lydrodynamique complexe, limitation tantôt par l'azote, tantôt par le phosphore...), il semble
iifficile de caractériser les phénomènes d'eutrophisation marine par un type d'abaque aussi
impie ; on peut toutefois citer la tentative faite par Larsson et al. (1985) pour synthétiser
'état de la Baltique (fig. 15).
Figure 15 : Positionnement de la Baltique dans un diagramme de Vollenweider (Larsson et al., 1985).
Pour prendre mieux en compte la multiplicité des mécanismes intervenant dans
l'eutrophisation des zones côtières et leurs interactions souvent non-linéaires, le modèle
mathématique semble la voie actuellement la plus prometteuse. Il permet en effet de prendre
en compte tout processus dont on connaît une formulation au moins empirique, de traiter
précisément tel cas géographique particulier et de simuler une quasi-infinité de scénarios
possibles pour lutter contre l'eutrophisation. Régulièrement utilisé depuis vingt ans en milieu
lacustre, et avec succès (Jôrgensen, 1980), cet outil est en usage croissant pour des cas
d'eutrophisation estuariens ou côtiers, comme celui du système "Peel-Inlet/Harvey Estuary"
(Humphries et al., 1984), celui de la baie de Vilaine (Chapelle, 1990) et même la partie
orientale de la mer du Nord (Fransz et Verhagen, 1985). Le couplage d'un modèle
hydrodynamique donnant la circulation résiduelle avec un modèle biologique contenant les
processus physiologiques pertinents (Menesguen et Salomon, 1988) permet par exemple de
retrouver l'effet limitant de l'azote sur la prolifération des ulves, mais aussi d'estimer l'effet
attendu de toute réduction combinée des apports de phosphore et d'azote minéral par les
cours d'eau (fig. 16).
Cet exemple montre d'ailleurs l'intérêt opérationnel des modèles numériques en tant qu'outils
de réflexion pour la mise en place d'actions efficaces de lutte contre l'eutrophisation : il peut
être tentant d'agir sur le phosphore par la technique éprouvée de déphosphatation des rejets
urbains, mais il semble plus efficace à long terme, dans le cas des macro-algues vertes, de
se préoccuper de l'abaissement des apports de nitrates, par réduction des apports de
fertilisants et leur épandage raisonné.
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