La direction (ou direction axiale) d’un pli est celle
de l’axe du pli. Le cœur d’un pli est constitué par
ses couches les plus internes, par opposition aux
couches plus externes qui en forment l’enveloppe ;
lorsque les couches du cœur ont des propriétés
mécaniques différentes de celles de l’enveloppe, on
les désigne parfois par le nom de noyau. L’arête
d’un pli en relie les points les plus hauts, ou les plus
bas. Les terminaisons périclinales sont les
intersections des charnières avec la surface
topographique (terminaison périanticlinale pour les
anticlinaux, périsynclinale pour les synclinaux).
Différentes sortes de plis :
-1. Selon l’inclinaison des flancs et de la surface
axiale. Pli droit : surface axiale verticale. Pli déjeté
: surface axiale inclinée, et pendages des flancs en
sens opposés. Pli en genou : généralement pris dans
le sens de pli déjeté dont un flanc est subhorizontal.
Pli déversé : surface axiale inclinée et pendage des
flancs, tous trois dans le même sens. Pli couché :
surface axiale horizontale ou presque. Pli retourné :
pli dont la charnière est fermée vers le bas pour un
anticlinal, vers le haut pour un synclinal, de telle
sorte que le premier dessine une synforme, et le
second une antiforme, et l’on parle parfois pour le
premier de faux synclinal et pour le second de faux
anticlinal ; la surface axiale est inclinée vers les
couches qui étaient à l’origine les plus hautes ;
-2. Selon leur forme. Flexure (ou pli monoclinal)
structure qui décale des couches comme le ferait une
faille normale, mais sans les briser, de telle sorte
qu’elles restent parallèles à elles-mêmes et sont
reliées par un flanc de raccordement dont le
pendage est orienté vers la partie abaissée. Une faille
s’amortit souvent au sein d’une flexure. Pli coffré :
pli présentant des flancs verticaux ou presque, et où
le sommet des anticlinaux, ou bien le fond des
synclinaux, est horizontal (un tel pli est un peu
particulier : on peut y définir deux charnières et deux
surfaces axiales, ou bien encore le considérer
comme une association de plis en genou). Pli en
éventail : dont les flancs, après s’être écartés de la
charnière, se resserrent avant de s’écarter de
nouveau. Un pli en éventail symétrique par rapport à
un axe vertical est suivant les cas un synclinal en
blague à tabac ou un anticlinal en champignon (ces
dernières structures sont rares et souvent invoquées à
tort). Brachyanticlinal ou brachysynclinal : pli
dont la section par la surface topographique n’est
guère plus longue que large. Dôme : simple
bombement des couches, symétrique par rapport à
un axe vertical. Pli en cuvette : l’homologue du
dôme, mais en creux. Pli cylindrique : dont la
surface peut être engendrée par une droite qui reste
parallèle à une direction donnée. Pli conique : dont
la surface peut être engendrée par une droite passant
par un point donné. Pli-faille : pli déversé ou couché
dont le flanc inverse a été laminé (ne pas confondre
avec faille-pli). Plis en chevrons : plis à charnière
anguleuse et à flancs plats (les kinks sont des plis en
chevrons). Pli à noyau perçant : pli dont les
couches situées au coeur ont traversé les couches
plus externes (V. aussi diapir) ;
-3. Selon le type de déformation. Pli isopaque (ou
isopache) (pli concentrique, pli parallèle) : pli où
l’épaisseur des couches reste constante dans tout le
pli dont la forme varie alors du cœur à l’enveloppe.
Pli anisopaque (ou anisopache) : pli où l’épaisseur
des couches varie. Plis semblables : plis
anisopaques qui se déduisent les uns des autres par
une translation. À ces notions géométriques
s’ajoutent celles liées au type et à l’intensité de la
déformation. Les plis peuvent résulter d’un
flambement ou d’une flexion et sont isopaques, la
déformation prédominant selon les cas dans les
charnières ou dans les flancs. Passé une certaine
valeur de raccourcissement, la déformation par
aplatissement se généralise et conduit à des plis
semblables. Au-delà d’un certain seuil d’aplatissement la schistosité apparaît, et l’accentuation du
plissement peut se faire par glissement sur les plans
de schistosité (plis dits « passifs »). V. niveau
structural ;
-4. Selon leur genèse. Pli d’entraînement : pli
déversé ou couché s’expliquant par le mouvement
différentiel des terrains situés au mur et au toit. Pli
de fond : V. fond. Pli de couverture : V.
couverture. Pli de revêtement : V. revêtement. Pli
synsédimentaire
:
V.
« slumping »,
et
synsédimentaire ;
-5. Selon leurs associations. Plis isoclinaux : pli
déversés ou couchés dont tous les flancs ont même
pendage. Anticlinorium ou synclinorium : vaste pli
anticlinal ou synclinal affecté de plis parallèles à
plus faible rayon de courbure (ne s’emploie que pour
des structures ayant des dimensions de l’ordre de la
dizaine ou de la centaine de kilomètres). Plis en
échelons ou Plis en coulisse : plis parallèles les uns
aux autres mais décalés selon leur allongement
toujours dans le même sens. Structure en éventail :
groupement de plis qui se déversent de plus en plus
vers l’extérieur du dispositif lorsqu’on s’éloigne de
son milieu. Pli en retour : pli déversé en sens
contraire d’un pli plus important affectant le même
matériel (V. aussi antithétique). Kink-band :
association de plis en chevrons (kinks) affectant un
volume de terrains compris entre deux plans
parallèles distants de quelques millimètres à
quelques décimètres ou formant une lentille très
allongée. v. plisser ; n. m. plissement ; adj. plissé, e
(affecté de plis), plicatif, ive (qui se rapporte aux
plis, qui est marqué par des plis : ex. une phase
plicative).
Pliensbachien n. m. [A. Oppel, 1858, de Pliensbach,
Wurtemberg. Allemagne] - Division stratigraphique
regroupant aujourd’hui le Carixien et le Domérien
(Jurassique inf., ère secondaire) (autrefois souvent
pris comme syn. de l’actuel Carixien). V. tabl.
stratigraphie. adj. pliensbachien, nne.
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