Pollutions diffuses : du bassm versant au littoral
À long terme, de tels suivis saisonniers paraissent exploitables pour
analyser les variations interannuelles ainsi que les tendances pluriannuelles de l’eutrophisation dans chacun des sites touchés, comme pour
contrôler, directement au niveau d’indicateurs nutritionnels de la croissance des algues, l’efficacité de mesures préventives qui seraient menées
en amont sur les bassins versants.
Le présent travail a pour objectif d’analyser l’action limitante de l’azote
et du phosphore sur la croissance des ulves en différents points de la
baie de Douarnenez, à partir de données sur l’évolution saisonnière de
leur composition chimique. Ces données collectées en 1996 ainsi que
leur interprétation ont fait l’objet d’un premier rapport pour l’Ifremer
(contrat n° 95 2431420 Del) réalisé dans le cadre du programme de
recherche coordonné par l’Ifremer et le Cemagref dans le cadre du
contrat de plan Etat-Région et intitulé « Bassins versants et transmission
des pollutions au littoral ».
Matériels et méthodes
Les algues vertes ont été collectées de fin avril à fin septembre, en huit
points de la baie (voir carte, Bordenave & Merceron dans cet ouvrage),
tous les quinze jours, puis conditionnées en vue de leur analyse (nettoyage,
rinçage, congélation, lyophilisation, broyage). Les analyses ont porté
sur les contenus en azote et en phosphore de la matière sèche. Afin
d apporter un maximum de sécurité à la mesure du contenu en azote,
celui-ci a été analysé de deux manières :
- mesure de l’azote total par chromatographie en phase gazeuse sur
chaîne CHN ;
- mesure de l’azote après minéralisation des échantillons par la méthode
Kjeldahl.
Les quotas internes (ou concentrations) critiques Q 1 N et Q 1 P, en dessous
desquels la croissance est limitée par N et P respectivement ainsi que les
quotas de subsistance Q 0 N et QoP à partir desquels la croissance s’annule, ont été estimés à partir de données accessibles dans la littérature
(Probyn & Chapman, 1983) pour les algues en général et les algues
vertes en particulier, et à partir d’expérimentations réalisées au Céva sur
Ulva armoricana (Duflo, 1988 ; Dion et al., 1 996 ; Cassagnes, 1 996). La
méthode de référence pour le dosage de l’azote est la méthode Kjeldahl.
Pour l' azote, on retiendra que 80 à 100 % de la croissance maximale est
maintenue au-dessus d’un quota critique (Q 1 ) de 2 % de la matière
sèche (M.S.) et que la croissance s’annule en dessous d’un quota de subsistance (Q 0 ) de 0,9 % de la M.S. Pour le phosphore, on retiendra 0,1 %
de la M.S. et 0,05 % de la M.S. pour Q 1 et Q 0 respectivement. On prendra aussi comme hypothèse que Ulva rotundata qui est fortement présente en mélange (voire dominante en fin de saison de prélèvement)
possède les mêmes caractéristiques que Ulva armoriana, espèce généralement la plus répandue dans les marées vertes (Dion et al., 1997) et qui
est la seule à avoir fait l’objet d’investigations pour la détermination de
tels quotas internes critiques et de subsistance.
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À long terme, de tels suivis saisonniers paraissent exploitables pour
analyser les variations interannuelles ainsi que les tendances pluriannuelles de l’eutrophisation dans chacun des sites touchés, comme pour
contrôler, directement au niveau d’indicateurs nutritionnels de la croissance des algues, l’efficacité de mesures préventives qui seraient menées
en amont sur les bassins versants.
Le présent travail a pour objectif d’analyser l’action limitante de l’azote
et du phosphore sur la croissance des ulves en différents points de la
baie de Douarnenez, à partir de données sur l’évolution saisonnière de
leur composition chimique. Ces données collectées en 1996 ainsi que
leur interprétation ont fait l’objet d’un premier rapport pour l’Ifremer
(contrat n° 95 2431420 Del) réalisé dans le cadre du programme de
recherche coordonné par l’Ifremer et le Cemagref dans le cadre du
contrat de plan Etat-Région et intitulé « Bassins versants et transmission
des pollutions au littoral ».
Matériels et méthodes
Les algues vertes ont été collectées de fin avril à fin septembre, en huit
points de la baie (voir carte, Bordenave & Merceron dans cet ouvrage),
tous les quinze jours, puis conditionnées en vue de leur analyse (nettoyage,
rinçage, congélation, lyophilisation, broyage). Les analyses ont porté
sur les contenus en azote et en phosphore de la matière sèche. Afin
d apporter un maximum de sécurité à la mesure du contenu en azote,
celui-ci a été analysé de deux manières :
- mesure de l’azote total par chromatographie en phase gazeuse sur
chaîne CHN ;
- mesure de l’azote après minéralisation des échantillons par la méthode
Kjeldahl.
Les quotas internes (ou concentrations) critiques Q 1 N et Q 1 P, en dessous
desquels la croissance est limitée par N et P respectivement ainsi que les
quotas de subsistance Q 0 N et QoP à partir desquels la croissance s’annule, ont été estimés à partir de données accessibles dans la littérature
(Probyn & Chapman, 1983) pour les algues en général et les algues
vertes en particulier, et à partir d’expérimentations réalisées au Céva sur
Ulva armoricana (Duflo, 1988 ; Dion et al., 1 996 ; Cassagnes, 1 996). La
méthode de référence pour le dosage de l’azote est la méthode Kjeldahl.
Pour l' azote, on retiendra que 80 à 100 % de la croissance maximale est
maintenue au-dessus d’un quota critique (Q 1 ) de 2 % de la matière
sèche (M.S.) et que la croissance s’annule en dessous d’un quota de subsistance (Q 0 ) de 0,9 % de la M.S. Pour le phosphore, on retiendra 0,1 %
de la M.S. et 0,05 % de la M.S. pour Q 1 et Q 0 respectivement. On prendra aussi comme hypothèse que Ulva rotundata qui est fortement présente en mélange (voire dominante en fin de saison de prélèvement)
possède les mêmes caractéristiques que Ulva armoriana, espèce généralement la plus répandue dans les marées vertes (Dion et al., 1997) et qui
est la seule à avoir fait l’objet d’investigations pour la détermination de
tels quotas internes critiques et de subsistance.
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