Pollutions diffuses : du bassm versant au littoral
On notera aussi la remontée temporaire des teneurs en azote des ulves,
à la mi-juillet, sur les plages de Trezmalaouen et de l’anse du Ry, qui
paraît sans rapport avec une baisse des quantités de lumière ou avec une
augmentation soudaine des flux de sels nutritifs due à des conditions
hydrologiques particulières. Deux hypothèses principales sont possibles pour expliquer ce phénomène ponctuel :
- une augmentation passagère de la disponibilité de sels nutritifs (d’origine domestique ou sédimentaire, renforcée ou non par la dégradation
d’échouages importants) qui est principalement localisée sur la plage
de Trezmalaouen : le pic d’azote y est en effet plus important que dans
l’anse du Ry, en même temps qu’il est accompagné par un pic de phosphore que l’on ne retrouve pas (ou plus) dans l’anse du Ry ;
- la colonisation des plages de ce secteur par une biomasse algale ayant
séjourné au large avec une croissance faible qui autorise des quotas
internes critiques plus chargés : le pic d’azote est précédé par une période assez particulière de vents forts de secteurs nord - nord-est qui ont
pu engendrer ces remontées.
D’une manière générale, la baie de Douarnenez est apparue moins
eutrophisée que les autres grands sites à marées vertes nord-bretons
qui sont la plupart du temps saturés en sels nutritifs. Les quotas
internes cles ulves indiquent que la baie de Douarnenez a conservé une
marge de progression pour la croissance des algues, à partir de juin,
en fonction d’apports supplémentaires en sels nutritifs et, plus particulièrement, en fonction d’apports azotés additionnels à partir de la
mi-juin jusqu’en septembre.
On constatera enfin que l’été 1996, pendant lequel l'effet limitant cles
sels nutritifs sur la croissance des algues a été particulièrement important en raison d’une pluviométrie relativement faible, s’est aussi révélé
un été où le phénomène des marées vertes a paru plus important que les
autres années en baie de Douarnenez.
Ceci confirme des observations antérieures clans d’autres sites tendant
à montrer que la présence massives d’algues vertes n’est pas nécessairement proportionnellement liée à des disponibilités immédiates et locales
en sels nutritifs, mais peut résulter de phénomènes d’accumulation
contrôlés par un ensemble de facteurs physiques mal connus. Ceci est
vrai à l’échelle locale d’une anse pouvant piéger des algues venues de secteurs voisins, comme à l’échelle d’une baie où la capacité globale de
stockage et d’échouage des algues peut être largement dépendante de
variations climatiques interannuelles (notamment celles contrôlant l’hydrodynamisme de surface).
Cette observation montre l’intérêt de ces indicateurs nutritionnels cle
la croissance des algues qui permettent dans une certaine mesure de s’affranchir de l’indicateur de biomasse pour le suivi des sites.
Références bibliographiques
Cassagnes M.-R, 1996. Etude du contrôle de la croissance par les quotas internes chez l’ulve des marées vertes, cultivée en bassins extérieurs,
en flux continu. Mém. Ing. Ec. Super. Agr., Purpan, France, 109 p.
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