L
a prise de conscience de l'importance des rejets urbains vis-à-vis
du milieu marin est récente, malgré les impacts directs de ces rejets sur l'environnement littoral et sur les
nombreuses activités côtières, tels que les
risques d'eutrophisation et de contamination microbiologique ou chimique;
c'est en fait depuis les années 70, grâce
aux cOlU1aissances scientifiques alors disponibles, que des mesures réglementaires et des moyens techniques ont été
mis en place pour limiter au mieux l'impact de ces rejets en mer [1]. Plus récemment,le 21 mai 1991,la CEE a adopté une
directive concernant le rejet des eaux
résid uaires urbaines dans les eaux
douces et marines.
Afin de progresser dans la résolution
des problèmes que posent les rejets urbains en zone côtière, l'Ifremer a développé sur ce thème, depuis 1986, une recherche pluridisciplinaire originale.
L'objectif essentiel de ce programme d'étude est de déterminer le devenir et les
effets des effluents urbains déversés en
mer, à partir d'une meilleure prise en
compte des processus et des mécanismes
spécifiques au milieu littoral. Ces travaux
ont été entrepris en collaboration avec de
nombreux laboratoires de recherche français et avec le concours de l'Agence de
l'eau Rhône-Méditerranée-Corse.
• Des sites expérimentaux
d'études
Pour des raisons d'efficacité, la majorité
des études pluridisciplinaires nécessaires au déroulement de ce programme
ont été volontairement focalisées sur
deux sites littoraux, représentatifs des technologies d'épuration les plus utilisées et
des configurations de rejets fréquemment rencontrées en zone côtière (fig 1).
*Ifremer, Centre de Brest, DEL/AA, BP 70,
29280 Plouzane. Tel: 98224040 ; Fax: 98
224548.
**Ifremer, Centre de Toulon, DEL/CCM, BP
330,83507 La-Seyne-sur-mer Cedex. Tel : 94
3048 00 ; Fax: 94 30 13 72
M 34
Les rejets urbains en mer
JF Guillaud*, A Romana**
L'amélioration des conditions de rejet en mer des
effluents urbains nécessite une approche
pluridisciplinaire qui permette de prendre en compte
les spécificités de la zone 1 ittorale réceptrice dans
l'évaluation de l'effort d'épuration à mettre en place.
§
Parc~.
astre/coles
f,---,
o
Ikm
TOULON
2km
MORLAIX
Fig 1. Les sites d'études de Morlaix et de Toulon.
Le premier site de rejet est celui de
Morlaix sur le littoral de la Manche, où
les effluents épurés se déversent 'en tête
d'un estuaire soumis à une marée de
grande amplitude (9 m en vive-eau), et
qui comporte de larges estrans occupés,
dans la partie aval, par des parcs ostréicoles. La station d'épuration réalise un
traitement biologique à boue activée
forte charge des effluents issus de l'agglomération (24000 habitants).
Le deuxième site est celui de ToulonEst sur le littoral méditerranéen; la station d'épuration collecte les effluents
d'environ 65 000 habitants et les eaux
épurées sont rejetées à 43 m de profondeur grâce à Lm émissaire de 1800 m de
long. La station physico-chimique de
Toulon-Est met en œuvre la floculation
par précipitation de l'hydroxyde ferrique obtenu par addition de chlorosulfate
ferrique, de chaux et de polymères organiques. Les boues sont récupérées par
décantation lamellaire. La zone de rejet,
située dans la grande Rade de Toulon,
est caractérisée par des courants relativement faibles, en particulier en dessous de
10 m de profondeur, et par l'installation
d'Lille thermocline en période estivale.
• La dispersion
des effluents
Les processus intervenant au cours de la
dispersion des rejets dans la zone côtière
ont été examinés grâce à différentes campagnes de mesures in situ et à l'aide de
modèles mathématiques d'advectiondispersion mis en place sur les deux sites
d'étude .
À Toulon, la modélisation a tout d'abord porté sur la remontée du panache et
la profondeur de captage en fonction du
débit, des conditions de stratification
thermique et des courants; dans une
deuxième phase, le modèle calcule, en
fonction des courants, le transport et le
mélange du nuage de pollution formé
par le panache étalé en surface ou en profondeur, en cas de captage sous la thermocline [2]. Lors de la remontée des effluents dans le panache, les ordres de
grandeur de la dilution sont, pour un débit moyen de 600 m
3 / h et une profondeur de 40 m, de 50 à 150 en surface et de
40 à 60 si l'effluent est bloqué à 20 m de
profondeur sous la thermocline. Lors de
la d~uxième étape de dilution (transport
honzontal), il existe une zone de mélange intense (diffusion importante,
Analusis Magazine , 1992, v 20, n° 6
a prise de conscience de l'importance des rejets urbains vis-à-vis
du milieu marin est récente, malgré les impacts directs de ces rejets sur l'environnement littoral et sur les
nombreuses activités côtières, tels que les
risques d'eutrophisation et de contamination microbiologique ou chimique;
c'est en fait depuis les années 70, grâce
aux cOlU1aissances scientifiques alors disponibles, que des mesures réglementaires et des moyens techniques ont été
mis en place pour limiter au mieux l'impact de ces rejets en mer [1]. Plus récemment,le 21 mai 1991,la CEE a adopté une
directive concernant le rejet des eaux
résid uaires urbaines dans les eaux
douces et marines.
