Ciguatoxines
Les ciguatoxi nes (CTXs) sont des toxines liposolubles produites par le dinoflagellé Gambierdiscus toxicus. Celui-ci vit associé à diverses algues
en milieu tropico-corallien. Les toxines produites
sont chimiq uement très stables et elles se concentrent dans la chaîne trophique pisciaire. Les poissons étant des porteurs sains, l' homme s' intoxique
en les consommant sa ns méfiance : il est alors
atteint de ciguatera.
La plupart des espèces de poissons d' une zone
ciguatérigène sont porteuses de ciguatoxines mais
quelques-unes d'entre elles sont interdites à la
consommation par arrêté préfectoral, car pour
elles, la contami nation dépasse le seuil subsymptomatologique. La ciguatera est un problème
de santé publique majeur dans les îles situées
dans les zones de forte endémicité ciguatérique
comme les Antilles, la Réunion, les îles du Pacifique et la Nouvelle-Calédonie.
Afin de mieux gérer les ressources marines de ces
rég io ns, il faut donc pouvoir doser les ciguatoxines dans la chair même des poissons suspects
pour garantir une parfaite sécu rité au consommateur local, ou étranger (ce dern ier s' intoxiquant à
l' occasion de voyages).
Dérivation à l'aide du 9-Anthroyi-Nitri/e (9-AN)
Les c iguatoxines ont peu de propriétés spectrométriques. Là encore, il est nécessaire d'effectuer
une dérivation afin de les détecter lors de la séparation en CLHP. L' option de dérivation prise ici est
le couplage avant séparati on CLHP, avec une
molécule fluorescente. L'existence d' une fonction
Figure 5 - Formule chimique de la ciguatoxine 7.
Ch imie analytique
OH primaire, dans la structure moléculai re
connue de certaines CTXs (fig. 5), a permis d'essayer le type de réactif fluorescent correspon -
dant, c'est-à-dire 9-AN .
Si le couplage du 9-AN a bien lieu avec les CTXs,
l'activité toxiq ue du complexe formé doit disparaître c hez la souris, pu isq ue le groupement
hydroxyle primai re, biologiquement actif, est bloqué. Les résultats ont montré cette disparition
avec le 9-AN.
Au niveau de la séparation CLHP les conditions
suivantes ont été appliquées :
- colon ne 100 RP 18-5 IJ de 250 mm ;
- four en température à 35 oc ;
-phase mobi le acétonitrile+ eau (4+1 ); débit de
1 ou 0,5 ml/mn ;
-détection par fluorimétrie, excitation à 360 nm
et émission à 465 nm.
Un pic est décelé à 5-6 minutes (débit 1 ml/mn)
ou 10-12 minutes (débit 0,5 ml/m) (fig. 6, p. 126).
Après sommation de ce pic, pour plusieurs expéri ences, des symptômes caractéristiques de la
ciguatera apparaissent chez la souris. Il n'existe
cependant pas de corrélation entre les surfaces
des pics ou les hauteurs et les quantités de ciguatoxines évaluées en unités souris gramme (Usg)
comme indiqué ci-après (tabl. 3, p. 126).
Plu sieurs expl ications qui se complètent sont
avancées:
• Les différentes ciguatox ines qui existent ont
une toxicité différente chez la souris et il ne peut
donc pas y avoi r proportionnalité entre les quantités réelles de toxines et leur toxicité puisqu' un
seul pic est considéré et qu' une seule fonction est
dosée;
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