Littoral
Discussion
Le taux de doublement considéré pour estimer la capacité d’une population à se développer met en évidence l’effet répressif ou stimulateur
des herbicides sur la dynamique des cultures. Ce facteur qui rend
compte du maximum de vitesse de division cellulaire permet cie mieux
transposer in situ le comportement observé in vitro. Ainsi, l’atrazine
constitue un facteur sélectif des espèces : à 20 µg.l - 1 en milieu minimal,
il inhibe la diatomée C. gracilis et stimule le dinoflagellé G. mikimotoi.
Cette propriété de l’atrazine a été mentionnée par d’autres auteurs
(Larsen et al., 1986). En milieu maximal, des doses voisines de
0,025 µg.l -1 se sont montrées stimulantes pour H. akashiwo. A
0,025 µg.l -1 de diuron et 2,4-D, et 0,005 µg.l - 1 de trifluraline en
milieu minimal, le développement de la diatomée est affecté mais pas
la vitesse de développement d’A. minutum. Cette espèce peut alors prévaloir sur la précédente.
Ces expériences soulignent les risques liés à l’apport d’herbicides dans
l’écosystème marin par les lessivages terrigènes. Bien que réalisées in
vitro sur des cultures algales monospécifiques, elles mettent en éviclence une possible modification de la flore planctonique dans les zones
côtières et estuariennes fortement influencées par les arrivées d’eaux
douces. Les concentrations actives en cultures phytoplanctoniques in vitro
sont observables dans les eaux estuariennes. Quelques-uns cles résultats
d’analyses chimiques effectuées dans les eaux de la rade de Brest (salinité >20 g.l -1 ) sont présentés dans le tableau 4. La trifluraline et le 2,4D
sont à concentrations inférieures à 20 ng.l -1 ou nulles dans les eaux de
salinité supérieure à 20 g.l' 1 . Les teneurs en atrazine sont relativement
constantes, voisines de 100 à 200 ng.l" 1 à l’exception d’une teneur élevée supérieure à 1 pg.l - 1 . Rappelons que des concentrations supérieures
à 13 µg.l"
1 ont été analysées en juin 1993 dans les eaux de l’Élorn de
salinité 1 5 g.l
-1 (Thomas & Durand, 1995).
À partir des variations de p2 présentées dans le tableau 3 et des concentrations moyennes en herbicides obtenues en rade de Brest en période
hivernale, il est possible d’estimer d’une façon théorique leur impact
in situ sur le taux de croissance p2 pour les quatre espèces algales testées (fig. 3). La croissance de H. akashiwo est stimulée (p2 à 125 %) par
les teneurs élevées en atrazine. Seule la diatomée C. gracilis, algue fourrage type caractéristique des populations de cette période, est inhibée
de façon significative (p2 à 60 %) par le diuron. Les autres espèces sont
peu représentées dans les blooms printaniers.
En période de faible enrichissement correspondant également à une
plus grande diversité spécifique, l’impact des herbicides se manifeste
par une sélectivité des espèces, due à leurs différentes sensibilités (fig. 4 ).
L’effet de l’atrazine illustre ce phénomène : les teneurs voisines ou supérieures à 150 ng.l - 1 inhibent la dynamique de croissance de C. gracilis
et de H. akashiwo, n’affectent pas le dinoflagellé toxique A. minutum et
stimulent le dinoflagellé ichtyotoxique G. mikimotoi. Le diuron freine
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Discussion
Le taux de doublement considéré pour estimer la capacité d’une population à se développer met en évidence l’effet répressif ou stimulateur
des herbicides sur la dynamique des cultures. Ce facteur qui rend
compte du maximum de vitesse de division cellulaire permet cie mieux
transposer in situ le comportement observé in vitro. Ainsi, l’atrazine
constitue un facteur sélectif des espèces : à 20 µg.l - 1 en milieu minimal,
il inhibe la diatomée C. gracilis et stimule le dinoflagellé G. mikimotoi.
Cette propriété de l’atrazine a été mentionnée par d’autres auteurs
(Larsen et al., 1986). En milieu maximal, des doses voisines de
0,025 µg.l -1 se sont montrées stimulantes pour H. akashiwo. A
0,025 µg.l -1 de diuron et 2,4-D, et 0,005 µg.l - 1 de trifluraline en
milieu minimal, le développement de la diatomée est affecté mais pas
la vitesse de développement d’A. minutum. Cette espèce peut alors prévaloir sur la précédente.
Ces expériences soulignent les risques liés à l’apport d’herbicides dans
l’écosystème marin par les lessivages terrigènes. Bien que réalisées in
vitro sur des cultures algales monospécifiques, elles mettent en éviclence une possible modification de la flore planctonique dans les zones
côtières et estuariennes fortement influencées par les arrivées d’eaux
douces. Les concentrations actives en cultures phytoplanctoniques in vitro
sont observables dans les eaux estuariennes. Quelques-uns cles résultats
d’analyses chimiques effectuées dans les eaux de la rade de Brest (salinité >20 g.l -1 ) sont présentés dans le tableau 4. La trifluraline et le 2,4D
sont à concentrations inférieures à 20 ng.l -1 ou nulles dans les eaux de
salinité supérieure à 20 g.l' 1 . Les teneurs en atrazine sont relativement
constantes, voisines de 100 à 200 ng.l" 1 à l’exception d’une teneur élevée supérieure à 1 pg.l - 1 . Rappelons que des concentrations supérieures
à 13 µg.l"
1 ont été analysées en juin 1993 dans les eaux de l’Élorn de
salinité 1 5 g.l
-1 (Thomas & Durand, 1995).
À partir des variations de p2 présentées dans le tableau 3 et des concentrations moyennes en herbicides obtenues en rade de Brest en période
hivernale, il est possible d’estimer d’une façon théorique leur impact
in situ sur le taux de croissance p2 pour les quatre espèces algales testées (fig. 3). La croissance de H. akashiwo est stimulée (p2 à 125 %) par
les teneurs élevées en atrazine. Seule la diatomée C. gracilis, algue fourrage type caractéristique des populations de cette période, est inhibée
de façon significative (p2 à 60 %) par le diuron. Les autres espèces sont
peu représentées dans les blooms printaniers.
En période de faible enrichissement correspondant également à une
plus grande diversité spécifique, l’impact des herbicides se manifeste
par une sélectivité des espèces, due à leurs différentes sensibilités (fig. 4 ).
L’effet de l’atrazine illustre ce phénomène : les teneurs voisines ou supérieures à 150 ng.l - 1 inhibent la dynamique de croissance de C. gracilis
et de H. akashiwo, n’affectent pas le dinoflagellé toxique A. minutum et
stimulent le dinoflagellé ichtyotoxique G. mikimotoi. Le diuron freine
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