Afin de progresser dans la résolution
des problèmes que posent les rejets urbains en zone côtière, l'Ifremer a développé sur ce thème, depuis 1986, une recherche pluridisciplinaire originale.
L'objectif essentiel de ce programme d'étude est de déterminer le devenir et les
effets des effluents urbains déversés en
mer, à partir d'une meilleure prise en
compte des processus et des mécanismes
spécifiques au milieu littoral. Ces travaux
ont été entrepris en collaboration avec de
nombreux laboratoires de recherche français et avec le concours de l'Agence de
l'eau Rhône-Méditerranée-Corse.
• Des sites expérimentaux
d'études
Pour des raisons d'efficacité, la majorité
des études pluridisciplinaires nécessaires au déroulement de ce programme
ont été volontairement focalisées sur
deux sites littoraux, représentatifs des technologies d'épuration les plus utilisées et
des configurations de rejets fréquemment rencontrées en zone côtière (fig 1).
*Ifremer, Centre de Brest, DEL/AA, BP 70,
29280 Plouzane. Tel: 98224040 ; Fax: 98
224548.
**Ifremer, Centre de Toulon, DEL/CCM, BP
330,83507 La-Seyne-sur-mer Cedex. Tel : 94
3048 00 ; Fax: 94 30 13 72
M 34
Les rejets urbains en mer
JF Guillaud*, A Romana**
L'amélioration des conditions de rejet en mer des
effluents urbains nécessite une approche
pluridisciplinaire qui permette de prendre en compte
les spécificités de la zone 1 ittorale réceptrice dans
l'évaluation de l'effort d'épuration à mettre en place.
§
Parc~.
astre/coles
f,---,
o
Ikm
TOULON
2km
MORLAIX
Fig 1. Les sites d'études de Morlaix et de Toulon.
Le premier site de rejet est celui de
Morlaix sur le littoral de la Manche, où
les effluents épurés se déversent 'en tête
d'un estuaire soumis à une marée de
grande amplitude (9 m en vive-eau), et
qui comporte de larges estrans occupés,
dans la partie aval, par des parcs ostréicoles. La station d'épuration réalise un
traitement biologique à boue activée
forte charge des effluents issus de l'agglomération (24000 habitants).
Le deuxième site est celui de ToulonEst sur le littoral méditerranéen; la station d'épuration collecte les effluents
d'environ 65 000 habitants et les eaux
épurées sont rejetées à 43 m de profondeur grâce à Lm émissaire de 1800 m de
long. La station physico-chimique de
Toulon-Est met en œuvre la floculation
par précipitation de l'hydroxyde ferrique obtenu par addition de chlorosulfate
ferrique, de chaux et de polymères organiques. Les boues sont récupérées par
décantation lamellaire. La zone de rejet,
située dans la grande Rade de Toulon,
est caractérisée par des courants relativement faibles, en particulier en dessous de
10 m de profondeur, et par l'installation
d'Lille thermocline en période estivale.
• La dispersion
des effluents
Les processus intervenant au cours de la
dispersion des rejets dans la zone côtière
ont été examinés grâce à différentes campagnes de mesures in situ et à l'aide de
modèles mathématiques d'advectiondispersion mis en place sur les deux sites
d'étude .
À Toulon, la modélisation a tout d'abord porté sur la remontée du panache et
la profondeur de captage en fonction du
débit, des conditions de stratification
thermique et des courants; dans une
deuxième phase, le modèle calcule, en
fonction des courants, le transport et le
mélange du nuage de pollution formé
par le panache étalé en surface ou en profondeur, en cas de captage sous la thermocline [2]. Lors de la remontée des effluents dans le panache, les ordres de
grandeur de la dilution sont, pour un débit moyen de 600 m
3 / h et une profondeur de 40 m, de 50 à 150 en surface et de
40 à 60 si l'effluent est bloqué à 20 m de
profondeur sous la thermocline. Lors de
la d~uxième étape de dilution (transport
honzontal), il existe une zone de mélange intense (diffusion importante,
Analusis Magazine , 1992, v 20, n° 6