxine paral ysante mais des analyses complémenta ires devront confirmer cette
observation.
Transfert de toxines du plancton vers les
coquillages
L' intoxication pa r les toxines paralysantes, après
consommation de coquillages, a été décrite pour
la première fois par Vancouver en 1793 (Halstead,
1965), mais ce n'est que récemment que la source
de ce phénomène a été reliée à la présence de
dinoflagel lés toxiques (Sommer & Meyer, 1937).
À présent ce problème est mondialement reconnu (Shumway, 1989) et son impact sur la conc hyliculture est évalué.
U ne expérimentation menée en milieu naturel
(Massel in et al., 1996) a permis de montrer que la
contamination des moules en estuaire de Morlaix
suit de près la présence dans l'eau d' Alexandrium
minutum et que la décontaminat ion des
coq uillages est progressive. Elle se fait en deux
temps, une première diminution, rapide après la
Cb oe col'Yne cc cele
Figure 2 - Compositions toxiniques d'Aiexandrium minutum
(rivière de Morlaix) dans les coquillages (trame pointillée), clans
le plancton (trame pleine) et dans la souche cultivée (trame
quadrillée) (ln : Le Doux et al., 1990).
