-1. Minéraux argileux - Phyllosilicates hydratés, se
présentant en très petits cristaux (quelques µm, en
plaquettes hexagonales ou parfois en fibres). Leur
structure est identifiable par étude aux rayons X
(diffractométrie) et est caractérisée par la
superposition de feuillets composés de couches
tétraédriques (couche ct de [Si 4 O 10 (OH) 2 ]
6- ) et de
couches octaédriques (couche co à base d’octaèdres
de brucite Mg(OH) 2 ou de gibbsite Al(OH) 3 . Les
feuillets sont de type ct-co ou ct-co-ct, et entre eux
se placent divers cations K, Na, Ca, leurs épaisseurs
sont, selon les cas, de 7, 10, 12, 14 Å ; ces valeurs
peuvent varier expérimentalement (gonflement par
traitement au glycérol, diminution par perte d’eau au
chauffage) selon des modalités caractérisant certains
de ces minéraux argileux.
Ces minéraux sont très nombreux, avec
principalement la kaolinite, l’illite, les smectites, les
interstratifiés, les minéraux fibreux (auxquels on
ajoute les chlorites et les micas lorsqu’ils se
présentent en très petits cristaux).
La kaolinite, Al 4 [Si 4 O 10 ](OH) 8 à feuillets de 7 Å, à
deux couches, fréquente dans les roches
sédimentaires argileuses résiduelles ou détritiques,
provenant de l’altération de roches acides riches en
feldspath (granites p. ex.) ;
L’illite, K x Al 2 [Si 4-x Al x O 10 ](OH) 2 , à feuillets de 10 Å,
à trois couches, à caractéristiques minéralogiques
proches de celles des micas, d’où l’existence
d’intermédiaires illite-mica blanc ; c’est le mineral le
plus commun des argiles ;
La glauconite, (K, Na) 2 (Fe
3+
, Fe
2+
, Al, Mg) 4 [Si 6 (Si,
Al) 2 O 20 ](OH) 4 , à feuillets de 10 Å, composant de la
glauconie ;
Les smectites, avec par ex. la montmorillonite et la
beidellite, à teneurs variables en Na, Al, Fe, Mg, en
feuillets à trois couches, de 14 Å, valeur qui varie en
fonction de la teneur en eau ;
Les
interstratifiés
(=
minéraux
argileux
interstratifiés) sont formés par l’alternances plus ou
moins régulière de feuillets de natures différentes, p.
ex. illite-montmorillonite, illite-chlorite,… ;
La vermiculite est proche des smectites mais
chauffée augmente beaucoup de volume (jusqu’à 20
fois) et s’exfolie en filaments (ou vermicules) ;
La chlorite (V. ce mot) présente des feuillets de
14 Å, à trois couches ; les intermédiaires avec les
smectites ou les vermiculites sont les chlorites
gonflantes à feuillets d’épaisseurs variables (et
augmentant par traitement au glycérol). On en
rapproche la berthiérine (Syn. chamosite) à
feuillets de 7 Å, riche en Fe
3+ et Fe
2+ (« chlorite »
des minerais de fer) ;
L’attapulgite et la sépiolite sont des argiles riches
en Mg, fibreuses, fréquemment néoformées en
milieux confinés (lacs, lagunes).
-Les minéraux argileux peuvent : -1. provenir de
l’altération de roche magmatique ou métamorphique
et, après transport, donner des argiles détritiques (cas
le plus fréquent) ; -2. se former dans le bassin de
sédimentation, et ce sont des minéraux argileux
authigènes ou néoformés ; -3. procéder d’une
réorganisation minéralogique lors de la diagenèse
(minéraux argileux diagénétiques).
Les argiles détritiques sont dites couramment argiles
primaires, ou héritées, les autres sont dites argiles
secondaires. Leurs transformations au cours des
phases d’altération, de transport, de sédimentation et
de diagenèse sont complexes et procèdent de
phénomènes de dégradation (perte d’ions,
désorganisation des feuillets) et/ou d’agradation
(fixation d’ions, réorganisation des feuillets).
-2. Roches argileuses - Roches sédimentaires ou
résiduelles à grain très fin (classe des lutites),
contenant au moins 50% de minéraux argileux,
auxquels peuvent s’ajouter d’autres minéraux très
divers, détritiques ou non, d’où des compositions
très variées (argiles calcareuses, argiles sableuses,
argiles micacées,...). Ce sont des roches tendres et
rayables à l’ongle, fragiles à l’état sec, faisant pâte
avec l’eau, et durcissant à la cuisson.
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