Solutions techniques
Abattement de l’azote par le marais côtier
de Kervigen et potentiel breton
Jean-Yves Piriou
(1) , †Daniel Coïc
(2) , Michel Merceron
1
(1) Ifremer/Del, BP 70, 29280 Plouzané
(2) EEL, 20 hameau des Quatre vents, 29260 Ploudaniel
Introduction
Sur tout bassin versant breton, entre le moment où son flux de nitrate
est entraîné par l' ecoulement des eaux clouces et l’instant où il débouche
en mer (avec les conséquences prévisibles sur les sites sensibles), celuici peut subir une réduction naturelle. La dénitrification souterraine
semble avoir une importance plus élevée que celle qui était soupçonnée il y a encore quelques années (Pauwels, 1998). La dénitrification
en surface, quant à elle, peut aussi jouer un rôle important à condition
que l’espace rural soit aménagé en conséquence (Durand et al., 1998).
Or, depuis quelques décennies, beaucoup de zones humides à pouvoir
dénitrifiant ont été comblées, clrainées ou déconnectées de la circulation cles eaux. Une autre solution technique pour réduire les apports
d’azote* à la mer est d’entretenir ou de réhabiliter ces zones humides
pour qu’elles retrouvent leur pouvoir de dénitrification naturelle. Il
existe des zones humicles de plateau (tourbières élevées...), d’autres de
fond de vallée (prairies de bord de cours d’eau) et enfin quelques-unes
sont sous forme de marais qui se situent généralement dans des dépressions de la partie aval des bassins versants et qui sont assez proches du
débouché en mer.
L’objectif cle cette étude consiste à analyser le pouvoir dénitrifiant du
marais côtier de Kervigen (bordant la baie de Douarnenez en Finistère),
puis à inventorier les marais et zones hydromorphes du littoral breton
qui pourraient être utilisés pour lutter contre les proliférations d’algues
vertes marines.
Sites et méthodes
Le marais de Kervigen se situe à l’exutoire du bassin versant du Kerharo (45 km
2 ) se déversant en baie de Douarnenez (fig. 1). Le ruisseau cle
Kerharo apporte des flux printaniers d’azote d’origine agricole dans
une zone côtière où les eaux se dispersent peu, ceci expliquant la prolifération annuelle d’algues vertes marines (Piriou et al., 1991).
* Dans la suite de ce rapport, il ne sera fait référence qu’à l’azote qui, dans le cas des eaux
des bassins versants agricoles bretons, est essentiellement sous forme de nitrate dissous.
Pour convertir un poids d’azote (N) en poids de nitrate (NO3), la formule la plus simple est :
NO3 = 4,4 N.
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