Solutions techniques
la somme des pertes individuelles de chaque parcelle (Aurousseau et al.,
1995), ce qui n’est pas ou mal simulé par les modèles existants. Le développement d’un nouveau modèle adapté à ce problème est donc apparu nécessaire. Cet article vise à décrire une tentative allant dans ce sens,
dont l’objectif premier est de mieux rendre compte des processus intervenant entre le lessivage parcellaire et l’exutoire.
La démarche adoptée
La première étape de la construction du modèle a consisté à identifier
et hiérarchiser les processus de transfert et de transformation de l’azote
dans le contexte armoricain. Le volet concernant le lessivage et les transformations de l’azote au champ doit être compris comme une étape
intermédiaire visant à simuler le lessivage hivernal, avant l’intégration
d’un véritable modèle agronomique permettant de prédire sur une base
interannuelle le devenir des intrants azotés.
L’azote dans la parcelle agricole
Du point de vue de l’azote, l’agriculture bretonne est caractérisée par la
combinaison entre une forte proportion d’intrants sous forme organique
et un contexte pédoclimatique (climat doux, précipitations régulièrement réparties, sols riches en matière organique) favorisant l'activité biologique durant presque toute l'année. Il a été considéré que, si les reliquats azotés automnaux et les dates et doses d’apports étaient supposés connus (c’est-à-dire qu’ils figurent explicitement dans les scénarios
à tester comme variables de forçage), les trois processus à prendre en
compte étaient la minéralisation, la lixiviation et le prélèvement de
nitrate par les végétaux présents pendant la saison de drainage, soit
d’octobre à avril. Compte tenu du fait que, pour l'ensemble d’un bassin versant, les variables de forçage ne seraient renseignées que de
manière assez grossière, le choix s’est porté vers une représentation simplifiée de ces processus.
Le transfert de l’azote lessivé
Les processus hydrologiques dominants dans les bassins versants tempérés agricoles sur substratum cristallin sont bien identifiés, même si
des incertitudes subsistent quant à leur importance respective (Cheverry,
1998; Durand &Juan Torres, 1996; Molénat, 1999).
Le ruissellement de surface sur sol non saturé en eau, dit ruissellement par refus d’infiltration ou ruissellement hortonien, reprèsente à
l’échelle de l'année une faible quantité d’eau (quelques pour-cent du
flux annuel) mais il a une grande importance qualitative (dilution des
concentrations) et peut être ponctuellement important lors des crues
allant de la fin du printemps au début de l’automne. Il a lieu sur des
surfaces imperméabilisées (routes, zones construites) ou sur des sols
présentant une croûte de battance, encore faut-il que ces surfaces soient
directement connectées au réseau de drainage. À l’échelle du bassin
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la somme des pertes individuelles de chaque parcelle (Aurousseau et al.,
1995), ce qui n’est pas ou mal simulé par les modèles existants. Le développement d’un nouveau modèle adapté à ce problème est donc apparu nécessaire. Cet article vise à décrire une tentative allant dans ce sens,
dont l’objectif premier est de mieux rendre compte des processus intervenant entre le lessivage parcellaire et l’exutoire.
La démarche adoptée
La première étape de la construction du modèle a consisté à identifier
et hiérarchiser les processus de transfert et de transformation de l’azote
dans le contexte armoricain. Le volet concernant le lessivage et les transformations de l’azote au champ doit être compris comme une étape
intermédiaire visant à simuler le lessivage hivernal, avant l’intégration
d’un véritable modèle agronomique permettant de prédire sur une base
interannuelle le devenir des intrants azotés.
L’azote dans la parcelle agricole
Du point de vue de l’azote, l’agriculture bretonne est caractérisée par la
combinaison entre une forte proportion d’intrants sous forme organique
et un contexte pédoclimatique (climat doux, précipitations régulièrement réparties, sols riches en matière organique) favorisant l'activité biologique durant presque toute l'année. Il a été considéré que, si les reliquats azotés automnaux et les dates et doses d’apports étaient supposés connus (c’est-à-dire qu’ils figurent explicitement dans les scénarios
à tester comme variables de forçage), les trois processus à prendre en
compte étaient la minéralisation, la lixiviation et le prélèvement de
nitrate par les végétaux présents pendant la saison de drainage, soit
d’octobre à avril. Compte tenu du fait que, pour l'ensemble d’un bassin versant, les variables de forçage ne seraient renseignées que de
manière assez grossière, le choix s’est porté vers une représentation simplifiée de ces processus.
Le transfert de l’azote lessivé
Les processus hydrologiques dominants dans les bassins versants tempérés agricoles sur substratum cristallin sont bien identifiés, même si
des incertitudes subsistent quant à leur importance respective (Cheverry,
1998; Durand &Juan Torres, 1996; Molénat, 1999).
Le ruissellement de surface sur sol non saturé en eau, dit ruissellement par refus d’infiltration ou ruissellement hortonien, reprèsente à
l’échelle de l'année une faible quantité d’eau (quelques pour-cent du
flux annuel) mais il a une grande importance qualitative (dilution des
concentrations) et peut être ponctuellement important lors des crues
allant de la fin du printemps au début de l’automne. Il a lieu sur des
surfaces imperméabilisées (routes, zones construites) ou sur des sols
présentant une croûte de battance, encore faut-il que ces surfaces soient
directement connectées au réseau de drainage. À l’échelle du bassin
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