Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
marées vertes, et sur l’analyse des concentrations. La mesure des flux
est indispensable mais il s’avère que c’est avant tout sur les concentrations que l’analyse doit porter. Cette analyse doit être fine et, notamment, segmentée en fonction de la période de l’année pour analyser de
façon pertinente l’impact des pratiques ou aménagements effectués.
On notera l’intérêt d’une méthode d’estimation des flux parcimonieuse
en mesures (mesures mensuelles) ainsi que, dans les cas où cela est possible, l’intérêt de la modélisation hydrologique qui permet de faire des
simulations s affranchissant de la variabilité chmatique pour révéler
ainsi l’impact des mesures prises.
En terme d evaluation de l'evolution des flux globaux de nitrate, il sera
impossible, sur des séries de données inférieures à dix ans, de parler d’amélioration ou de dégradation de la situation liées aux modifications des
pratiques agricoles (au contraire d’un raisonnement en concentration)
puisque la plus grosse part de la variabilité des flux est due à la variabilité des débits.
Conclusion
Une partie de l’excédent des apports d’azote provenant des effluents d’élevage et de la fertilisation minérale est incorporée dans la matière organique du sol, ce qui conduit à des temps de réaction longs. Le retrait
n est cependant pas définitif. Par exemple, les évolutions à long terme
de la température en relation avec la pollution de l’atmosphère (effet
de serre, trou d’ozone) ou l'évolution des systèmes de production ne seront
vraisemblablement pas sans effet sur la matière organique des sols et,
par conséquent, sur le cycle de l’azote et de ses aspects quantitatifs.
Cependant, selon notre approche, la diminution des apports devrait
entraîner une réduction assez rapide dans un premier temps des pertes
d azote sous le sol agricole. Sur des bassins versants bien connus agronomiquement et hydrologiquement, il devrait être possible de relier
temporellement cette réduction à une baisse des flux et des concentrations dans les eaux en complétant les suivis habituels (débits, concentrations) dans le réseau hydrographique, qui sont nécessaires mais pas
suffisants, par une modelisation hydrologique continue et spatialisée
et par des études sur les fuites gazeuses d’azote. L’optimisation des systèmes intensifs de production actuels et les modifications des pratiques
agricoles associées peuvent conduire rapidement à une réduction non
négligeable de la pollution azotée des eaux et il faut donc les mettre
en œuvre sur une surface significative. C’est certainement au niveau de
cette mise en œuvre que se trouvent les temps de réaction les plus longs
en raison de la complexité technique et socio-économique des systèmes
de production en zone d’élevage intensif. Il apparaît aussi que cela sera
insuffisant et qu’il ne sera pas facile, voire impossible à l'échelle de
quelques années, de repasser en dessous de la norme de concentration
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