Chimie analytique
DÉTECTION PHYSICO-CHIMIQUE ET BIOCHIMIQUE
Jean-Marc Frémy (1 ), Christiane lapeyre (1 ), Martial Ledoux (1 ),
Claire Marcaillou-le Baut (2), Jean-Paul Vernoux (3)
(1) Unité TOMI (Toxines microbiennes), CNEVA-Paris, 43, rue de Dantzig, 75015 Paris, France
(2) IFREMER, Centre de Nantes, laboratoire DEL/PN, BP 21105, 44311 Nantes Cedex 03, France
(3) Université de Caen, laboratoire de Physiologie Cellulaire et Moléculaire
Esplanade de la Paix, 14032 Caen Cedex, France
Résumé
Deux méthodes de chromatographie liquide haute
performance (C LHP) on été éva luées pour le
dosage des phycotoxines paralysantes. Le nombre
de paramètres à contrôler pour obtenir une séparation satisfaisante et reproductible lors de l' utilisation de la méthode Oshima comme pour la
méthode Sullivan est élevé. Le pH des phases
mobiles est le principal paramètre à maîtriser. La
méthode Oshima présente cependant l'avantage
d' individualiser et de quantifier toutes les phycotoxines paralysantes, mais en augmentant le temps
d'analyse par échantillon .
Pour le dosage en CLHP des ciguatoxines par
fluorimétrie, les différentes approches envisagées
n' ont pas été couronnées de succès au niveau
quantitatif bien qu'au niveau qualitatif un certain
potentiel de détectio n ait été reconnu pour le
9-anthroyl nitrile.
L' autre volet de ces études réside dans la mise au
point de tests rapides. L' approche utilisant l' inhibition des phosphatases cibles pour la détection
de l'acide okadaïque (AO) semble être prometteuse. Une procédure de va l idation de cette
méthode vaut la peine d'être entreprise pour la
recommander comme test de dépistage. Le même
objectif est suivi pour la promotion de tests immunochimiques. Malheureusement, la détection de
l' AO par ceux-ci a connu des déboires.
En revanche, des anticorps anti-saxitoxine et antigonyautoxi nes 2,3 ont pu être produits, ce qui
laisse espérer leur application à un test de détection de ces toxines dans les coquillages.
Introduction
La mise au point et/ou l'éva luation de méthodes
de détection et de dosage des phycotoxines permet
de fournir des outils fiables qui seront soit simples
et rapides pour les laboratoires de contrôle, soit
précis et sensibles pour les laboratoires d'études et
d'expertises. Si les tests biologiques sont basés sur
les effets observés sur un matériel vivant (anima l,
cellule), les méthodes de détection physicochimiques et biochimiques sont basées sur le mode
d' action et/ou les caractéristiques structurales et
moléculaires des phycotoxines.
Cette revue des études menées dans ce domaine
s'arti cu le en plusieurs volets. À côté des deux
volets consacrés respectivement aux méthodes
physicochimiques comme la chromatographie
liquide haute performance (CLHP) et purement
biochimiques comme le test d' inhibition des
phosphatases, un volet est consacré à la mise au
point de méthodes immunochimiques.
Ces études ont trait à la détection ou au dosage des
phycotoxines paralysantes et diarrhéiques dans les
coquillages. La présence potentielle de ces toxines
est bien sûr un souci majeur au niveau métropolitain par le biais non seulement de la production
nationale mais surtout des importations.
Une étude concerne aussi le dosage des toxines
ciguatériques qui représentent un risque majeur
pour les régions d'outre-mer et non négligeable
pour la métropole, étant donné les mouvements
de populations, et l'importation de poissons exotiques.
Mots-clés :acide okadaïque, ciguatoxines, toxines paralysantes, détection, chromatographie liquide, immunochimie, enzymologie.
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